Méditerranée

21 août 2019 12:53; Act: 21.08.2019 20:34 Print

L'Ocean Viking attend toujours une réponse

Le navire battant pavillon norvégien erre dans le canal de Sicile entre Malte et la petite île sicilienne de Lampedusa avec 356 personnes à bord.

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Interdit de se ravitailler, l'Ocean Viking est contraint d'économiser ses ressources. (Photo: Keystone)

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Après l'arrivée à terre des rescapés de l'Open Arms à Lampedusa, l'Ocean Viking est le dernier bateau humanitaire présent en Méditerranée. Il attend toujours la désignation d'un port où débarquer les 356 personnes qu'il a recueillies à son bord.

«Pour le moment, nous n'avons eu aucune réponse de l'Italie et une réponse plutôt négative de la part de Malte», a affirmé mercredi à l'AFP Frédéric Penard, le directeur des opérations de l'ONG SOS Méditerranée qui gère le bateau avec Médecins sans frontières (MSF).

«Nous savons que plusieurs Etats européens [...] souhaitent en finir avec ces solutions au cas par cas et mettre en place un système» pour l'accueil des migrants, a-t-il relevé. «C'est ce qu'on demande, mais ces gens doivent débarquer maintenant: les négociations ne peuvent se dérouler alors que plus de 300 personnes sont bloquées en mer dans des conditions difficiles», a-t-il insisté.

Le navire battant pavillon norvégien se trouve pour la dixième journée, pratiquement à l'arrêt, dans le canal de Sicile entre Malte et la petite île sicilienne de Lampedusa. Interdit au dernier moment par La Vallette de se ravitailler, à l'aller, en eau et en carburant, il est contraint d'économiser ses ressources.

Nombre de morts inconnu

L'écrasante majorité des personnes secourues au large de la Libye ont fui des violences et des violations de leurs droits répétées subies dans ce pays, où la plupart d'entre elles étaient alléees travailler. La mer étant leur seule porte de sortie, elles se sont retrouvées sur des bateaux bricolés et le nombre de celles qui ont péri restera à jamais inconnu.

Sam Turner, le chef de la mission de MSF en Libye, a d'ailleurs fait valoir mercredi à l'AFP que, «non seulement ces gens continuent de souffrir d'un séjour prolongé en mer, mais d'autres vont continuer de mourir parce que nous sommes empêchés de poursuivre nos opérations de secours».

M. Turner rappelle que, selon les estimations des gardes-côtes libyens, «environ la moitié des embarcations qui prennent le départ se perdent en mer, soit des centaines de personnes qui disparaissent sans laisser de traces».

(nxp/ats)