Arabie saoudite

06 janvier 2016 10:57; Act: 06.01.2016 19:34 Print

L'apaisement entre Ryad et Téhéran prendra du temps

Le ministre iranien des Affaires étrangères s'est exprimé mercredi sur les tensions entre les deux pays.

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L'Iran a exigé mercredi de l'Arabie saoudite qu'elle cesse de s'opposer à ses «efforts» pour «la paix» au moment où la communauté internationale tente d'apaiser les vives tensions au Moyen-Orient survenues depuis l'exécution d'un dignitaire chiite saoudien. L'Irak a proposé sa médiation.

L'exécution du dignitaire a été suivie d'attaques contre l'ambassade saoudienne à Téhéran et le consulat de Machhad, au nord-est de l'Iran, conduisant le royaume sunnite à rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran chiite.

Mercredi, les diplomates iraniens en poste en Arabie saoudite et leurs familles sont rentrées à Téhéran où le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a demandé à Ryad d'arrêter «de créer des tensions» dans la région. «Depuis deux ans et demi, l'Arabie saoudite s'est opposée aux efforts de la diplomatie iranienne» et «elle doit arrêter cette tendance à créer des tensions», a-t-il dit.

Bagdad ne veut pas de guerre

Il a en particulier souligné que l'Arabie saoudite s'était «opposée à l'accord nucléaire» conclu en juillet entre l'Iran et les grandes puissances. L'Iran a «toujours recherché la paix (...) avec ses voisins», sans «chercher à créer des tensions», a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse avec son homologue irakien Ibrahim Jaafari, en visite à Téhéran.

Ce dernier a pour sa part indiqué que l'Irak, «qui a de bonnes relations avec l'Iran et les pays arabes», travaillait à faire baisser les tensions afin de ne «pas entraîner la région dans une guerre qui ne pourrait avoir de vainqueur».

Djibouti rompt aussi ses relations

L'exécution samedi en Arabie saoudite d'un opposant et dignitaire religieux chiite, Nimr al-Nimr, a provoqué des manifestations et des violences de la part de musulmans chiites dans plusieurs pays du Moyen-Orient, dont l'Iran et l'Irak.

La décision de Ryad de rompre ses relations avec l'Iran a été suivie par Bahreïn et le Soudan. Les Emirats arabes unis ont eux décidé de réduire leurs relations diplomatiques avec Téhéran. Le Koweït a rappelé son ambassadeur en Iran.

Djibouti a annoncé à son tour mercredi la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran, a annoncé le gouvernement djiboutien. Petit pays de la Corne de l'Afrique, à l'entrée de la mer Rouge et du Golfe d'Aden, Djibouti dispose d'une position stratégique dans la région entre le continent africain et la Péninsule arabique.

Mercredi toujours, la Jordanie a convoqué l'ambassadeur iranien à Amman pour lui demander de s'expliquer sur l'attaque de l'ambassade d'Arabie saoudite à Téhéran et sur les «ingérences iraniennes» dans les affaires arabes, rapporte l'agence de presse officielle jordanienne Petra.

Le Qatar indique avoir fait de même et a rappelé son ambassadeur en Iran à la suite des attaques contre l'ambassade et un consulat général de l'Arabie saoudite dans la République islamique, a rapporté l'agence de presse officielle QNA.

«Le ministère des Affaires étrangères a rappelé l'ambassadeur du Qatar (...) à la suite des attaques contre l'ambassade du royaume d'Arabie saoudite à Téhéran et le consulat général à Machhad», a déclaré le directeur du ministère, Khaled ben Ibrahim al-Hamar, cité par

Craintes internationales

Oman, seule monarchie du Golfe à entretenir des relations étroites avec Téhéran, a «profondément regretté» mercredi les attaques contre des représentations diplomatiques en Iran, sans annoncer de mesures de rétorsion. Bahreïn a annoncé mercredi avoir «démantelé» une cellule projetant des attentats liée aux Gardiens de la révolution iraniens et au mouvement chiite libanais Hezbollah.

La communauté internationale craint que cette escalade n'accentue encore les conflits du Moyen-Orient. Washington, Moscou et les pays européens ont appelé les deux puissances régionales au calme.

Sur le plan économique, la crise diplomatique entre ces deux importants producteurs de brut reste un facteur affectant les prix du pétrole qui étaient orientés à la hausse en Asie mercredi matin. L'Arabie saoudite a réduit pour février le prix de son pétrole pour l'Europe, mais a augmenté le prix de toutes les catégories de pétrole destinées à l'Asie.

(nxp/ats/afp)