France

15 mai 2012 18:15; Act: 15.05.2012 20:15 Print

L'avion de Hollande touché par la foudre

La journée d'investiture du nouveau président français a été marquée par un incident lors de son vol pour Berlin. Frappé par la foudre, son avion a dû faire demi-tour.

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François Hollande doit rencontrer Angela Merkel en début de soirée à Berlin (Photo: AFP)

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Le président français François Hollande a été accueilli mardi soir à la chancellerie à Berlin par Angela Merkel, avec un retard de plus d'une heure lié à un incident de vol causé par un orage, a constaté l'AFP.

L'avion du président français François Hollande, en route vers Berlin, avait dû faire demi-tour à cause des intempéries. «L'avion aurait pu être touché par la foudre. Pour des raisons de sécurité, il a fait demi-tour.» vers l'Allemagne, a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense interrogé par l'AFP. Le nouveau chef de l'Etat, investi en fin de matinée, avait quitté la base militaire de Villacoublay vers 17H15 locales (15H15 GMT) à bord d'un Falcon 7X.

Rapidement, l'appareil a été contraint de faire demi-tour. Le président est reparti très vite pour Berlin, à bord d'un autre avion, un Falcon 900.

Un premier déplacement à l'étranger

Pour son premier déplacement à l'étranger, le jour même de sa prise de fonction, M. Hollande devait discuter avec la chancelière allemande de la crise en zone euro alors que la Grèce s'enfonçait dans la crise politique après les législatives du 6 mai qui n'ont pas permis de former un nouveau gouvernement.

Sous une pluie fine, le président français a été reçu avec les honneurs militaires comme le prévoit le protocole pour une première visite d'un chef d'Etat en Allemagne. La chancelière et M. Hollande ont échangé poignées de main et sourires devant une foule de photographes.

M. Hollande et Mme Merkel devraient donner une conférence de presse commune vers 21h00, après un entretien bilatéral d'environ une heure. Ils devraient ensuite dîner ensemble.

Selon Berlin, cette rencontre entre les deux dirigeants, résolus à continuer de faire du couple franco-allemand le moteur de l'Union européenne, ne vise pas à «prendre des décisions» mais à «faire connaissance». La pression de l'actualité devrait cependant les pousser à s'exprimer sur la situation en Grèce.

Prise de fonction officielle

Investiture solennelle, discours sur le rassemblement de la nation et bains de foule: François Hollande a officiellement pris ses fonctions de président français mardi et a nommé son premier ministre, le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault. Journée également studieuse: le socialiste devait rencontrer à Berlin Angela Merkel.

Après une journée forte en symboles passée sous les ors de la République, François Hollande a chargé le chef des députés socialistes Jean-Marc Ayrault, 62 ans, de former son premier gouvernement. Ce dernier devrait rassurer l'Allemagne, où le nouveau chef de l'Etat était attendu en soirée pour s'entretenir avec Angela Merkel.

Le rendez-vous a pris du retard, l'avion du nouveau président français a dû rebrousser chemin après avoir été touché par la foudre. François Hollande a pris place dans un deuxième appareil.

«Simplicité et dignité»

«A compter de ce jour, vous incarnez la France». C'est par ces mots prononcés par le président du Conseil constitutionnel que François Hollande, élu le 6 mai, est devenu mardi matin, à 57 ans, le septième président de la Ve République. Premier socialiste à s'installer à l'Elysée depuis 17 ans, François Hollande a immédiatement adressé un «message de confiance» aux Français.

«Le pays a besoin de réconciliation, de rassemblement, c'est le rôle du président de la République d'y contribuer, faire vivre ensemble tous les Français sans distinctions (...) autour des mêmes valeurs, celles de la République, tel est mon impérieux devoir», a-t- il dit, promettant «simplicité et dignité» à la tête de l'Etat.

Cette sobriété a été voulue par le président français, en contraste avec son prédécesseur, le conservateur Nicolas Sarkozy, accusé d'avoir exercé de façon ostentatoire le pouvoir et tenu un discours de division des Français.

Au-revoir Sarkozy

Nicolas Sarkozy a accueilli François Hollande au palais de l'Elysée à 10h00. Après une poignée de mains, les deux hommes se sont isolés pour la passation des pouvoirs au cours de laquelle le sortant a remis à l'élu les codes pour les armes nucléaires.

Puis, sous les applaudissements du personnel de l'Elysée, Nicolas Sarkozy a foulé le tapis rouge en sens inverse, avant de quitter l'Elysée en voiture en faisant le signe de l'au-revoir.

Marseillaise, honneurs militaires, coups de canon et air de Rameau. Une fois investi, le nouveau chef de l'Etat a ensuite remonté en voiture découverte l'avenue des Champs-Elysées jusqu'à l'Arc de Triomphe pour raviver, le costume trempé par une pluie battante, la flamme du tombeau du soldat inconnu.

Pour marquer ses priorités, l'éducation et l'intégration, François Hollande a rendu hommage à deux figures de l'histoire française: Jules Ferry, père de l'école laïque, gratuite et obligatoire à la fin du XIXe siècle, et Marie Curie, née en Pologne et devenue double prix Nobel français de physique et de chimie.

Entrevue délicate

Après la désignation de Jean-Marc Ayrault - la composition du gouvernement sera annoncée mercredi - François Hollande a fait son baptême diplomatique en se rendant à Berlin.

Le rendez-vous avec Angela Merkel est délicat. Le chaos politique en Grèce, où de nouvelles élections législatives sont nécessaires pour former un gouvernement, le rend d'autant plus crucial qu'une sortie de ce pays de la zone euro est désormais ouvertement évoquée.

La chancelière allemande avait soutenu Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale française, et refusé de rencontrer le socialiste auquel elle s'oppose sur les moyens de relancer la croissance en Europe. Le président français veut une renégociation du traité de discipline budgétaire européen, tandis que la cheffe du gouvernement allemand refuse toute relance par l'emprunt.

François Hollande a promis d'ouvrir «une nouvelle voie en Europe» en proposant à ses partenaires européens un pacte qui allie la croissance à la restauration des comptes publics.

(ats/afp)