Société

08 novembre 2018 01:27; Act: 08.11.2018 07:28 Print

L'inégalité des sexes s'installe dès l'enfance

L'Unicef estime que c'est dès le plus jeune âge que les inégalités se creusent entre les hommes et les femmes.

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Ce résultat débouche d'une étude réalisée auprès de 26'458 enfants et adolescents de 6 à 18 ans. (Photo: AFP)

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L'inégalité des sexes s'installe dès l'enfance, avec des filles davantage privées de «lieux de sociabilité amicale et de loisirs» et qui ne se mélangent pas aux garçons dans les cours de récréation, s'alarme l'Unicef France dans une enquête publiée jeudi.

Les filles subissent des «inégalités et discriminations spécifiques (...) dès le plus jeune âge», affirme cette étude réalisée auprès de 26'458 enfants et adolescents de 6 à 18 ans, à qui ont été posées 165 questions sur le respect de leurs droits, leur vie quotidienne, leur éducation, leurs loisirs et leur santé.

«Le fait d'habiter dans un quartier populaire ou prioritaire ou encore d'avoir des parents au chômage a un effet plus fort pour les filles que pour les garçons» en termes d'accès aux savoirs à la santé, ou à des lieux de loisirs, affirment les auteurs de l'enquête. «Ce sont des petites différences, mais le fait qu'elles soient systématiquement plus en défaveur des filles traduit un effet de genre dans la constitution des inégalités que l'on peut donc repérer dès l'enfance», ajoutent-ils.

Pour la sociologue et géographe Edith Maruéjouls, spécialiste du genre et co-auteur de l'étude (avec le sociologue Serge Paugam), ces résultats viennent confirmer que «les stéréotypes de sexe et sexisme sont intégrés dès le plus jeune âge», et que «les individus et la société finissent par y consentir».

Les filles sont certes un peu moins exposées que les garçons au risque de subir «souvent» des moqueries de la part des autres enfants ou adolescents - un phénomène dont se plaignent au total quasiment un tiers des jeunes interrogés, et même la moitié des enfants de 7 ou 8 ans.

Mais «elles sont deux fois plus souvent harcelées que les garçons sur internet, dans les transports en commun ou dans l'espace public», selon les auteurs. «Ce harcèlement vécu au quotidien engendre une relégation réelle des filles auxquelles on signifie que leur place n'est pas au-dehors, en tous cas, qu'elles ne sont pas, pour beaucoup d'entre elles, dans un climat bienveillant.»

«Tenue correcte exigée»

En outre, les filles subissent davantage de discriminations liées à leur tenue vestimentaire. «La "tenue correcte" exigée chez les filles est un problème récurrent dans les collèges et, de manière générale, dans la société». C'est une «charge mentale» pour des adolescentes devant éviter à la fois d'être cataloguées comme une «fille qui cherche ça» et de porter une tenue ne correspondant pas «aux critères attendus de la féminité», pointe l'enquête.

La différence entre les sexes est également perceptible en ce qui concerne le sentiment homophobe chez les adolescents: seuls 70% des garçons estiment que l'amour homosexuel est «le même» que l'amour hétérosexuel, alors que ce taux avoisine les 80% chez les filles. Une large majorité des enfants et adolescents interrogés estiment que les deux sexes peuvent jouer aux mêmes jeux, cependant on trouve presque deux fois plus de garçons que de filles (11% contre 6,9%) à affirmer le contraire.

«Chez les garçons, la première peur c'est d'être traité de fille. Quant aux filles, elles ne jouent pas avec les garçons car elles sont considérées par eux comme disqualifiées, moins bonnes, incapables», résume Edith Maruéjouls. Ainsi, dans les cours de récréation, les filles laissent les garçons occuper l'essentiel de l'espace, pour qu'ils puissent jouer au foot, et restent elles-mêmes à l'écart, observe l'universitaire.

Au-delà des écoles, les auteurs de l'étude constatent que, «à partir de l'entrée au collège, l'accès aux équipements de loisirs devient restreint pour les filles» et qu'elles «deviennent rapidement invisibles dans l'espace public», structuré notamment autour des stades, skateparcs ou autres boulodromes, estiment-ils. Ils appellent en conséquence les pouvoirs publics à «renforcer, diversifier et donner de la place aux activités des filles» dans l'espace public: pour Edith Maruéjouls, il faut «arrêter de construire des équipements dont on sait qu'ils ne créent pas de la mixité».

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • La Suisse le 08.11.2018 08:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    complémentaire

    Homme et femme pas égaux sur certains points mais complémentaires

  • David le 08.11.2018 08:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Non

    Non cest nimporte quoi !! A 8 ans personne dans une cour de récréation ne force les garçons et filles à jouer de manière séparée, ils le font deux même leurs idées et intérêts sont différents, cest naturel, namplifiez pas leur transformation en des robots !!!

  • David le 08.11.2018 08:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mixité ?

    Dailleurs je tiens à relever que des études sociologiques ont montré que les filles ont davantage de contacts amicaux que les garçons !!! En outre, si les filles préfèrent rester avec leurs copines tranquilles dans un parc et les garçons faire les sportifs dans des skateparks, je ne vois pas où est le problème !!! Une fille peut très bien aller au skatepark !!! À présent, ils veulent quoi des places bétonnées sans rien ou un centre des jeunes ? A Etoy des garçons ont monté une association et ont fait un skatepark, cest ce quils veulent, des places mixtes de rencontre cela nallait pas !!!

Les derniers commentaires

  • Trump le 09.11.2018 02:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    foutaise

    Complète, je preconise l asile psychiatrique pour les auteurs de cette sonnate lgbtiste.

    • GO Trump le 10.11.2018 13:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Trump

      Hahha je vous adore

  • Überman Dünor le 08.11.2018 20:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    des conneries tout ça

    En Suède, c'était 50/50 dans les jardins et parcs de jeux il y a encore 25 ans. Avant certains brassages de populations, en fait.

  • Eric le 08.11.2018 10:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Marrante

    Pour Edith Maruéjouls, il faut arrêter de construire des équipements dont on sait qu'ils ne créent pas de la mixité. Là elle se fout de nous non ? Donc on arrête de construire quoi ? Ah je sais, les salles de danse il n y a presque pas de garçons.

    • frac le 08.11.2018 11:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Eric

      exact, car les garçons qui veulent faire de la danse se font traiter de pédés par leurs copains à l'école... C'est un triste et véritable constat.

    • Daniel le 08.11.2018 11:50 Report dénoncer ce commentaire

      Tristesse de ce bas monde

      Donc les filles qui veulent faire de la danse, elles arrêtent ? Mais quelle tristesse !!!

  • Anne C. le 08.11.2018 10:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Maman de filles et garçons

    26'458 enfants et adolescents de 6 à 18 ans, à qui ont été posées 165 questions. Ce n est donc pas une réalité mais un ressenti. De plus les filles ont une sensibilité moyenne différente de celle des garçons donc évidemment elles vont ressentir les inégalités plus fortement. Ce qu on veux savoir c est l analyse froide et sans sentiments de cette situation qui n en est peut-être pas une ?

  • Nomo le 08.11.2018 09:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stop

    Oui, il faut que sur tout les sujets et pour toutes choses, les garçons et les filles pensent et fassent EXACTEMENT pareil!! 50,00%/50,00%!! Sinon cest de la discrimination!!! Vous vous marierez donc avec votre clone, messieurs dames! Quel bonheur!