Etats-Unis

09 janvier 2019 21:46; Act: 10.01.2019 00:11 Print

Impasse budgétaire: Trump claque la porte

Donald Trump a quitté avec fracas une rencontre destinée à trouver un terrain d'entente avec les ténors démocrates sur son projet controversé de mur.

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Donald Trump continue son bras de fer avec les Démocrates pour obtenir son mur. (Photo: Keystone)

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Englué dans un bras de fer budgétaire aux conséquences politiques incertaines, Donald Trump a abruptement quitté mercredi une rencontre avec les ténors démocrates sur son projet de mur à la frontière avec le Mexique.

«Le président s'est levé et est parti», a relaté Chuck Schumer, leader des démocrates au Sénat, juste après cette brève réunion à la Maison Blanche. «Une nouvelle fois, nous avons assisté à un caprice parce qu'il ne pouvait obtenir ce qu'il voulait...».

«Je viens de quitter une rencontre avec Chuck (Schumer) et Nancy (Pelosi), totale perte de temps», a lancé, presque simultanément, le président américain dans un tweet rageur. «J'ai dit bye bye», a ajouté le 45e président des Etats-Unis.

Au lendemain d'un discours solennel depuis le Bureau ovale, au cours duquel il a usé d'un ton dramatique pour tenter de rallier coûte que coûte les Américains à son projet sécuritaire phare, M. Trump a réaffirmé qu'il ne bougerait pas sur sa promesse de campagne emblématique.

Les discussions sont dans l'impasse. Le locataire de la Maison Blanche réclame 5,7 milliards de dollars pour «une barrière en acier» ou un mur afin de freiner l'immigration illégale. Les démocrates refusent de débloquer des fonds pour ce projet qu'ils jugent «immoral» et inefficace.

800'000 fonctionnaires non payés

Or la paralysie budgétaire a des conséquences très concrètes: depuis plus de deux semaines, quelque 800'000 fonctionnaires fédéraux ne sont plus payés. Et le record du plus long «shutdown» de l'histoire est sur le point de tomber: 21 jours, entre fin 1995 et début 1996, sous le présidence de Bill Clinton.

Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, a accusé le président d'être obnubilé par cette construction et d'en oublier la dimension humaine de la crise budgétaire en cours pour les fonctionnaires concernés.

«Il pense peut-être qu'ils peuvent juste demander plus d'argent à leur papa. Mais ils ne peuvent pas», a-t-elle lancé dans une allusion à peine voilée aux sommes énormes que Donald Trump a reçues de son père au début de sa carrière.

«Le président a distribué des bonbons»

Peu après ce clash pour le moins inhabituel dans l'enceinte de la Maison Blanche, le vice-président Mike Pence, présent lors de la réunion, est lui aussi venu s'exprimer devant les journalistes, pour tenter de dédramatiser la spectaculaire sortie du tempétueux magnat de l'immobilier.

«Le président est entré dans la pièce et a distribué des bonbons», a-t-il lancé dans un sourire. «Je ne me souviens pas l'avoir entendu élever la voix ou taper du poing», a-t-il ajouté.

«Le parti est très très uni», avait assuré peu avant le président américain à l'issue d'une rencontre avec les sénateurs de son parti sur la colline du Capitole. «Les républicains veulent la sécurité aux frontières (...), ils veulent une barrière en acier ou un mur en béton, peu importe».

Bataille de communication

Pour le sénateur républicain de Louisiane John Kennedy, les choses sont claires: le président a indiqué lors de la rencontre qu'il n'avait pas l'intention «de céder d'un millimètre».

La veille, en neuf minutes diffusées en direct sur les principales chaînes du pays, M. Trump n'avait proposé aucune nouvelle porte de sortie, ciblant les immigrants clandestins qu'il a accusés de faire couler «le sang américain».

Dans cette bataille de communication pour savoir qui est le principal responsable de la paralysie, M. Trump affirme bénéficier du soutien de nombre de fonctionnaires placés de facto en congé sans solde. «Beaucoup disent c'est très dur pour moi, c'est très dur pour ma famille, mais M. le président vous agissez comme on doit le faire », a-t-il avancé.

Trump au Texas jeudi

M. Trump a encore une fois évoqué l'hypothèse de déclarer une «urgence» nationale pour activer des pouvoirs extraordinaires, une procédure qui plongerait le pays dans une extraordinaire bataille politico-judiciaire.

Le fils aîné du 45e président américain, Donald Trump Jr, a de son côté suscité des réactions outrées en comparant l'efficacité du mur voulu par son père à un enclos de zoo. «Savez-vous pourquoi vous pouvez apprécier une journée au zoo? Parce que les murs, ça marche», a-t-il écrit sur Instagram.

Donald Trump poursuivra jeudi son offensive en se rendant à la frontière, au Texas, où il devrait encore une fois marteler son message sécuritaire.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Coralie le 09.01.2019 22:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pauvre Trump enfant gâté !

    Pauvre enfant gâté! Le pauvre n'obtient pas son jouet alors il tape des pieds par terre!

  • ptit rapporteur le 09.01.2019 22:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    comme disais

    mes parents: Quand il a une idée dans le crâne il l'a pas dans le c..

  • Ant le 09.01.2019 22:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Rien ne change

    C'est une vraie télé réalité à lui seul ce mec! Surréaliste!

Les derniers commentaires

  • Jean Luc le 10.01.2019 20:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas d'avion pour Trumpy

    Une bonne nouvelle, il ne viendra pas à Davos, shutdown oblige, hihi, bienfait pour ce prétentieux, les autres dirigeants auront la paix et nous aussi !

  • Jean Luc le 10.01.2019 13:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pauvre orange

    La majorité de l'immigration passe par les voies légales, un visa touristique.... La drogue utilise aussi led voies légales via l'importation de marchandise. Comble de l'ironie, le shutdown paralise le service de sécurité interieur, celui là même qui est censé vérifier les papiers et les marchandises.....

  • en passant le 10.01.2019 08:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pleine crise

    si l'on analyse la photo accompagnant le texte on voit les regards de collaborateurs inquiets s'interrogeant sur la non maîtrise de la situation de leur (patron)

  • marcellina le 10.01.2019 07:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Trump immigré

    Tous des immigrés ces américains pourquoi pas le dire franchement .

  • @Tellserapris le 10.01.2019 06:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Roi Junker est mieux ?

    Avec 800 mil fonctionnaires pas payés il arrivera aux 5 milliards. Somme modeste pour les USA. Ils ne veulent pas brader leur pays pour des conquérants économiques, comme à l'image de l'Europe qui se ruine pour eux. Sauf des ex-pays dits de l'Est qui ont les pieds sur terre. La vision des résidents suisses me choque, les suisses ne maitrisent plus rien c'est un fait et ils subissent avec les critiques "racistes" qui vont avec.

    • jarod gibbs le 10.01.2019 11:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @@Tellserapris

      Ça dépend, les femmes de ménage mexicaine payée au black et au lance pierre...ben y dit pas non...