Ratko Mladic arrêté

30 mai 2011 18:29; Act: 30.05.2011 19:45 Print

L'avocat de Mladic fait appel

Le défenseur de Ratko Mladic a décidé de faire appel pour éviter à son client un transfert au Tribunal pénal international.

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28.01 L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a refusé de témoigner mardi dans le procès de son alter ego politique, Radovan Karadzic, devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Goran Hadzic, le dernier fugitif réclamé par le Tribunal pénal international (TPIY) pour l'ex-Yougoslavie, arrêté mercredi en Serbie, a passé la plupart du temps de sa cavale en Russie. 20.07 Goran Hadzic, criminel de guerre en cavale recherché par le TPIY a été arrêté mercredi selon la télévision serbe. L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, a comparu vendredi devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye. Le 31 mai 2011, ce convoi conduit Ratko Mladic à l'aéroport pour qu'il puisse être extradé à La Haye, devant le Tribunal pénal international. Ratko Mladic, inculpé de génocide par la justice internationale, a appelé samedi ses sympathisants «au calme» en disant qu'il ne voulait «pas de bain de sang» ni «d'émeutes» Voici la maison dans laquelle se cachait Ratko Mladic. L'épouse de Ratko Mladic, Bosiljka, et son fils Darko se sont rendus vendredi dans le bâtiment où est détenu l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, arrêté la veille. L'arrestation du criminel de guerre fait la Une de tous les journaux serbes. Voilà à quoi ressemblait Mladic lors de son arrestation. Les premières images de Ratko Mladic, au centre, arrêté jeudi 26 mai 2011. L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, a été arrêté «aujourd'hui (jeudi) tôt dans la matinée», a déclaré le président serbe, Boris Tadic. Le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie réclame depuis des années l'arrestation de Ratko Mladic pour son rôle pendant la guerre inter-communautaire en Bosnie (1992-1995). Il est inculpé notamment pour génocide pour son rôle dans le massacre de Srebrenica (Bosnie), où périrent 8000 hommes et adolescents musulmans bosniens, et pour le siège de Sarajevo. Goran Hadzic, 52 ans, est le dernier criminel de guerre des Balkans encore recherché par le TPI.

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L'avocat de Ratko Mladic a interjeté appel lundi contre la décision du Tribunal serbe pour les crimes de guerre d'autoriser le transfèrement de son client vers le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), à La Haye. La justice a 3 jours pour rendre sa décision.

«J'ai posté l'appel il y a 10 à 15 minutes depuis une poste de Belgrade», a déclaré lundi en fin de journée Me Milos Saljic à l'AFP.

En début d'après-midi, Me Saljic avait précisé, devant le bâtiment du Tribunal pour les crimes de guerre, qu'il allait interjeter appel «dans les deux heures». «Le tribunal va sans doute examiner (l'appel) dans la journée de demain (mardi) car l'appel n'arrivera pas avant demain», avait-il estimé.

Un panel de trois juges doit examiner cet appel et disposera d'un délai de trois jours au maximum pour rendre sa décision. Si l'appel est rejeté, Ratko Mladic sera alors transféré à La Haye en avion, puis incarcéré au centre de détention du TPIY avant une comparution initiale au cours de laquelle il plaidera coupable ou non coupable.

A titre de comparaison, l'arrestation de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été annoncée le 21 juillet 2008 et son départ vers le TPIY a eu lieu le 30 juillet.

«Stratégie dilatoire»

La défense de Ratko Mladic a aussi déposé une demande pour la création d'une équipe médicale indépendante, comprenant notamment un cardiologue, un neurologue et un neuropsychiatre, afin d'examiner l'état de santé de l'ex-général, qui est «alarmant», selon son avocat, Me Milos Saljic.

Me Saljic s'est toutefois montré peu optimiste: «Maintenant, tout est entre les mains de la cour. Mais j'ai peur que cela ne dépende même pas de la cour mais de ceux qui ont promis un miracle, qui ont voulu le transférer à La Haye aussi vite que possible et qui affirment qu'il s'agit d'une personne qui est apte à suivre le procès».

Bruno Vekaric, porte-parole du procureur serbe pour les crimes de guerre, a dénoncé à l'AFP une «stratégie dilatoire» de la défense. Un juge avait décidé vendredi, sur la base d'un rapport médical, que Ratko Mladic pouvait être transféré.

Procès commun avec Karadzic?

De son côté, le bureau du procureur TPIY a indiqué lundi «étudier toutes les possibilités» concernant une éventuelle jonction des procès de Ratko Mladic et de Radovan Karadzic. «On étudie toutes les possibilités et dans les règles de procédure, il y a la possibilité de demander une jonction entre deux affaires», a déclaré à l'AFP Frédérick Swinnen, conseiller spécial du procureur Serge Brammertz.

«Le procureur n'a pas encore pris de décision et il étudie toutes les options possibles», a-t-il poursuivi, précisant que M. Brammertz «devrait en dire plus», lors d'une conférence de presse après l'arrivée de Ratko Mladic à La Haye où siège le tribunal.

Selon M. Swinnen, «une des possibilités, c'est qu'ils soient jugés pour une partie (des faits, ndlr) ensemble». A la question de savoir s'il s'agirait dans ce cas du massacre de Srebrenica, le conseiller a répondu «oui».

Radovan Karadzic et Ratko Mladic sont accusés des mêmes crimes de guerres, crimes contre l'humanité et génocides commis durant la guerre de Bosnie (1992-1995), dans lesquels ils ont tenu des rôles différents, a souligné M. Swinnen.

Aidé dans sa cavale

En attendant la décision cruciale sur son transfèrement, Ratko Mladic a reçu lundi la visite de ses petits-enfants et de son fils Darko, accompagné de sa femme.

Des détails inédits ont par ailleurs émergé sur sa cavale. Selon le président du Conseil national pour la coopération avec le TPIY, Rasim Ljajic, un nombre très restreint de personnes aidait le fugitif. Ce dernier s'est caché jusqu'en 2002 dans des établissements militaires dans des villages du sud-ouest de Belgrade.

Les autorités ont ensuite pu reconstituer son parcours depuis février 2006, de sa cachette dans le village de Ljube (40 km à l'ouest de Belgrade) jusqu'à Lazarevo chez son cousin où il a été arrêté.

Ratko Mladic est accusé notamment de génocide pour le massacre d'environ 8000 hommes et garçons à Srebrenica en 1995, mais aussi de crimes contre l'humanité pour son rôle présumé dans la guerre en Bosnie (1992-1995). Il encourt la prison à vie.

(ats/afp)