Etude

03 avril 2019 16:03; Act: 03.04.2019 21:16 Print

L'air pollué ampute l'espérance de vie

La pollution de l'air affecte également le développement neurologique et les capacités cognitives des enfants.

storybild

La pollution de l'air a de plus graves conséquences en Asie du Sud. Ici, à Pékin, en Chine. (Photo: AFP)

Une faute?

La pollution de l'air va amputer l'espérance de vie des enfants nés aujourd'hui dans le monde de vingt mois en moyenne. Elle aura les plus graves répercussions en Asie du Sud, selon une étude publiée mercredi.

D'après le rapport sur la qualité de l'air dans le monde publié par le Health Effects Institute établi à Boston et l'Université de Colombie britannique, la pollution de l'air est le cinquième facteur de risque de mortalité dans le monde. Elle provoque plus de décès que le paludisme, les accidents de la route, la malnutrition ou l'alcool.

Mais la «perte d'espérance de vie ne se manifeste pas de manière égale» à travers le monde, ajoutent les auteurs. Celle des enfants d'Asie du Sud est réduite de trente mois à cause d'un mélange d'air extérieur pollué et d'air nocif à domicile.

Vingt-trois mois en moins

En Asie de l'Est, la pollution de l'air raccourcira la vie de vingt-trois mois, un chiffre à comparer avec une vingtaine de semaines pour ceux qui sont nés dans les pays développés de l'Asie Pacifique et de l'Amérique du Nord.

Si la pollution de l'air était ramenée à des niveaux inférieurs à ceux recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'espérance de vie au Bangladesh augmenterait de près de quinze mois, ajoutent les chercheurs, qui fondent leur étude sur des données de 2017. L'Inde, le Pakistan et le Nigeria verraient l'espérance de vie prendre environ un an.

La Chine, le pire endroit

Malgré des mesures vigoureuses, la Chine reste le pays où le taux de mortalité dû à la pollution de l'air est le plus élevé du monde, provoquant en 2017 environ 852 000 décès. Les cinq pays aux plus forts taux de mortalité provoqués par la pollution de l'air se retrouvent tous en Asie, Chine, Inde, Pakistan, Indonésie et Bangladesh.

Au total, disent les auteurs, 147 millions d'années de vie en bonne santé ont été perdues dans le monde à cause de cette pollution.

L'exposition à de l'air vicié à domicile, essentiellement dû au charbon, bois ou charbon de bois utilisé pour la cuisine ou le chauffage, est la plus fréquente en Asie du Sud, en Asie de l'Est et en Afrique subsaharienne. Près de la moitié de la population mondiale est victime de ce type de pollution, dont 846 millions de personnes en Inde et 452 en Chine.

Développement neurologique affecté

En octobre, l'OMS avait expliqué que l'exposition à de l'air empoisonné dehors comme dedans était responsable de la mort d'environ 600 000 enfants de moins de 15 ans chaque année.

La pollution de l'air affecte également le développement neurologique et les capacités cognitives des enfants. Selon l'OMS, environ 91% des habitants de la planète respirent un air pollué, ce qui entraîne quelque sept millions de décès chaque année.

(nxp/ats)