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13 juillet 2018 11:20; Act: 13.07.2018 12:59 Print

L'ex-roi d'Espagne pourrait être poursuivi par le fisc

Le ministère espagnol des Finances diligente une enquête pour savoir si Juan Carlos s'est rendu coupable de fraude fiscale et de blanchiment, en Suisse notamment.

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L'ex-roi Juan Carlos aurait utilisé son ancienne maîtresse Corinna zu Sayn-Wittgenstein comme prête-nom. (Photo: AFP)

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Il n'y a pas d'impunité fiscale, ni pour le citoyen moyen, ni pour la famille royale. Tel est le message que semble vouloir faire passer le ministère des Finances espagnol en ordonnant à l'Office compétent d'ouvrir une enquête sur les personnes impliquées dans les conversations révélées jeudi par le quotidien «El Español».

Dans ces enregistrements, l'ex-maîtresse du roi espagnol qui a abdiqué en juillet 2014, Corinna zu Sayn-Wittgenstein (notre photo AFP ci-dessous), affirme que le monarque l'a utilisée comme prête-nom pour mettre une petite fortune à l'abri du fisc, dans des comptes qui transiteraient par la Suisse et impliqueraient notamment un avocat genevois (lire «La Tribune de Genève» de ce jour).

Les experts du ministère des Finances espagnol estiment donc que les indices suffisent pour demander une enquête et que ces enregistrements «ont suffisamment de corps pour que le fisc lui consacre la plus haute attention et les vérifie». Et de rappeler que Juan Carlos de Borbón est obligé de déclarer tous ses biens à l'étranger depuis 2013.

Dès 233'000 euros

Le fisc note que même si la valeur des biens potentiellement cachés à l'étranger ne dépassait pas 233'000 euros (272'000 francs), le roi qui a régné sur l'Espagne post-franquiste de 1975 à 2014, pourrait être poursuivi pour fraude fiscale. Il pourrait également être poursuivi pour blanchiment, s'il était avéré que son hypothétique compte suisse servait à payer des tiers qui auraient auparavant géré ses investissements.

Le gouvernement espagnol a communiqué ce 13 juillet 2018 que ce qui est désormais appelé «les enregistrements de Corinna» étaient sous séquestre judiciaire et qu'il n'affectaient en rien l'actuel chef de l'Etat, Felipe VI, le fils de Juan Carlos de Borbón, qui lui a succédé en 2014.

(mam/nxp)