Bruxelles

26 décembre 2008 20:37; Act: 26.12.2008 20:46 Print

La Belgique est toujours à la recherche d'un premier ministre

La recherche d'un nouveau premier ministre en Belgique ne semble pas encore toucher à sa fin.

Une faute?

Vendredi, Wilfried Martens, le sage chargé par le roi Albert II de sortir le pays de la crise politique, a déclaré qu'il s'agissait d'une «tâche énorme».

«Pour réussir un gouvernement stable, il faut une personnalité qui inspire la confiance», a-t-il expliqué dans une déclaration à la presse, laissant ainsi entendre que ses efforts n'avaient pas encore été couronnés de succès.

M. Martens s'est toutefois voulu optimiste. «J'ai eu un entretien de plus de trois heures, avec les présidents de la coalition actuelle. Cela s'est déroulé de façon très constructive», a-t-il assuré.

Appel du roi

Lors de son traditionnel discours de Noël, le roi des Belges Albert II avait appelé mercredi à la formation rapide d'un nouveau gouvernement pour remplacer celui d'Yves Leterme.

«J'espère vivement que le sens des responsabilité de chacun conduira rapidement à la formation d'un nouveau gouvernement en mesure de continuer à affronter efficacement les défis économiques, sociaux et financiers urgents de notre pays et d'avancer dans la nécessaire réforme de l'Etat», a déclaré le souverain.

Albert II avait accepté lundi soir la démission du gouvernement présentée vendredi par Yves Leterme suite aux accusations de pressions sur des magistrats dans l'affaire du sauvetage de la banque Fortis.

Consultations en cours

Le roi a confié à l'ancien Premier ministre Wilfried Martens, 72 ans, qui a dirigé neuf cabinets entre 1979 et 1992, une mission «exploratoire» pour tenter de former un nouveau gouvernement.

L'issue de sa mission reste incertaine, tant les tensions sont vives entre les partis belges.

A cause de la crise financière

Dans son discours, rédigé avec l'aval d'Yves Leterme, Albert II a relevé que la «nouvelle crise» qui secoue le pays «trouve son origine dans la crise financière internationale et ses répercutions en Belgique dans le domaine judiciaire».

Mais il ne s'est pas exprimé sur les fortes tensions des mondes politique et judiciaire suscitées par les soupçons de pressions de l'un sur l'autre et n'a pas proposé de réforme de ce domaine.

En revanche, Albert II a prôné un «contrôle efficace de tous les produits financiers» et la «création d'un organisme régulateur européen indépendant».

Tensions politiques

Le souverain a reconnu que «les tensions politiques avaient été fortes» entre la majorité flamande (60 % des 10,5 millions de Belges) et la minorité francophone (40 % de la population). «Mais je me réjouis beaucoup qu'un dialogue (sur une réforme de l'Etat) ait débuté», a-t-il souligné.

Ces négociations, lancées en octobre à la demande de la Flandre qui réclame plus d'autonomie, semblent toutefois au point mort.

(ats)