Présidentielle en RDC

08 décembre 2011 22:21; Act: 08.12.2011 22:23 Print

L'annonce des résultats reportée

La commission électorale congolaise n'annoncera pas avant vendredi le résultat de l'élection présidentielle du 28 novembre en République démocratique du Congo (RDC).

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«Nous voulons vous présenter nos excuses, nous allons poursuivre notre travail et nous aurons les résultats demain», a annoncé jeudi soir à la télévision nationale le chef de la commission électorale, Daniel Ngoy Mulunda, expliquant que des vérifications étaient encore nécessaires.

Initialement attendue mardi soir avant minuit, l'annonce des résultats avait été reportée depuis lors en raison de problèmes logistiques.

Les résultats provisoires diffusés jusqu'ici, qui portent sur près de 90% des suffrages, créditent le président sortant Joseph Kabila de quinze points d'avance sur son principal adversaire, Etienne Tshisekedi.

L'opposition a rejeté ces chiffres, qu'elle qualifie de «fantaisistes», et s'est félicitée du retard dans la publication des résultats.

Dix-huit personnes au moins ont été tuées pendant la période pré- électorale, selon l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch. Un proche de Kabila a averti que le gouvernement était prêt à faire appel à l'armée si les manifestations devenaient «trop chaotiques».

L'élection présidentielle, premier scrutin organisé et financé par la RDC elle-même depuis la guerre civile qui fit 5,4 millions de morts, devait contribuer à la stabilisation, mais beaucoup craignent qu'un rejet du résultat ne provoque un nouveau conflit comparable à celui de 1998-2003.

Etienne Tshisekedi peut compter sur un large soutien de la population à Kinshasa, mégapole de plus de dix millions d'habitants où une victoire du chef de l'Etat sortant, mieux implanté dans les zones rurales de l'est du pays, pourrait provoquer des troubles.

Joseph Kabila a succédé à son père Laurent-Désiré, tué en 2002 par l'un de ses gardes du corps. En 2006, il a remporté des élections parrainées par l'Onu en promettant de mettre un terme à dix années de guerre et de chaos, mais des mouvements rebelles sont toujours actifs dans l'Est et la RDC reste l'un des pays où il est le plus risqué d'investir.

(ats)