Ambassade en Iran

03 décembre 2011 11:45; Act: 03.12.2011 15:14 Print

La France réduit le personnel à Téhéran

L'ambassade de France à Téhéran dégraisse. Paris agit par précaution.

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La France a décidé de réduire temporairement le personnel de son ambassade à Téhéran après le saccage et la fermeture de l'ambassade de Grande-Bretagne. L'événement de mardi a provoqué un tollé international et placé le régime iranien sur la défensive.

Une partie du personnel diplomatique, ainsi que les familles de tous les fonctionnaires français en poste à Téhéran vont quitter l'Iran dans les prochains jours, selon un diplomate français. Il a souligné que cette décision ne concernait en revanche pas le reste de la communauté française.

«Il s'agit d'une mesure de précaution» après l'attaque mardi de plusieurs sites de l'ambassade britannique à Téhéran, totalement dévastés par quelques centaines de miliciens islamistes du régime, a précisé cette source.

Cette attaque, condamnée jusqu'au Conseil de sécurité de l'ONU, a provoqué un tollé international. La Grande-Bretagne a fermé en représailles l'ambassade d'Iran à Londres, tandis que plusieurs capitales européennes dont Paris et Berlin ont rappelé leurs ambassadeurs par solidarité.

Les diplomates iraniens expulsés sont d'ailleurs arrivés samedi matin à Téhéran, où il ont été accueillis en héros par des manifestants qui criaient «mort à l'Angleterre».

Pas les 700 expatriés

La mesure à l'ambassade de France devrait principalement concerner le personnel administratif, ainsi que les services culturel et économique et l'école française de Téhéran, selon ces informations.

Aucune instruction particulière de quitter l'Iran n'a en revanche été donnée aux quelque 700 Français, dont une centaine d'expatriés, vivant dans le pays.

Programme nucléaire controversé

La France est en pointe depuis deux ans, aux côtés des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, pour pousser la communauté internationale à isoler l'Iran par des sanctions économiques et politiques afin d'obliger Téhéran a renoncer à son programme nucléaire controversé.

Ce programme a été condamné par six résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont quatre assorties de sanctions, et les Occidentaux ont imposé en 2010 un embargo économique et financier sévère contre l'Iran.

C'est l'annonce par Londres d'un renforcement de cet embargo qui a provoqué l'attaque contre l'ambassade britannique, au lendemain d'une décision du Parlement iranien de réduire les relations avec la Grande-Bretagne.

«Un prix élevé»

Invoquant un problème purement bilatéral, l'Iran a invité samedi les puissances occidentales à se garder de provoquer une crise diplomatique majeure à la suite de la mise à sac de l'ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran par des manifestants.

«Le gouvernement britannique cherche à élargir à d'autres pays européens le problème existant entre Téhéran et Londres», a déploré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, cité par l'agence de presse officieuse Fars.

Pour la première fois, un haut dignitaire du régime iranien a pris ses distances samedi avec cette action des «bassidjis», la milice islamique du régime. Le Grand ayatollah Nasser Makarem Shirazi a estimé qu'elle allait coûter cher à l'Iran et n'avait pas eu l'aval du Guide de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, dont se sont réclamés les assaillants.

«Parfois, certaines actions illégales (...) peuvent fournir à l'ennemi un prétexte (pour réagir) pour lequel nous devons ensuite payer un prix élevé», a expliqué le dignitaire religieux proche du courant ultra-conservateur dominant le régime. Les bassidjis ne doivent «pas agir sans la permission du Guide suprême», a-t-il ajouté.

(ats/afp)