Turquie

12 novembre 2019 18:42; Act: 13.11.2019 08:20 Print

La «marieuse de Daesh» expulsée vers... la France

On la croyait britannique, elle est en fait française. La jeune femme qui attirait de jeunes musulmanes pour les marier à des jihadistes en Syrie figure sur la liste des personnes que la Turquie prévoit de renvoyer en France.

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«Les Britanniques ont peur, ils ne veulent rien avoir à faire avec nous. Mais ils le doivent. Nous ne pouvons pas rester pour toujours dans ces camps.» Depuis avril dernier, Tooba Gondal réclame son retour au pays. Celle que la presse britannique a surnommée «la marieuse de Daesh» ronge actuellement son frein en Turquie, en attendant de connaître son sort.

«Le Parisien» écrit ce mardi que la jeune femme de 25 ans figure sur une liste de 11 personnes que les autorités turques prévoient de renvoyer vers... la France. En effet, contrairement ce que semblait penser la presse d'outre-Manche, Tooba Gondal est de nationalité française, et non britannique. Née à Paris, elle a cependant très peu de liens avec ce pays, qu'elle a quitté dès l'enfance pour s'installer en Grande-Bretagne.

Retour imminent

Fille d'un homme d'affaires réputé, Tooba Gondal était étudiante l'Université Goldsmith de Londres quand elle a rejoint les rangs de l'EI, en 2014. Installée à Raqqa (Syrie), elle a endossé le rôle de «marieuse» de jihadistes. Sa mission? Assurer la propagande du groupe Etat islamique sur les réseaux sociaux dans le but d'attirer de jeunes musulmanes britanniques en Syrie, puis les faire épouser des combattants. Mariée à Al Lubnani, un terroriste libanais, Tooba Gondal savait parfaitement jouer de son influence.

En novembre 2015, la jihadiste s'était réjouie des attentats de Paris sur les réseaux sociaux. Après la mort de son premier mari en martyr, elle s'était remariée avec un terroriste pakistanais, qui a lui aussi fini par se faire tuer. Capturée début 2019 par les forces kurdes, elle était détenue avec ses deux enfants dans le camp d'Aïn Issa (nord-est de la Syrie). «Je regrette tout ce que j'ai fait, et je veux rentrer au Royaume-Uni pour avoir une seconde chance de recommencer ma vie à zéro», implorait-elle en avril dernier.

Trois autres femmes et leurs enfants sont visés par la mesure d'expulsion vers la France. Également incarcérées dans le camp Aïn Issa, elles avaient pu prendre la fuite lors de l'offensive turque, mi-octobre. La date de leur retour n'est pas fixée, mais elle serait imminente.

(joc)