Gambie

24 juillet 2019 01:18; Act: 24.07.2019 06:50 Print

L'ex-président Jammeh aurait fait tuer des migrants

Selon d'anciens militaires, Yahya Jammeh aurait demandé de tuer des migrants arrêtés sur une plage de Gambie, en 2005.

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L'ancien président gambien à la tribune de l'ONU, en 2014. (Photo: Keystone)

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Une trentaine de migrants originaires du Ghana ont été exécutés sommairement par une unité paramilitaire sur ordre de l'ex-président gambien Yahya Jammeh, ont accusé mardi deux anciens membres de la garde présidentielle. Ils ont reconnu avoir participé au massacre.

Les meurtres, qui remontent à juillet 2005, visaient 30 Ghanéens faisant partie d'un groupe de migrants clandestins, arrêtés sur une plage de Gambie, alors qu'ils tentaient de se rendre en Europe. «Yahya Jammeh a ordonné l'exécution de ces ressortissants étrangers», présentés comme des «mercenaires», a déclaré devant la commission vérité et réconciliation (TRRC) Omar Jallow, ex-membre des «junglers», une unité officieuse de soldats choisis au sein de la garde nationale.

Selon son récit, qui confirme une enquête des ONG Human Rights Watch (HRW) et TRIAL, ces 30 Ghanéens ont été emmenés dans le village du président, Kanilai, avant d'être exécutés de l'autre côté de la frontière sénégalaise.

Exil en Guinée Equatoriale

Les autres migrants ont également été tués, à l'exception d'un unique survivant ghanéen, qui avait réussi à sauter du véhicule en marche. Yahya Jammeh, en exil en Guinée Equatoriale, a toujours démenti être impliqué dans ces assassinats.

Arrivé au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en juillet 1994 dans ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, Yahya Jammeh s'était fait élire en 1996 puis réélire sans interruption jusqu'à sa défaite en décembre 2016 face à l'opposant Adama Barrow.

Les défenseurs des droits de l'Homme accusent son régime de tortures systématiques d'opposants et de journalistes, d'exécutions extra-judiciaires, de détentions arbitraires et de disparitions forcées pendant ses 22 ans de pouvoir. Après six semaines d'une crise à rebondissements, il a finalement dû quitter son pays en janvier 2017 à la suite d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

(nxp/ats)