Immigration

13 février 2011 22:27; Act: 13.02.2011 22:27 Print

L'envoi de policiers italiens «inacceptable»

Le porte-parole du gouvernement tunisien a jugé «inacceptable» dimanche sur Al-Arabiya l'idée évoquée à Rome d'un déploiement de policiers italiens en Tunisie pour contenir l'immigration clandestine.

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«C'est inacceptable», a déclaré le porte-parole Taïeb Baccouche, interrogé sur l'annonce par le ministre italien de l'Intérieur Roberto Maroni qu'il allait demander le déploiement de policiers italiens en Tunisie pour tenter d'empêcher les nombreux départs d'immigrants clandestins depuis ce pays.

«Je demanderai au ministre tunisien des Affaires étrangères l'autorisation pour nos forces d'intervenir en Tunisie pour bloquer les flux. Le système tunisien est en train de s'écrouler», avait dit M. Maroni, membre du parti anti-immigrés et populiste de la Ligue du Nord, au journal télévisé TG5.

«Le peuple tunisien refuse le déploiement de soldats étrangers sur son territoire», a répliqué M. Baccouche, ajoutant sur la chaîne de télévision Al-Arabiya que le contrôle du littoral tunisien «relève de la compétence des autorités tunisiennes».

Il a déploré les déclarations de M. Maroni, ajoutant toutefois qu'elles ne sont pas surprenantes dès lors qu'elles émanent d'un ministre appartenant à «l'extrême droite raciste».

A Tunis, une source proche du gouvernement a fait état de l'envoi de renforts pour enrayer le flux des clandestins des côtes tunisiennes vers l'Europe. «Les forces de la garde maritime travaillent jour et nuit pour arrêter ce flux. Elles ont arrêté beaucoup d'individus essayant de franchir les frontières», a ajouté cette source.

A Bruxelles, la Commission européenne a déclaré qu'elle examinait les mesures qu'elle pourrait prendre pour aider l'Italie.

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, est attendue lundi en Tunisie, pour une visite centrée sur la volonté de l'UE d'apporter son assistance aux réformes démocratiques dans ce pays après la chute mi-janvier du président Zine El Abidine Ben Ali, sous la pression de la rue.

Un porte-parole à Bruxelles a cependant indiqué dimanche soir à l'AFP, à propos des départs massifs de clandestins vers l'Europe ces derniers jours, que Mme Ashton évaluerait la situation sur le terrain, sans autres précisions.

L'Italie est confrontée depuis plusieurs jours à des débarquements incessants d'immigrants clandestins tunisiens, favorisés par le beau temps et une mer calme. Au total, quelque 5.000 personnes sont arrivées en cinq jours sur l'île de Lampedusa, distante de moins de 150 km des côtes tunisiennes.

(afp)