Mali

01 avril 2012 08:28; Act: 01.04.2012 15:11 Print

L'armée cesse le combat à Gao, ville stratégique

Le chef de la junte militaire au pouvoir depuis le 22 mars au Mali a ordonné samedi à l'armée malienne de «ne pas prolonger les combats» à Gao, principale ville du nord du pays.

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«Au regard de la situation des populations au voisinage» de la zone des affrontements, «les forces maliennes ont décidé de ne pas prolonger les combats», a annoncé samedi soir le capitaine Amadou Sanogo. Quelques instants auparavant, il avait pourtant affirmé dans ce même communiqué écrit, lu par une journaliste à la télévision publique «ORTM», que les rebelles avaient «été repoussés par les forces armées».

«Le CNRDRE (Conseil national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat, junte) fera une analyse claire de la situation dans les heures à venir», a ajouté le chef de la junte, sans autre précision. Interrogées par l'AFP, deux sources proches de la junte ont reconnu qu'il s'agissait de fait d'un ordre d'évacuation de la ville donné aux forces gouvernementales.

A un millier de kilomètres au nord-est de Bamako, Gao, environ 90'000 habitants, abrite l'état-major de l'armée malienne pour toute la région Nord. Les rebelles touaregs, dont l'identité exacte reste à préciser, ont pénétré dans la ville dans la matinée. Les combats se sont ensuite concentrés autour des deux camps militaires de Gao, où les forces gouvernementales se sont réfugiées pour résister.

Coup dur

Aucun bilan des pertes, ou du nombre de déplacés, n'était disponible dans la soirée. Selon des témoins, des islamistes ont participé à l'assaut, dont certains s'en sont pris à des débits de boissons, et criaient «Ansar Dine», du nom du groupe armé du chef touareg Iyad Ag Ghaly, l'une des principales composantes de la rébellion.

Dans un courriel adressé à l'AFP, «le Mouvement pour l'unité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao)», une dissidence d'Aqmi dirigée par des Maliens et des Mauritaniens, a revendiqué sa participation à l'attaque.

Après la chute de Kidal vendredi, l'attaque sur Gao, et sans doute sa capture imminente, est un coup d'autant plus dur pour la junte qu'elle avait justement invoqué l'échec du régime à mater la rébellion pour renverser le 22 mars le président Amadou Toumani Touré (dit ATT).

Les rebelles contrôlent Gao, scènes de pillages

Les rebelles touareg ont pris Gao, principale ville du Nord du Mali, à l'issue d'une journée de combats samedi contre les forces gouvernementales qui ont évacué la localité, livrée à des scènes de pillages, a-t-on appris de sources concordantes.
«Les deux camps de Gao sont tombés entre les mains de différents groupes rebelles. Gao est entre leurs mains», a déclaré à l'AFP un conseiller du gouverneur, interrogé au téléphone depuis Bamako.

«Nous contrôlons le camp qui est à la sortie de la ville», a indiqué à l'AFP un élu de la région, Mohamed Assale, rallié aux rebelles du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), principale composante de la rébellion.

«Les (rebelles) islamistes contrôlent le camp 2 qui est à l'intérieur de Gao. Avec les islamistes, nous avons le même objectif, la lutte contre le pouvoir malien», a précisé cette source.

Selon des témoins, interrogés par l'AFP dans la nuit de samedi à dimanche, les portes de la prison civile ont été ouvertes de force par des inconnus, et plusieurs bâtiment publics ont été pillés par des civils.

Les responsables de plusieurs ONG internationales basées à Gao ont quitté la ville, selon une source sécuritaire sur place.

Le chef de la junte militaire au pouvoir depuis le 22 mars à Bamako, le capitaine Amadou Sanogo, avait ordonné samedi soir à l'armée de «ne pas prolonger les combats», laissant de facto la ville ouverte aux rebelles qui y avaient lancé des attaques dans la matinée.

A un millier de kilomètres au nord-est de Bamako, Gao, environ 90.000 habitants, abritait l'état-major des forces gouvernementales pour toute la région Nord.

(ats/afp)