Bahreïn

18 février 2011 18:42; Act: 18.02.2011 18:57 Print

L'armée tire sur des manifestants

L'armée bahreïnie a tiré vendredi sur un millier de personnes qui voulaient reprendre un sit-in à Manama, faisant de nombreux blessés.

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31.03 Les arrestations d'opposants et de blogueurs se sont multipliées ces derniers jours à Bahreïn, où plus de 300 personnes ont été placées en détention. Ici des maisons d'opposants visitées par la police. Les autorités bahreïnies ont annoncé vendredi 18 mars, avoir détruit le monument qui se trouve sur la place de la Perle à Manama, épicentre de la contestation violemment réprimée par les forces gouvernementales. Officiellement le monument, symbole de la révolte contre le régime, a été détruit pour faciliter le trafic routier. Six personnalités de l'aile dure de l'opposition à Bahreïn ont été arrêtées dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'opposition. Dans le petit royaume de Bahreïn dans le Golfe, les forces de sécurité ont violemment délogé les manifestants qui campaient depuis près d'un mois sur la place de La Perle à Manama pour réclamer des réformes. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes ont lancé des dizaines de grenades lacrymogènes et tiré au fusil de chasse. Trois manifestants ont été tués, a indiqué l'opposition. Deux policiers sont morts après avoir été renversés par des véhicules de manifestants, selon les autorités. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes à Bahrein ont pris, mercredi 16 mars, le contrôle de la place de la Perle... ... à Manama après un assaut contre les manifestants à majorité chiites. Mardi 15 mars, le régime a fait appel à des militaires saoudiens pour mater la révolte. Les forces sécuritaires ont tiré sur les manifestants le 19 février à Bahreïn. L'armée bahreïnie s'est retirée samedi de la place de la Perle dans le centre de Manama, une des conditions exigées par l'opposition pour entamer un dialogue politique. Des milliers de personnes participaient vendredi aux obsèques des deux chiites tués dans un raid des forces de sécurité la veille. Au total, cinq personnes ont été tuées depuis le début de la contestation lundi selon des sources officielles. Des chars et des blindés ont été déployés dans la capitale Manama. Les événements politiques qui touchent Bahrein posent la question de l'organisation de la première manche du championnat du monde de F1 le 13 mars prochain. La police de Bahreïn a démantelé par la force dans la nuit de mercredi à jeudi... ... réclamant des changements politiques dans le royaume. Le ministère de l'Intérieur a écrit sur Twitter que les forces de sécurité avaient «vidé la place de la Perle» à Manama et qu'une grande avenue de la capitale était partiellement fermée. On dénombrerait au moins trois morts. La place où campaient les manifestants était encore occupé dans la nuit de mercredi à jeudi 17 février. Mercredi 16 février les manifestants ont enterré les premières victimes de la répression. Des manifestants chiites ont passé la nuit de mardi à mercredi installés sous des tentes à Manama, la capitale de Bahreïn. Ils exigent des changements dans le royaume dans le cadre d'une mobilisation inspirée par les révolutions en Tunisie et en Egypte. Les manifestations ont déjà fait 2 morts. Les premières manifestations importantes dans le pays ont eu lieu le 14 février... ... , quelques jours après la chute du régime de Hosni Moubarak en Egypte.

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La tension reste vive à Bahreïn, où l'armée a ouvert le feu sur des manifestants vendredi près de la place de la Perle et blessé des dizaines de personnes. Le prince héritier a promis le dialogue avec l'opposition après le retour au calme.

«Je ne fais aucune différence entre un Bahreïni et un autre, et ce qui se passe actuellement est inacceptable», a déclaré le prince Salman ben Hamad Al-Khalifa, qui s'est invité dans une émission politique de la télévision officielle.

«Bahreïn n'a jamais été un Etat policier», a-t-il ajouté, soulignant: «Je ne mens pas. Tous ces gens sont mes concitoyens et la phase que nous traversons est délicate et requiert qu'on soit tous responsables», a-t-il dit.

Mais la situation est loin d'être paisible: l'armée a fait vendredi des blessés blessés en tirant sur les manifestants qui tentaient de se rendre sur la place de la Perle, dans le centre de Manama.

Djalal Firooz, un représentant du bloc Wefak qui a démissionné du parlement jeudi, a expliqué que des militaires, qui ont pris la relève de la police sur la place, ont tiré sur des manifestants. M. Firooz précise qu'»il y a de nombreux blessés, dont certains sont dans un état critique».

Un photographe de l'APF évoque pour sa part des dizaines de blessés. Selon la télévision du Hezbollah libanais, al Manar, qui cite un médecin de l'hôpital Salmania de Manama, 25 blessés ont été admis dans l'établissement, deux d'entre eux grièvement atteints.

Armée déployée dans la capitale

L'armée s'était auparavant déployée sur la place, ainsi que sur les points stratégiques de Manama. Il s'agissait de la première manifestation depuis la dispersion par la force, jeudi à l'aube, d'un sit-in de centaines de protestataires qui campaient sur la place de la Perle à Manama pour réclamer des réformes politiques.

Quatre personnes ont été tuées dans cette violente répression selon les familles et l'opposition, ainsi que plus de 230 personnes ont été blessées, ainsi que des dizaines arrêtées.

Plusieurs milliers de chiites ont assisté aux funérailles des victimes de la répression de jeudi, en scandant des slogans. «Ni chiites, ni sunnites. Unité nationale», mais également «Le peuple veut la chute du régime».

«Un massacre» selon un dignitaire chiite

Le dignitaire chiite le plus en vue de Bahreïn, le cheikh Issa Kassem, a qualifié de «massacre» cette intervention. Il a dit que le gouvernement avait fermé la porte au dialogue mais s'est gardé d'appeler ouvertement à de nouvelles manifestations.

Le chef de la diplomatie bahreïnie, le cheikh Khaled Ahmed Khalifa, a justifié l'intervention de la police en faisant valoir que le pays était «au bord d'un gouffre de sectarisme».

En raison des tensions, l'opposition a décidé vendredi de reporter à mardi une marche prévue initialement samedi. A l'initiative de sept groupes de l'opposition, cette marche devait converger vers la place de la Perle.

A Manama, des centaines de partisans du gouvernement ont de leur côté défilé dans les rues en brandissant drapeaux et portraits du roi Hamad ibn Issa Khalifa. Des télévisions ont montré des hommes, des femmes et des enfants portant des vêtements traditionnels.

Population chiite discriminée

Bahreïn, un petit archipel du nord-ouest du Golfe, est gouverné par la dynastie sunnite des Al-Khalifa, mais sa population est majoritairement chiite et s'estime discriminée en matière d'emploi, de logement et d'accès aux services sociaux et publics.

Bahreïn fait figure de parent pauvre à côté des autres monarchies pétrolières du Golfe, ses réserves de pétrole étant pratiquement taries. Entre 1994 et 1999, le pays a été secoué par des violences animées par des chiites, qui avaient fait une quarantaine de morts.

(ats)