Côte d'Ivoire

30 mars 2011 23:20; Act: 31.03.2011 06:43 Print

L'ONU impose des sanctions contre Gbagbo

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution mercredi qui impose des sanctions au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et son entourage, et exige son départ.

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La résolution 1975, présentée par la France et le Nigeria, impose «des sanctions ciblées» contre cinq individus, y compris Laurent Gbagbo et sa femme Simone: un gel des avoirs et une interdiction de voyager. L'Union européenne et les Etats-Unis ont déjà adopté des sanctions à l'égard de M. Gbagbo.

La résolution «exhorte» Laurent Gbagbo «à se retirer immédiatement» au profit de son rival, le président internationalement reconnu Alassane Ouattara. C'est la première fois qu'une résolution du Conseil de sécurité demande son départ.

Dans la résolution, le Conseil de sécurité apporte son «plein appui» aux forces de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) pour utiliser «tous les moyens nécessaires» pour assurer leur mandat qui est de protéger les civils et d'empêcher l'utilisation d'armes lourdes contre les populations civiles.

Escalade de la violence

Le Conseil de sécurité se déclare «profondément préoccupé par la récente escalade de la violence en Côte d'Ivoire et le risque d'un retour de la guerre civile» et exhorte «toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue afin d'empêcher une telle issue».

Il considère «que les attaques actuellement menées en côte d'Ivoire contre la population civile pourraient constituer des crimes contre l'humanité et que leurs auteurs doivent être tenus responsables en vertu du droit et des institutions internationaux, y compris la Cour pénale internationale, chaque fois qu'il y a lieu».

Le Conseil de sécurité «se déclare vivement préoccupé par le nombre croissant de déplacés et de réfugiés ivoiriens, en particulier au Liberia, résultant de la crise en Côte d'Ivoire, et exhorte toutes les parties ivoiriennes à coopérer pleinement avec les organismes des Nations unies et les autres acteurs qui s'emploient à améliorer l'acheminement de l'aide humanitaire destinée aux réfugiés et aux déplacés».

Dans une annexe, la résolution liste les personnes visées par les sanctions. Mis à part Laurent Gbagbo et son épouse Simone, Désiré Tagro, secrétaire général du «cabinet présidentiel» de M. Gbagbo, Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien et Alcide Djédjé, conseiller proche de M. Gbagbo.

Départ exigé

L'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice a souligné qu'«il est temps pour l'ancien président de la Côte d'Ivoire de se retirer», de même qu'il est urgent de «protéger la population civile, y compris contre les armes lourdes». La résolution «est un signal fort de l'unité du Conseil de sécurité», a-t-elle ajouté.

«L'unanimité et l'urgence, c'est tout simplement parce que la situation sur le terrain l'exige. Comme vous le savez les affrontements s'étendent et le risque est que demain la guerre se déroule dans les rues mêmes d'Abidjan avec tout ce que l'on peut craindre en termes de pertes civiles», a expliqué M. Gérard Araud, ambassadeur de France à l'ONU.

La présidente de l'ONG International Crisis Group (ICG), Louise Harbour, a souligné que Laurent Gbagbo «est le problème». «Il a perdu les élections, et il a perdu sa légitimité. Le peuple de Côte d'Ivoire se trouve face à un risque immense et imminent. Où est la communauté internationale ?», a-t-elle dit.

Les forces de M. Ouattara ont accentué mercredi leur pression sur le régime de Laurent Gbagbo en prenant la capitale politique Yamoussoukro.

Au troisième jour de l'offensive, cette victoire hautement symbolique intervient quatre mois après le début d'une crise post-électorale ayant fait, selon l'ONU, plus de 460 morts et déplacé près d'un million de personnes.

(afp)