Grèce

08 mai 2012 15:35; Act: 08.05.2012 19:01 Print

La Gauche démocratique prête à participer

La Gauche démocratique est prête à participer à un gouvernement de coalition de gauche en Grèce, a déclaré mardi son chef de file, Fotis Kouvelis.

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Alexis Tsipras, leader de la Gauche radicale (Syriza a trois jours pour tenter de former un nouveau gouvernement. (Photo: AFP)

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La Gauche démocratique a obtenu 19 élus au parlement (sur 300) lors des élections législatives de dimanche.

Alexis Tsipras, leader de la Gauche radicale (Syriza), deuxième formation représentée à la Vouli avec 52 élus, a trois jours pour tenter de former un nouveau gouvernement, les conservateurs de Nouvelle Démocratie, vainqueurs du scrutin (108 députés), ayant renoncé.

Le Parti communiste (KKE) a déjà annoncé qu'il ne participerait à aucune coalition gouvernementale.

Moment «historique» pour le gamin de la gauche grecque

e chef de file de la gauche radicale grecque Alexis Tsipras se retrouve en première ligne pour former un gouvernement, poussé vers la lumière plus rapidement que ne l'avait sans doute prévu cet opposant chevronné et vieux routier de la politique malgré ses 37 printemps.
Pour le gamin de la gauche grecque, le moment est «historique», a-t-il déclaré lors de sa rencontre mardi avec l'octogénaire président de la République Carolos Papoulias.

Costume gris mais fidèle à son habitude de porter la chemise col ouvert, ce brun aux faux airs d'Elvis Presley était tout sourire pour recevoir du chef de l'Etat la mission, quasi-impossible vu la composition du parlement, de former un gouvernement.

Une décontraction qui ne l'empêche pas d'être habité par un sentiment de «responsabilité», a-t-il assuré: la coalition de gauche radicale Syriza, qu'il dirige depuis 2008, a été propulsée lors des législatives de dimanche second parti du pays et principal parti d'opposition.

Avec 16,78% des voix, le Syriza a quadruplé son score des élections de 2009 et fait voler en éclat la bipartisme qui dominait le pays depuis la chute du régime des colonels en juillet 1974.

Rejet de mesures «barbares»

Né quelques jours après la fin de la dictature, Tsipras a bâti le succès de son parti sur un rejet des mesures «barbares» du mémorandum d'accord entre la Grèce et ses partenaires internationaux qui conditionne les prêts d'aide au pays à un programme d'austérité drastique et des réformes structurelles.

«Le verdict du peuple (....) exclut un gouvernement qui applique le mémorandum et l'accord de prêt», a-t-il encore répété mardi.

Les ultimes sondages de la campagne, quinze jours avant le scrutin, créditaient le Syriza d'une troisième place aux élections. Son score final a étonné jusque dans les rangs du parti.

«C'est une surprise», confiait à l'AFP Anastassis Galanatis, un étudiant en sciences politiques de 21 ans venu au soir de la victoire partager sa joie sur une place du centre d'Athènes avec plusieurs centaines d'autres militants.

La foule ondulant au rythme de chants de lutte grecs et de la sono mondiale de Manu Chao comptaient de nombreux jeunes, qui forment une part importante des troupes du Syriza aux côtés des vétérans de la génération «Polytechnique», ces étudiants ayant participé à l'occupation de l'École Polytechnique d'Athènes, évacuée dans le sang par les chars des colonels le 17 novembre 1973.

Lien entre les générations

Alexis Tsipras fait le lien entre ces époques et même au-delà: il a partagé la tête d'affiche de la campagne avec le héros de la résistance grecque Manolis Glézos, 89 ans, qui avait décroché le drapeau nazi de l'Acropole durant la guerre et vient d'être élu député du Syriza.

Tsipras a lui-même débuté tôt en politique, au sein des Jeunesses communistes grecques KKE à la fin des années 80. Il a gagné ses premiers galons dans la révolte des lycéens contre une réforme libéralisant le système éducatif au début des années 90. Il est député depuis 2009.

Cet ingénieur de formation a ensuite suivi les courants du KKE partis former avec d'autres petites formations de gauche, au début des années 2000, la coalition du Syriza qui se distingue des communistes par son positionnement pro-européen.

La gauche radicale grecque a d'ailleurs noué des liens étroits avec ses homologues européens comme le parti allemand Die Linke ou plus récemment le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon auquel Tsipras avait exprimé son soutien pour la présidentielle française. Il est vice-président du parti de la Gauche européenne.

Père d'un enfant, il ne cache pas être un fervent supporteur de l'équipe de football athénienne du Panathinaikos.

(ats)