Paris

07 janvier 2016 12:34; Act: 08.01.2016 05:38 Print

L'homme abattu portait un emblème de l'EI

L'assaillant abattu jeudi par des policiers alors qu'il attaquait un commissariat à Paris était porteur d'un papier sur lequel figurent le drapeau du groupe Etat islamique et une «revendication manuscrite sans équivoque» en arabe.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

L'homme tué jeudi par la police alors qu'il attaquait un commissariat à Paris a été identifié et est connu des services de police pour une affaire de vol en 2013 dans le sud de la France.

A l'époque des faits, l'homme avait déclaré s'appeler Sallah Ali et se présentait comme un sans-domicile fixe, né en 1995 à Casablanca au Maroc. Ses empreintes digitales avaient alors été entrées au Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED), ont indiqué ces sources.

Il a crié «Allah Akbar»

L'attaque, qui rappelle à la France la permanence de la menace qui pèse sur elle, est survenue quelques minutes après un discours du président François Hollande demandant aux services de sécurité de mieux coopérer face au risque terroriste.

L'assaillant, non identifié, «porteur d'une arme blanche» et d'un «dispositif explosif fictif, s'est présenté devant le commissariat (...), a exhibé son arme et crié Allah Akbar avant d'être abattu par les policiers en faction», a précisé le procureur de Paris, François Molins.

Ont été découverts sur lui un téléphone portable et «un papier sur lequel figurent le drapeau de Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique) et une revendication manuscrite non équivoque en langue arabe», a-t-il ajouté dans un communiqué, précisant que le Parquet antiterroriste de Paris a été saisi.

Le corps de l'homme, vêtu d'un jean et d'une parka sombre, a été filmé par des chaînes de télévision, gisant sur le dos les bras en croix sur le trottoir devant le commissariat du quartier populaire et multiethnique de la Goutte d'Or, dans le nord de la capitale.

Grosse panique

Reka Polonyi, une professeure d'université de 30 ans, a raconté à l'AFP avoir vu deux policiers «crier sur un homme qui avançait très vite vers eux». «Comme il continuait à avancer, les policiers ont tiré sur lui alors qu'il n'était peut-être plus qu'à 2 ou 3 mètres. Puis l'homme est tombé».

Après les coups de feu, tout est allé très vite: «Les gens se sont mis a courir dans tous les sens», selon Shany Hasraf, employé d'un magasin proche.

Le quartier de la Goutte d'Or a été vite bouclé par des policiers fortement armés. Dans un premier temps, ils ont ordonné aux passants de se réfugier dans les magasins et les rideaux de fer ont été baissés. Les élèves de deux écoles dans la rue ont été confinés dans leurs établissements.

Après le discours du président

Le commissariat visé se trouve dans le 18e arrondissement, qui avait été mentionné, avec le quartier d'affaires de La Défense (ouest de Paris),comme une cible potentielle des jihadistes ayant commis les attentats du 13 novembre, les pires jamais survenus (130 morts) en France, et qui ont été revendiqués par le groupe EI.

Neuf assaillants sont morts dans les attaques et deux autres hommes, suspectés d'être impliqués dans les attaques, sont toujours recherchés par les polices européennes.

L'attaque jeudi est survenue peu après un discours du président Hollande dans lequel il a souligné, lors d'une cérémonie devant un aréopage de policiers, gendarmes et militaires, que «la gravité de la menace exige de porter encore plus haut notre engagement».

Virage sécuritaire

Evoquant des ennemis aguerris, il a jugé que «face à de tels adversaires, il est essentiel que chaque service - police, gendarmerie, renseignement, militaires - travaille en parfaite concertation, dans la plus grande transparence, et qu'ils mettent en commun toutes les informations dont ils disposent».

Les attentats de Paris de janvier et novembre 2015 ont conduit François Hollande à un virage sécuritaire, encouragé par l'opinion publique et les critiques sur les défaillances des services de sécurité.

La protection de la rédaction de Charlie Hebdo a notamment été pointée du doigt après le massacre d'une dizaine de ses membres le 7 janvier 2015. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait aussi piqué une colère froide devant l'absence de partage d'informations entre ses services.

«Renforcer les outils»

François Hollande a confirmé qu'un nouveau projet de loi pour renforcer le dispositif sécuritaire était en cours d'élaboration. Il devrait assouplir pour les conditions d'emploi par les policiers et militaires de leurs armes et faciliter les conditions d'enquêtes, perquisitions et interpellations.

L'idée est de «renforcer de façon pérenne les outils et moyens mis à la disposition des autorités administratives et judiciaires» françaises, en dehors du cadre temporaire de l'état d'urgence instauré après les derniers attentats du 13 novembre et qui doit s'achever fin février, selon l'entourage du chef de l'Etat. «L'état d'urgence dans une démocratie n'a pas vocation à durer», a dit François Hollande.

Le 7 janvier, les frères Chérif et Saïd Kouachi avaient tué12 personnes au siège de Charlie Hebdo. Le lendemain, Amédy Coulibaly, lié aux frères Kouachi, avait tué une policière puis tué quatre personnes le 9 janvier dans un magasin cacher.

Les hommages aux tués et blessés lors de ces attaques, organisés depuis le début de la semaine, doivent culminer dimanche avec un rassemblement Place de la République autour d'un chêne du souvenir. Ce lieu a été transformé depuis un an en mémorial pour toutes les victimes d'attentats.

Depuis plusieurs années, les attentats ou projets d'attaques, se sont multipliés en France, visant notamment des policiers ou des militaires. Le 20 décembre 2014, un homme avait blessé à l'arme blanche trois policiers dans le commissariat de Joué-les-Tours (centre-ouest) en criant «Allah Akbar» avant d'être tué par des policiers.

(nxp/afp)