Santé

19 septembre 2019 15:17; Act: 19.09.2019 15:38 Print

La France inquiète des effets du vapotage

Après des alertes de pathologies pulmonaires sévères chez des utilisateurs de cigarettes électroniques aux USA, le gouvernement français veut éviter une pareille épidémie.

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Aux Etats-Unis, plus de 380 vapoteurs ont présenté récemment de sérieux problèmes pulmonaires. (Photo: AFP)

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Les autorités sanitaires françaises vont mettre en place un dispositif pour surveiller si l'usage des cigarettes électroniques s'accompagne ou non d'une épidémie de maladies pulmonaires sévères, comme cela semble être le cas aux Etats-Unis.

L'organisme Santé publique France a annoncé qu'elle était chargée d'élaborer, en lien avec le ministère de la Santé, «un dispositif de signalement des cas de pneumopathies sévères survenues chez des utilisateurs de dispositifs électroniques de vapotage (cigarette électronique, vaporisateurs) ou pratiquant le dabbing».

Le dabbing est une pratique qui se développe chez les consommateurs de cannabis: elle consiste à inhaler au moyen d'une pipe à eau de la vapeur issue d'une forme concentrée de cette drogue, chauffée avec un petit chalumeau.

380 cas problématiques

Ce dispositif de surveillance «fait suite à l'alerte survenue en août dernier de pathologies pulmonaires sévères chez des utilisateurs de cigarettes électroniques» lancée par les centres de contrôle sanitaires américains. Aux Etats-Unis, plus de 380 vapoteurs ont présenté récemment de sérieux problèmes pulmonaires et sept sont décédés.

Le dispositif français «s'appuie sur les signalements de pathologies pulmonaires graves prises en charge dans les hôpitaux».«Cette veille spécifique n'a pas pour objectif de surveiller les risques potentiels liés au vapotage, mais de détecter l'émergence d'une éventuelle épidémie de pneumopathies sévères en lien avec l'utilisation de dispositifs électroniques de vapotage, semblable à celle observée aux Etats-Unis», a précisé Santé publique France.

Identifier la cause

Le dispositif permettra aussi de «décrire les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et toxicologiques des cas, si possible de la composition des produits consommés, afin d'identifier la ou les causes de ces cas de pneumopathies sévères».

Aux Etats-Unis, la plupart des malades avaient acheté des liquides au THC, la substance psychoactive du cannabis, mais on ignore encore quel ingrédient, parmi les nombreux additifs, pourrait avoir endommagé les poumons.

Une huile de vitamine E a été citée comme cause possible par l'Etat de New York, mais les autorités sanitaires fédérales n'ont pas confirmé que cette molécule était la coupable.

(nxp/afp)