Syrie

22 août 2016 11:43; Act: 22.08.2016 12:07 Print

L'authenticité des images d'Omrane mise en doute

La TV d'Etat chinoise a mis en cause l'authenticité de la photo montrant un enfant syrien hagard et ensanglanté qui a fait le tour du monde. Elle soutient que les images pourraient être le fruit de «la propagande de guerre occidentale».

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Prise après un bombardement mercredi dernier sur le quartier rebelle de Qaterji à Alep, la photo d'Omrane, quatre ans, avait suscité l'indignation sur internet, et Washington s'était joint à l'émotion planétaire en voyant dans le garçonnet «le vrai visage» de la guerre en Syrie.

Pékin soutient fermement le régime syrien et est proche de Moscou, qui tous deux visent régulièrement via des frappes aériennes les quartiers est d'Alep, où se trouvait le garçonnet.

Propagande de guerre?

Or, la télévision centrale chinoise CCTV a qualifié durant le week-end les images d'Omrane de «vidéo soupçonnée d'être un faux».

«Des critiques ont estimé que (cette vidéo) fait partie d'une opération de propagande de guerre, destinée à appuyer un prétexte humanitariste pour une intervention des puissances occidentales en Syrie», expliquait en voix off le sujet télévisé.

Bombardements intenses

«Au lieu de poursuivre immédiatement des opérations de sauvetage, des gens ont préféré saisir une caméra», poursuivait-il.

Les images, largement partagées, montrent le petit garçon assis seul dans une ambulance, le visage recouvert de poussière et de sang, étourdi par le souffle de l'explosion causée par un raid sur Alep. Son frère Ali, âgé de dix ans, a succombé samedi à ses blessures, selon une ONG.

Alep, dans le nord de la Syrie, est le théâtre d'intenses bombardements et de combats entre les troupes de Bachar al-Assad et les insurgés pour son contrôle.

«Liens militaires plus étroits»

Quelque 333 civils y ont péri depuis le 31 juillet, quand les rebelles ont lancé une offensive majeure pour briser le siège imposé par le régime --et les enfants payent le prix fort des assauts.

Cependant, la Russie a rejeté vendredi l'idée selon laquelle l'une de ses frappes aériennes a pu blesser Omrane, assurant que le quartier Qaterji se situe à l'écart des zones bombardées par l'aviation russe.

L'amiral Guan Youfei, haut gradé chinois responsable de la coopération militaire internationale, avait rencontré la semaine dernière à Damas le ministre syrien de la Défense et affirmé que Pékin voulait développer «des liens militaires plus étroits» avec le régime syrien, selon la presse d'Etat.

(afp)