Autriche

14 septembre 2019 17:29; Act: 14.09.2019 17:36 Print

L'extrême-droite tient son nouveau leader

Norbert Hofer, l'un des idéologues du parti nationaliste et hostile à l'immigration, prend la tête du FPÖ, après le scandale dit de «l'Ibizagate» qui a coûté la place à son prédécesseur.

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Norbert Hofer. (Photo: AFP)

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Norbert Hofer a officiellement été élu samedi à la tête du parti d'extrême droite autrichien FPÖ. Il a promis de faire de cette formation «la plus puissante d'Autriche» lors des élections législatives anticipées du 29 septembre.

Avec son profil sans tache d'ancien ministre, Norbert Hofer succède à Heinz-Christian Strache qui avait dû quitter ses fonctions et son poste de vice-chancelier, à la suite de l'Ibizagate. Ce scandale de corruption a provoqué l'explosion de la coalition gouvernementale droite/extrême-droite mise sur pied fin 2017 à Vienne.

Dans une vidéo diffusée en mai et filmée en caméra cachée lors d'une soirée organisée aux Baléares en 2017 pour le piéger, Heinz-Christian Strache, visiblement pris de boisson, s'était montré disposé à offrir d'importants marchés publics à un oligarque russe en échange de financements occultes.

L'Autriche «a besoin de nous»

Le Parti de la liberté (FPÖ) pâtit toujours de l'Ibizagate et a passé «une phase vraiment difficile», a reconnu samedi Norbert Hofer. Mais il a promis un nouveau départ pour sa formation.

«Notre objectif est de devenir la formation la plus puissante d'Autriche parce que nous en sommes capables et parce que l'Autriche a besoin de nous», a-t-il lancé devant la convention du parti réunie à Graz (sud-est).

Élu avec 98,25% des voix, il a assuré que le FPÖ continuerait de combattre «l'islam politique» et s'emparerait de nouvelles thématiques comme la protection de l'environnement.

Norbert Hofer avait affirmé, le 7 septembre, que l'islam ne faisait «pas partie de notre culture, de notre histoire et n'en fera jamais partie». Cette religion est reconnue officiellement depuis plus d'un siècle en Autriche, où 8% de la population s'en réclame. Le nouveau chef du FPÖ lui-même est converti au protestantisme qui est très minoritaire dans son pays.

Conservateurs en tête

Les conservateurs (OeVP) de Sebastian Kurz sont donnés favoris pour les législatives et vont devoir retrouver un partenaire de gouvernement. Le FPÖ est crédité de 20% des intentions de vote, en baisse de six points par rapport aux résultats des législatives de 2017, mais cela pourrait suffire pour revenir au pouvoir avec la droite.

C'est très naturellement que le FPÖ s'est tourné vers Norbert Hofer: il connaît parfaitement les arcanes de la formation où il a pris ses premières responsabilités locales à l'âge de 24 ans. Il en est aussi l'un des idéologues, auteur du programme de ce parti nationaliste et hostile à l'immigration.

Le grand public a découvert cet ingénieur aéronautique lors de sa finale perdue à la présidentielle de 2016 face à l'écologiste libéral Alexander Van der Bellen. Les Autrichiens l'ont retrouvé ministre des Transports du gouvernement Kurz où il a été, parmi les six ministres FPÖ, l'un des plus consensuels.

Avec son allure débonnaire, sa voix douce, il incarne un visage familier au sein de ce parti fondé par d'anciens neonazis dans les années 50. Père de quatre enfants, Norbert Hofer, qui cultive une image de notable de province, est né près de la frontière hongroise, dans le Burgenland (est) où il vit toujours.

«Loup sous une peau de brebis»

«Loup sous une peau de brebis», selon Christian Rainer, rédacteur en chef à l'hebdomadaire Profil, Norbert Hofer s'est gardé d'exclure les éléments les plus radicaux du FPÖ, malgré de nombreux dérapages antisémites, craignant le provoquer une dissidence.

Fortement handicapé après un accident de parapente ayant failli lui coûter la vie en 2003, il se déplace avec une canne mais continue de piloter avec passion.

Dans tous les cas de figure, cet excellent orateur se voit sortir gagnant après les législatives. «Si les conservateurs souhaitent former un gouvernement avec la gauche et les écologistes, je leur souhaite un bon voyage», a-t-il dit récemment ironisé. «Car dans ce cas, nous remonterons à 30% dans les sondages».

(nxp/ats)