Forum social mondial

06 février 2011 21:59; Act: 06.02.2011 22:03 Print

L'anti-WEF s'est ouvert à Dakar

Le contre-sommet du Forum économique mondial (WEF) de Davos, le Forum social mondial (FSM), s'est ouvert dimanche à Dakar.

storybild

Quelque 50'000 personnes sont attendues à Dakar, au Sénégal. (Photo: Keystone/AP)

Une faute?

La grande réunion altermondialiste se tient jusqu'au 11 février, à Dakar. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé dans la capitale sénégalaise pour donner son coup d'envoi.

Selon les organisateurs, jusqu'à 50'000 personnes de 123 pays sont attendues à Dakar pour l'édition 2011 du FSM. «Un autre monde est possible» ou «La Terre est ma vie» pouvait-on lire sur les banderoles des altermondialistes, selon une correspondante de l'ATS.

Les manifestants ont défilé de la grande mosquée au centre-ville au campus de l'Université Cheikh Anta Diop. C'est là que s'est ouvert officiellement le Forum. La délégation suisse, forte de 55 membres, faisait partie de la foule.

Présent, le président des Verts et conseiller national genevois Ueli Leuenberger a qualifié d'»impressionnante» la solidarité des participants. «Ici se rencontrent des êtres humains, à Davos, c'est la rencontre du capital», a renchéri l'autre conseillère nationale Margret Kiener Nellen (PS/BE).


Morales: «le capitalisme agonise»

Sur une scène installée dos à la mer, le président bolivien Evo Morales s'en est pris au «néolibéralisme» et au «néocolonialisme», «ennemis des peuples», en soulignant notamment que «les services de base, téléphone, eau, lumière, ne devaient jamais être privatisés».

«Le capitalisme agonise dans le monde face à la rébellion des peuples. Il «souffre d'une crise financière, d'une crise énergétique et nous apporte une crise alimentaire. Et ce sont les pauvres (...) qui doivent payer cette crise du capitalisme», a soutenu l'ancien syndicaliste bolivien.

Evo Morales a par ailleurs affirmé que «les peuples des pays arabes» étaient actuellement en train de «se rebeller contre l'impérialisme nord-américain».


La place de l'Afrique

Le programme du FSM débutera concrètement lundi avec une journée consacrée à l'Afrique. Une pléthore de thèmes seront au centre des débats: la migration, les femmes, le changement climatique, la crise alimentaire, l'agriculture, la santé et la sécurité sociale. C'est d'ailleurs l'Afrique qui est le continent le mieux représenté à ce Forum social, avec 45 pays représentés.

Lors d'une centaine de rencontres et d'ateliers de toute sorte, les pourfendeurs de la mondialisation vont donc pouvoir discuter des questions politiques et économique actuelles. De nombreuses idées devraient surgir, être affinées et développées pour proposer un monde plus juste. «Un autre monde est possible», proclame d'ailleurs la devise du FSM.

Les milliers de participants se répartiront en divers lieux de la ville, en particulier à Gorée, île symbole de la traite négrière, pour débattre et proposer des alternatives au capitalisme «en crise», selon eux.

La face sombre de la globalisation sera donc sur le tapis à Dakar. Car cette mondialisation capitaliste a généré des problèmes sociaux, géopolitiques, écologiques et idéologiques, écrivent les organisateurs sur leur site. Pour mardi et mercredi, quelque 1200 ONG ont prévu environ 1000 ateliers de discussions.


Quelques personnalités

Des représentants d'organisations sociales, de syndicats, d'organisation non gouvernementales (ONG), et des parlementaires du monde entier sont attendus au FSM. Parmi les personnalités les plus connues figurent l'ex-président brésilien Inacio Lula da Silva, le chef de l'Etat bolivien Evo Morales, la dirigeante du Parti socialiste français Martine Aubry et la socialiste Ségolène Royal, ancienne candidate à la présidence française.

Le FSM est un forum de discussions, et non pas un endroit où l'on prend des décisions concrètes - exactement comme le WEF. Seul son but est clairement formulé: le Forum social mondial a été crée en 2001 à Porto Alegre au Brésil pour faire pièce au Forum économique mondial de Davos.

Après Nairobi en 2007, c'est la deuxième fois que l'Afrique accueille le FSM. Depuis sa création en 2001, il s'est déroulé cinq fois au Brésil et une fois à Bombay, en Inde.

(ats)