Elections législatives

04 décembre 2011 14:25; Act: 04.12.2011 21:16 Print

La Croatie bascule au centre-gauche

La coalition de centre-gauche a remporté dimanche les élections législatives en Croatie, face aux conservateurs au pouvoir, avec 44,5% des voix, selon un sondage à la sortie des bureaux de vote.

Une faute?

Les électeurs ont sanctionné le parti conservateur HDZ en raison de son incapacité à relancer une économie marquée par un fort ralentissement avant une intégration du pays dans l'Union européenne en 2013.

Le bloc Kukuriku obtient 83 sièges sur les 151 à pourvoir, indique un sondage réalisé pour la chaîne de télévision Nova qui accorde 40 élus au HDZ. Une autre enquête propose les mêmes chiffres.

C'est donc un gouvernement de centre gauche qui devrait présider aux destinées de la Croatie les quatre années à venir et c'est lui qui conduira le pays à l'adhésion à l'Union européenne, en juillet 2013. La Croatie doit signer cinq jours après le scrutin à Bruxelles le traité d'adhésion à l'UE.


Corruption, hausse du chômage

Les conservateurs, qui dominent la vie politique croate depuis l'indépendance en 1991, ont également été sanctionnés en raison de plusieurs affaires de corruption et d'une hausse du chômage.

Kukuriku, conduit par l'ancien diplomate Zoran Milanovic, 45 ans, du parti social démocrate SDS, va devoir prendre des mesures rapidement pour réduire les dépenses publiques et éviter une dégradation de la note de son pays.


Travailler plus

Lors de sa campagne, M. Milanovic a prévenu ses concitoyens qu'ils devront travailler «plus, plus dur et plus longtemps» afin de relancer l'économie de cet Etat de 4,3 millions d'habitants.

La Croate a fait sécession de l'ancienne fédération yougoslave au terme d'une guerre de 1991 à 1995 avec la Serbie. Depuis son économie a connu un remarquable essor grâce au soutien d'emprunts étrangers et grâce au tourisme.

Mais un ralentissement de cette croissance s'est fait sentir lorsqu'est survenue la crise en 2009 et la Croatie a été l'un des pays qui a mis le plus de temps à sortir de la récession.

Une nouvelle génération

Zoran Milanovic, dont la coalition de centre-gauche a largement remporté dimanche les législatives croates, selon un sondage à la sortie des bureaux de vote, paraît bien placé pour devenir le futur Premier ministre du pays.

Prudent pendant la campagne électorale, se gardant de faire des promesses inconsidérées, Zoran Milanovic, qui dirige le Parti social démocrate (SDP), est le représentant d'une nouvelle génération politique en Croatie.

Il n'a pas caché devant les électeurs que des «décisions difficiles» seraient nécessaires pour redresser l'économie du pays. Il y a quelques jours encore, il avait annoncé dans la presse locale un «régime» budgétaire pour tout le monde. «Il y aura de la sueur, certainement, j'espère sans du sang et des larmes».

Il est vrai que Zoran Milanovic et son gouvernement vont hériter d'une situation économique très délicate. Frappée de plein fouet par la crise, la Croatie a connu un recul économique presque constant depuis le début de 2009. Une faible croissance de 0,5% est prévue pour 2011 par la Banque nationale.

Soulignant son «mépris pour la culture de l'avidité» et préférant une «culture du travail», M. Milanovic a annoncé une imposition des dividendes des actions par son gouvernement.

Mais il a également promis des mesures destinées à stimuler le redressement économique, telles que la suppression de l'impôt sur les bénéfices réinvestis ou l'allégement des contributions pour toute embauche.

Souvent perçu comme une personne «arrogante», «solitaire» ou encore dépourvue des qualités de séduction politique, M. Milanovic a sillonné la Croatie ces dernières semaines pour essayer de corriger cette image distante et de se rapprocher des gens.

«Il avait une tâche difficile: lutter contre lui-même pour gagner les élections», écrivait récemment un hebdomadaire local, Forum.

Agé de 45 ans, Zoran Milanovic, que les médias et les analystes décrivent comme instruit, ambitieux et bon orateur, a rapidement grimpé les échelons au sein de sa formation, dont il a pris les rênes en 2007.


(ats/afp)