Etats-Unis

11 octobre 2018 17:44; Act: 11.10.2018 17:44 Print

L'ouragan fait rage, mais les coups bas continuent

Contrairement à la tradition en cas de catastrophe naturelle, les politiciens en lice pour les élections de mi-mandat n'ont pas tous observé de trêve.

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C'est ce que les politiciens de Floride considèrent comme une règle tacite lors des campagnes électorales: lorsqu'une catastrophe naturelle, un attentat ou autre drame survient, les différents acteurs respectent un pacte de non agression et suspendent leurs affrontements acharnés. Force est de constater qu'à moins d'un mois des élections de mi-mandat, cette trêve n'a pas été respectée alors que l'ouragan Michael dévastait une partie de l'Etat.

Comme le relève le «Miami Herald», les républicains et les démocrates de l'Etat ont continué de s'écharper malgré les circonstances, donnant parfois lieu à des situations absurdes. Ainsi, des centaines de milliers d'habitants ont passé la matinée de mercredi les yeux rivés sur leurs écrans, écoutant religieusement les dernières informations et recommandations de leur gouverneur Rick Scott (républicain) et du maire de Tallahassee, Andrew Gillum (démocrate). Ces interventions étaient cependant entrecoupées de coupures pub lors desquelles leurs adversaires politiques expliquaient par A + B pourquoi ces deux hommes ne sont pas dignes de la confiance de la population.

L'une de ses publicités présentait Gillum comme une personne «corrompue», une autre décrivant Scott comme «un de ces millionnaires pas nets qui ne s'intéressent pas à vous».

Les deux intéressés ont rapidement contre-attaqué, reprochant à leurs adversaires de les attaquer à un moment particulièrement mal choisi. «Mon adversaire a décidé de laisser toute sa publicité négative à travers tout le Panhandle (ndlr: région de Floride), y compris ici-même, où nous préparons nos citoyens à un ouragan de catégorie 4», a réagi sur MSNBC Andrew Gillum en parlant de Ron DeSantis, candidat républicain. Selon le maire de Tallahassee, c'est du jamais-vu:« Il n'est jamais arrivé que des candidats à des bureaux d'envergure étatique ne retirent pas leurs publicités négatives pendant la saison des ouragans», a-t-il déploré.



Les enjeux politiques lors des catastrophes naturelles s'avèrent particulièrement délicats. Depuis plusieurs jours, le gouverneur républicain de Floride et le maire démocrate de Tallahassee, qui sont en première ligne, bénéficient logiquement d'une large exposition médiatique. Dans l'ombre, leurs adversaires respectifs se sentent lésés.


Le sénateur démocrate Bill Nelson a d'ailleurs été littéralement écarté d'une réunion de directeurs des services d'urgence qui se tenait lundi à Tallahassee. «Selon la tradition en Floride, il est non seulement déplacé de diffuser des publicités négatives (pendant un ouragan), ce n'est non plus pas de la bonne politique. Les gens s'inquiètent pour leur famille et leurs voisins, ils n'ont pas envie d'être bombardés de spots dénigrants», estime Bob Graham, ancien gouverneur démocrate.


(joc)