Union européenne

09 novembre 2017 13:20; Act: 09.11.2017 13:24 Print

L'incertitude au sujet du glyphosate persiste

Les membres de l'UE n'arrivent pas à s'accorder sur la prolongation de cinq ans du pesticide controversé.

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(Photo: Keystone/Archives/Photo d'illustration)

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L'incertitude demeure concernant un accord sur le glyphosate au niveau européen. Les pays de l'UE ne sont pas parvenus à s'accorder sur la prolongation de cinq ans de la licence de cet herbicide controversé. Un nouveau vote pourrait avoir lieu en décembre à Bruxelles.

La nouvelle proposition de réautorisation faite par la Commission européenne, pour une période deux fois plus courte qu'elle ne le souhaitait initialement, n'a pas convaincu les pays les plus réticents, comme la France.

«Pas d'opinion», c'est le résultat du vote organisé jeudi à Bruxelles en l'absence d'une majorité claire, pour ou contre l'autorisation, a expliqué la Commission dans un bref communiqué.

Une majorité de pays (14) se sont prononcés en faveur de la proposition de la Commission. Mais pour être validée, sa proposition doit recueillir le soutien de 16 des 28 Etats membres, représentant au moins 65% de la population de l'Union européenne. «Prenant en compte ses obligations légales et le fait que l'autorisation actuelle expire le 15 décembre prochain, la Commission européenne va maintenant soumettre fin novembre la proposition à un comité d'appel», est-il précisé dans le communiqué.

La proposition initiale était de reconduire l'autorisation pour dix ans, après le feu vert donné par l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), mais la Commission avait tenu compte des appréhensions de nombreux pays et l'avait réduite à 5 ans.

Paris vote contre

«Un bon résultat pour notre santé et l'environnement», s'est félicitée la ministre luxembourgeoise Carole Dieschbourg sur Twitter. «La Belgique a maintenu sa position et demande un plan de sortie du glyphosate selon une élimination progressive (»phasing out«), et le support de l'UE au développement d'alternatives pour l'agriculture», lui a fait écho le ministre belge de l'agriculture Denis Ducarme.

La France, poids lourd démographique de l'UE, avait annoncé mercredi sa volonté de voter contre. «Paris est sur une position de trois ans», avait précisé le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot. L'Allemagne s'est pour sa part abstenue de voter.

Si le comité d'appel saisi par la Commission ne débouche toujours pas sur une décision majoritaire des Etats membres, la décision finale reviendra à la Commission européenne. Mais le commissaire à la santé Vytenis Andriukaitis a rejeté plusieurs fois l'idée d'assumer seul la responsabilité d'une décision de renouvellement, assurant qu'elle devait être «partagée» avec les Etats membres.

Divisions récurrentes

La réunion précédente du 25 octobre avait montré que les Etats membres restaient en effet très divisés sur le sort de cet herbicide controversé, classé «cancérogène probable» par le Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l'OMS.

Deux avaient défendu une autorisation pour trois ans, un autre une «élimination progressive» dans les cinq ans. Mais «plusieurs» Etats s'étaient prononcés en faveur d'un renouvellement pour 15 ans et avaient ajouté que le compromis le plus bas qu'ils pourraient accepter était de sept ans.

Les adversaires du glyphosate estiment, eux, que le principe de précaution devrait prévaloir. Sont venues s'ajouter à la controverse les accusations d'influence exercée par le géant de l'agrochimie Monsanto sur le contenu des études scientifiques publiées.

Au sein de l'Union européenne, les pesticides à base de glyphosate représentent un marché d'environ un milliard d'euros. La substance active, herbicide le plus utilisé dans l'UE, est plébiscitée par les cultivateurs pour son efficacité et son faible coût.

«Inacceptable»

Le principal syndicat européen d'agriculteurs, le Copa-Cogeca, a jugé en amont du vote de jeudi que la proposition portant sur cinq ans était «inacceptable».

«Ni les émotions, ni la politique ne devraient régir des décisions aussi importantes», a regretté le secrétaire-général du syndicat Pekka Pesonen.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Jean-Pierre Petillant le 09.11.2017 13:42 Report dénoncer ce commentaire

    Dépêchez-vous de nous faire tous mourir

    Vous avez bien raison de traîner les pieds, sous prétexte qu'on ne sait pas si c'est réellement dangereux ou pas...Quand il n'y aura plus d'abeilles ou d'autres animaux utiles à tous, morts à cause de cette saloperie, il sera trop tard ! Il me semble que le "principe de précaution", qu'on nous rabâche à longueur de journée pour bien moins que ça, devrait s'appliquer sans discuter ici ! Ah, oui, j'oubliais, que ceux qui doivent décider on certainement des actions chez les fournisseurs de pesticides ! C'est ballot, ça !

  • Au revoir le 09.11.2017 13:49 Report dénoncer ce commentaire

    Honteux

    L'utilisation de ce produit et une hérésie totale, un crime envers les générations futures et notre environnement. Je vomis sur Monsanto, c'est une honte que l'on héberge leur siège en Suisse. La Suisse devrait avoir le courage de sortir de sa "neutralité" sur des sujets aussi inadmissibles. DEHORS MONSANTO!

  • Sandrine le 09.11.2017 13:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le fric

    Le nerf de la guerre ! L argent ... dépitant ...

Les derniers commentaires

  • Marc le 10.11.2017 18:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Viandes

    Comme nos bêtes sont alimentées avec du soja Monsanto bourré à craquer de glyphosate, linterdire chez nous nest quune partie du problème. Continuer de manger ces viandes participe à la destruction de notre planète.

  • Chalouve le 09.11.2017 17:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    économie

    ça fait marcher l'économie ! plus de pesticides vendus, plus de médicaments vendus, moins de retraites versées...

  • Abby le 09.11.2017 15:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Permis despérer

    En même temps cela peut être une bonne nouvelle. Voilà 2 x quils hésitent. Messieurs, Dames je vous souhaite de tout coeur le courage nécessaire pour abolir lutilisation du glyphosate. Est-ce que cest un premier pas dans un système pas que axé sur largent ? Lavenir nous le dira.

  • Truth le 09.11.2017 15:08 Report dénoncer ce commentaire

    MagouilleChimiqueÀFric

    Mai non, mais non... il faut du temps pour trouver un nom et une couleur à ce nouveau glyphosate qui va être remplacé et commercialisé sans rien changer de sa toxicité. Vous comprenez !

  • Pitch999 le 09.11.2017 15:08 Report dénoncer ce commentaire

    La raison est pourtant connue

    Pognon, Pognon, Pognon... La santé ? quoi? Pognon, Pognon