Genève

04 décembre 2019 06:15; Act: 04.12.2019 06:18 Print

L'ONU lance un appel humanitaire pour 2022

Plus de 200 millions de personnes pourraient avoir besoin d'aide humanitaire en 2022, selon l'ONU.

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Des denrées humanitaires distribuées au Yémen le 27 août 2019. (Photo: AFP)

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L'ONU prévoit que plus de 200 millions d'êtres humains pourraient avoir besoin d'un soutien en 2022. Pour 2020, elle a appelé mercredi à Genève à une aide de 28,8 milliards de dollars (28,44 milliards de francs suisses) pour un record de plus de 108 millions d'individus, de Syrie et du Yémen surtout.

Devant la presse, le chef des affaires humanitaires de l'ONU Mark Lowcock a affirmé que les Nations unies et leurs partenaires souhaitent davantage anticiper les effets des crises. «Nous avons les données, les mécanismes financiers et le système de distribution» pour le faire.

L'appel lancé pour 2020 est légèrement inférieur au montant de près de 30 milliards (environ 29,3 milliards de francs) requis actuellement selon les estimations de l'ONU et d' une centaine de partenaires. Ces acteurs arrivent à mieux cibler les personnes les plus vulnérables et déjà à mieux anticiper la réponse, relève le Britannique.

«Aide cruciale»

Actuellement, une personne sur 45 dans le monde a besoin d'une assistance humanitaire. Soit 168 millions, un record depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. «Chaque jour, les Nations unies et leurs partenaires distribuent une aide cruciale à des millions de personnes dans le monde», selon le secrétaire général Antonio Guterres.

Cette année, 20 millions d'individus supplémentaires ont été affectés par rapport aux estimations qui avaient été lancées fin 2018. «Ce serait une surprise extrêmement positive» si aucun nouveau besoin ne se présentait en 2020», admet Mark Lowcock.

Moins de financement pour plusieurs pays

Les conflits plus longs, les situations extrêmes liées au changement climatique ou encore les économies en recul dans un certain nombre de pays expliquent cette augmentation. Autre problème, les attaques contre les travailleurs humanitaires ont presque doublé par rapport à 2018 et ont fait également plusieurs dizaines de victimes supplémentaires.

Parmi les principales situations sur lesquelles l'ONU et ses partenaires seront actifs, le conflit au Yémen reste «la pire crise humanitaire» avec près de 25 millions de personnes dans le besoin. Mais celui en Syrie est de son côté celui qui demande le plus de financement.

Même si elle recule un peu en un an, l'enveloppe souhaitée dépasse les 8 milliards de dollars pour la Syrie et les États qui l'entourent. Au total, 15 millions d'êtres humains doivent être aidés en raison du conflit. Suivent le Yémen, également en baisse, et la réponse liée à la République démocratique du Congo (RDC).

Moins de fonds seront aussi requis pour La Libye, l'Irak, le Soudan du Sud ou le Bangladesh. En revanche, la situation au Venezuela est celle où l'appel a augmenté le plus en raison des besoins pour plus de sept millions de personnes, dont 4,5 millions seront ciblées par l'ONU en 2020.

16 milliards donnés

En cause, «les besoins dépassent largement» les financements, insiste Mark Lowcock. Sur les effets du changement climatique, 13 des 20 pays les plus affectés par cette question figuraient dans le dispositif d'assistance en 2019.

Pour autant, il est difficile d'évaluer le coût de ces efforts tant certaines crises dépendent de plusieurs raisons. «Mais il est clair qu'il y a davantage» de besoins liés au réchauffement, dit Mark Lowcock.

Parmi les agences onusiennes, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a dévoilé un appel record de plus de 4 milliards de dollars pour aider 59 millions d'enfants dans 64 pays. La directrice exécutive Henrietta Fore a relevé des «chiffres historiques» d'enfants confrontés à des déplacements forcés. Et son directeur des opérations d'urgence Manuel Fontaine déplore que seuls 2% des fonds puissent être utilisés sans condition des États.

En 2019, les donateurs ont versé un record de 16 milliards de dollars de janvier à novembre (environ 15,85 milliards de francs), soit environ deux tiers de l'enveloppe qui avait été demandée il y a un an. Selon les données sur un peu plus de 20 pays, environ 61,3 millions de personnes ont été assistées.

(nxp/ats)