Amérique latine

23 août 2019 05:50; Act: 23.08.2019 06:03 Print

La Bolivie et le Paraguay aussi en proie aux feux

Les flammes ont déjà causé à la flore et la faune des dommages «irréversibles» en Bolivie et au Paraguay.

En Bolivie, quelque 654'000 hectares sont partis en fumée depuis mai.
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La Bolivie et le Paraguay sont, outre le Brésil, aussi confrontés à d'importants feux de forêt. Ils se sont engagés à combattre ensemble les flammes qui ont déjà causé à la flore et la faune des dommages «irréversibles», selon des défenseurs de l'environnement.

En Bolivie, quelque 654'000 hectares sont partis en fumée dans le département de Santa Cruz depuis le mois de mai, avec une forte recrudescence des feux en août. Depuis environ deux semaines, les pompiers boliviens font face à des incendies devenus hors de contrôle. Au Paraguay, touché dans sa partie nord, aucune donnée officielle n'est pour l'heure disponible.

Distincts des principaux feux qui affectent actuellement l'Amazonie brésilienne, ces incendies se situent plus au sud, aux confins de la Bolivie, du Paraguay et du Brésil. «Nous sommes en contact avec nos homologues de la république du Paraguay. Nous avons pris un engagement pour que nos deux pays travaillent ensemble, tant en Bolivie qu'au Paraguay», a déclaré jeudi le ministre bolivien de l'environnement et de l'Eau, Carlos Ortuno. Un avion bombardier d'eau, loué par le gouvernement, est attendu vendredi en Bolivie.

Cultures par brûlis

Ces incendies sont provoqués par la pratique des cultures par brûlis, utilisée par les paysans qui affirment que cela améliore la qualité des sols pour les semailles.

Parmi les zones les plus touchées figure le «Bosque seco Chiquitano», une aire de biodiversité endémique, où se trouve la réserve naturelle de Tucavaca. Dans la réserve, il y a «35 espèces d'animaux endémiques et plus de 55 plantes endémiques présentes seulement dans cette partie du monde», a expliqué une défenseuse de l'environnement.

Dans la zone, les incendies ont provoqué des dommages sur plus de 500 espèces animales, selon plusieurs organisations écologistes. «Nous allons reboiser et créer des centres de soins pour les animaux blessés», a promis mercredi le vice-président Alvaro Garcia. Mais pour le président du collège des ingénieurs agronomes de Santa Cruz, cité par le quotidien Los Tiempos, «le Bosque seco Chiquitano est unique au monde. Rétablir un bois de ce type prend plus de 200 ans».

Bolsonaro répond à Macron

Les feux de forêt en Amazonie sont devenus jeudi une crise internationale, l'ONU et le chef de l'Etat français interpellant vivement le président brésilien Jair Bolsonaro. Ce dernier a vertement répliqué à Emmanuel Macron, l'accusant d'avoir «une mentalité colonialiste».

Jair Bolsonaro, qui laisse entendre que les ONG sont à l'origine des incendies, a participé à une réunion de crise en soirée à Brasilia. En matinée, il avait lancé une nouvelle charge contre les défenseurs de l'environnement, qui ont appelé à des manifestations vendredi dans le monde.

Si l'avancée des feux dans la plus vaste forêt tropicale de la planète était très difficile à évaluer, l'Institut national de recherche spatiale (INPE) a fait état de près de 2500 nouveaux départs de feu en l'espace de 48 heures dans l'ensemble du Brésil. La déforestation, qui avance rapidement, est la principale cause des départs de feu.

(nxp/ats)