France

28 juin 2011 14:48; Act: 28.06.2011 14:57 Print

L'Opus Dei au coeur d'un procès inédit à Paris

La mystérieuse organisation catholique Opus Dei devra rendre des comptes à la justice française en septembre.

Une faute?

L'Opus Dei, une organisation catholique aussi puissante que secrète, accusée par certains adversaires de dérives sectaires, sera en septembre à Paris au coeur d'un procès, inédit tant en France qu'à l'étranger, a-t-on appris mardi de sources judiciaires.

A l'issue de neuf ans d'enquête, deux membres de l'Opus Dei et d'une association réputée proche, l'ACUT, comparaîtront les 22 et 23 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour «rétribution contraire à la dignité» et «travail dissimulé».

Une jeune femme, Catherine T., est à l'origine de la procédure. En 1985, elle entre à son insu dans l'Opus Dei quand elle intègre une école dans l'Aisne (nord de la France) pour suivre une formation d'employée d'hôtel.

L'adolescente est rapidement confiée à «une préceptrice qui était en fait une directrice de conscience», raconte-t-elle, avant d'être obligée à contracter ses voeux en 1987: obéissance, pauvreté et chasteté. Catherine devient alors «numéraire auxiliaire», c'est-à-dire chargée des tâches domestiques.

Divers emplois

Pendant treize années, la jeune femme va accumuler les contrats de travail au sein d'organismes ou d'associations qui, selon son avocat Me Rodolphe Bosselut, «dépendaient exclusivement de l'Opus Dei». Poursuivie, l'Association de culture universitaire et technique (ACUT) ne reconnaît de son côté qu'un «lien spirituel» avec l'Oeuvre, mais rien de plus.

Catherine dit avoir nettoyé, rangé et servi tous les jours de 7 heures à 21 heures, week-end compris, sans jamais prendre de vacances, ni être valablement payée.

En dehors du travail, elle est toujours accompagnée d'un membre de l'Oeuvre et doit même consulter un médecin opusien, qui lui prescrit neuroleptiques et tranquillisants.

Fin du calvaire

Son calvaire prend fin en janvier 2001 quand ses parents la récupèrent lors du week-end familial annuel que lui accorde l'Opus Dei. A 29 ans, elle ne pèse plus que 39 kilos.

Dans la plainte qu'il dépose fin 2001, son avocat dénonce «une manipulation mentale», des «conditions de travail abrutissantes» et une «situation de dépendance économique».

L'avocat de l'ACUT «conteste» les accusations portées par Catherine. «Il n'y a rien du tout dans ce dossier, plaide Me Thierry Laugier. Elle a été rémunérée conformément à ce qu'elle faisait».

(afp)