Amérique latine

11 avril 2019 02:29; Act: 11.04.2019 02:32 Print

L'héritage de Zapata déchire le Mexique

Cent ans après sa mort, le Mexique reste déchiré par l'héritage du révolutionnaire Zapata.

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La militante amérindienne Marichuy Patricio a lu un message du «sous-commandant Moises», l'actuel chef du mouvement zapatiste mexicain (EZLN). (10 avril 2019) (Photo: AFP)

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Des manifestations ont ponctué mercredi les commémorations marquant le 100e anniversaire de la mort du révolutionnaire mexicain Emiliano Zapata, soulignant les divisions autour de l'héritage de cet emblématique leader paysan à la célèbre moustache.

Zapata, l'un des principaux dirigeants de la Révolution mexicaine qui a éclaté en 1910, a été tué par une faction révolutionnaire rivale lors d'une embuscade, le 10 avril 1919, laissant inachevée sa lutte pour les droits des Mexicains et des paysans autochtones.

Andres Manuel Lopez Obrador, le président de gauche «anti-système», qui se positionne en ardent défenseur de l'héritage de Zapata et de la cause indigène, a déclaré l'année 2019, «année de Zapata».

Slogans anti-gouvernementaux

Dans la ville de Chinameca (centre), où le leader révolutionnaire a été abattu, des centaines de manifestants ont toutefois crié des slogans anti-gouvernementaux alors que défilaient des chars et des jeunes vêtus aux couleurs de la guérilla de Zapata, avec sombreros à larges bords, chemises de paysans et cartouches en bandoulière.

«Nous savons que ce gouvernement, comme tous les mauvais gouvernements précédents du pays, veut détourner l'image d'Emiliano Zapata Salazar afin que sa lutte pour les droits à la terre meure avec lui» a critiqué la militante amérindienne Marichuy Patricio, lisant un message du «sous-commandant Moises», l'actuel chef du mouvement zapatiste mexicain (EZLN).

Le président mexicain a de son côté prononcé un discours à Cuernavaca, capitale de l'Etat de Morelos (centre) - d'où est originaire Zapata - où il a essuyé quelques cris hostiles de manifestants.

Méga-projets d'infrastructures

Au Chiapas (sud-est), fief du mouvement zapatiste, des milliers de personnes ont manifesté pour exiger du gouvernement le respect des droits fonciers autochtones. Les manifestants reprochent à M. Lopez Obrador ses méga-projets d'infrastructures comme le train maya, qui doit traverser la péninsule du Yucatan, et la construction d'une centrale à gaz dans l'Etat de Morelos qui, selon eux, nuiront à l'environnement et ne respectent pas le droit des peuples natifs.

Emiliano Zapata, décédé à l'âge de 39 ans, est considéré comme la deuxième figure la plus populaire parmi les révolutionnaires latino-américains après le guérillero argentin Ernesto «Che» Guevara.

(nxp/afp)