Lampedusa

14 septembre 2019 10:25; Act: 15.09.2019 07:17 Print

L'Italie autorise l'Ocean Viking à débarquer

Rome a autorisé samedi le navire à débarquer 82 migrants secourus en mer sur l'île de Lampedusa, en Sicile.

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Selon le ministère français de l'Intérieur, ces migrants seront répartis entre les cinq pays européens. (Photo: AFP)

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«L'Ocean Viking vient de recevoir l'instruction du Centre de coordination des sauvetages en mer (MRCC) de Rome de se diriger vers Lampedusa (Italie), lieu sûr désigné pour débarquer les 82 survivants secourus lors de deux opérations», a tweeté l'ONG SOS Méditerranée qui affrète le navire avec Médecins sans frontières (MSF).

Ce feu vert intervient quelques jours après l'entrée en fonctions du nouveau gouvernement italien dont est absent Matteo Salvini. Ministre de l'Intérieur du précédent gouvernement, le patron de la Ligue (extrême droite) avait fermé les ports italiens aux navires de secours.

Un «véritable mécanisme européen»

«Un accord ad hoc européen avec l'Italie, la France, l'Allemagne, le Portugal et le Luxembourg a été trouvé pour permettre le débarquement» des migrants de l'Ocean Viking, a tweeté le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner.

«Il nous faut maintenant nous entendre sur un véritable mécanisme temporaire européen», a poursuivi Christophe Castaner, soulignant qu'une réunion ministérielle était prévue à Malte le 23 septembre «en vue d'un accord à Luxembourg, début octobre».

Selon le quotidien «La Repubblica», la France et l'Allemagne ont accepté d'accueillir chacune 25% des migrants secourus. L'Italie en accueillerait 10%, une proportion similaire à celle du mécanisme à l'étude.

«Et voilà, les ports ouverts sans limites», a tweeté M. Salvini. «Le nouveau gouvernement rouvre les ports, l'Italie redevient le camp de réfugiés de l'Europe», a-t-il poursuivi, fustigeant des ministres «qui haïssent les Italiens».

Deuxième mission

L'Ocean Viking, qui a succédé à l'Aquarius, effectuait sa deuxième mission en Méditerranée entamée le 2 septembre. Il a secouru 50 migrants le 8 septembre dans les eaux internationales au large de la Libye, puis 34 autres transbordés depuis un voilier, le Josefa. Depuis, il naviguait entre l'Italie et Malte en attente d'un port sûr.

Parmi les migrants à bord, MSF a recensé 58 hommes, six femmes, 17 mineurs et un enfant âgé d'un an. «Ils disent à nos médecins que leur peau a été brûlée par du plastique fondu et qu'ils ont été battus avec des barres de bois ou de métal», selon MSF évoquant ces migrants partis de Libye. «Beaucoup ont des blessures psychologiques et des traumatismes».

A l'issue de sa première expédition fin août, l'Ocean Viking avait recueilli 356 migrants, qui ont pu débarquer à Malte. Le chef de la diplomatie italienne Luigi Di Maio a déclaré à la télévision que «le port sûr avait été proposé parce que l'Union européenne a accepté notre demande de prendre la plupart des migrants».

Possibles pénalités

La négociation d'un mécanisme temporaire de «répartition automatique» en Europe des migrants secourus en Méditerranée a été confirmée jeudi par une source diplomatique à Bruxelles. Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a présenté le projet mercredi à Bruxelles.

Ce mécanisme impliquerait la France et l'Allemagne, qui y seraient favorables, ainsi que l'Espagne, le Luxembourg, la Roumanie, le Portugal et Malte, ont affirmé jeudi les journaux italiens «Repubblica» et «La Stampa».

M. Conte a évoqué de «possibles pénalités financières» pour les pays européens refusant l'accueil de migrants, allusions aux quatre pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie).

Le projet devrait être discuté mercredi prochain lors d'une rencontre à Rome entre M. Conte et Emmanuel Macron, puis de façon plus détaillée le 23 septembre à Malte par les ministres de l'Intérieur de divers pays dont la France, l'Allemagne, Malte et la Finlande, et des représentants de la Commission européenne.

«Douloureux processus»

Le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer, a confirmé que l'Allemagne prendrait 25% des migrants secourus arrivant en Italie. «Ce ne serait pas trop pour notre politique de l'immigration», a-t-il déclaré samedi à la «Sueddeutsche Zeitung», estimant qu'il était temps de mettre un terme au «douloureux processus» de négociations autour de chaque navire. Certains des navires d'ONG ont dû attendre plusieurs semaines en mer.

(nxp/ats)