Iran

01 décembre 2011 15:04; Act: 01.12.2011 18:21 Print

L'UE va étendre ses sanctions

L'Union européenne a décidé jeudi de travailler à un nouveau train de sanctions contre l'Iran, deux jours après le saccage de l'ambassade britannique à Téhéran.

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Les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Bruxelles ont gelé les avoirs et interdit de visa 143 nouvelles sociétés ou organisations iraniennes et 37 personnes supplémentaires.

Cette décision fait suite au rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui vient d'étayer les soupçons des Occidentaux selon lesquels Téhéran, malgré ses démentis, a travaillé à la fabrication d'une arme atomique.

L'offre de négociation du groupe des 5 1 est toujours sur la table, a affirmé la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton. Elle a déploré attendre encore une réponse à sa dernière lettre.

Réticences grecques

L'UE a en outre «décidé de travailler sur des sanctions plus dures et sans précédent sur les secteurs financier et pétrolier», a annoncé le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.

Une déclaration évoque la préparation de nouvelles mesures contre «le système financier iranien, le secteur des transports, de l'énergie», ainsi que «contre la Garde iranienne révolutionnaire et d'autres secteurs» pour la prochaine réunion des ministres de l'UE le 30 janvier 2012.

La formulation trouvée est «assez vague» pour continuer à travailler sur un embargo pétrolier. Cette option a le soutien de l'Allemagne et la France notamment, mais se heurte aux réticences de certains Etats dépendant du pétrole iranien, a expliqué un diplomate européen.

«La Grèce a émis un certain nombre de réserves», a reconnu M. Juppé. Tout en promettant d'en tenir compte, il a jugé «tout à fait possible» de «travailler avec les différents partenaires pour que l'interruption des livraisons de l'Iran puisse être compensée par l'augmentation de la production dans d'autres pays».

Hausse des prix redoutée

L'UE a importé 5,8% de son pétrole brut d'Iran, soit 30,3 millions de tonnes en 2010, indique la Commission européenne. L'essentiel - un bon tiers - va à l'Italie, suivie de l'Espagne, la Belgique et la Grèce. Le brut iranien représente 14,6% des importations en Espagne, 14% en Grèce, 13,1% en Italie.

Tout en s'y disant favorable, le Suédois Carl Bildt s'est interrogé sur «l'impact» réel de la mesure qui ne concernerait pas la Chine, principal client de l'Iran.

Les Européens redoutent aussi une possible une hausse des prix du pétrole et donc des recettes de l'Iran. Selon l'agence Fitch, l'embargo n'affecterait que peu BP, Shell, Total ou Eni, qui profiteront au final d'une hausse des cours.

Outre l'embargo pétrolier, l'UE a mis dans sa ligne de mire la Banque centrale iranienne, ainsi que la banque Tejarat, qui a des filiales au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, ainsi qu'en Chine, aux Emirats Arabes unis et au Tadjikistan, selon un diplomate.

Isolement croissant

Le saccage mardi de la chancellerie britannique dans la capitale iranienne a jeté de l'huile sur le feu. L'UE s'est dite «outragée» par ce qu'elle considère comme une action «contre l'ensemble de l'UE» et a évoqué des «mesures appropriées en réponse».

En solidarité avec Londres qui a fermé son ambassade, «nous avons décidé de coordonner nos décisions de rappel de nos ambassadeurs», a expliqué Alain Juppé.

Paris, Amsterdam, Berlin et Rome l'ont déjà fait. Ces décisions témoignent de «l'isolement croissant» de l'Iran, ont commenté les Etats-Unis.

Restrictions pour les médias

A Téhéran, le gouvernement iranien a interdit aux médias étrangers de couvrir toute nouvelle manifestation devant des bâtiments diplomatiques britanniques. C'est la première fois que les médias étrangers se voient interdire de couvrir des rassemblements en faveur du régime.

Les médias étrangers sont soumis à de nombreuses restrictions depuis l'élection présidentielle controversée de 2009 qui avait entraîné des violences.

(ats)