Allemagne

23 octobre 2013 20:17; Act: 23.10.2013 21:01 Print

La NSA espionne-t-elle le portable de Merkel?

L'Allemagne est en possession d'informations laissant penser que le téléphone mobile de la chancelière Angela Merkel aurait été placé sur écoute par la NSA. Barack Obama a démenti.

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La chancelière allemande a prévenu Washington qu'une telle surveillance, si elle était avérée, constituerait un fait «totalement inacceptable». (Photo: Keystone)

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La cheffe du gouvernement allemand s'est entretenue au téléphone avec son homologue américain et lui a demandé des éclaircissements immédiats et complets sur cette affaire, a ajouté le porte-parole.

La chancelière a également indiqué au chef de la Maison blanche que si une telle surveillance avait effectivement eu lieu, cela constituerait un fait «totalement inacceptable» et une «grave entorse à la confiance» mutuelle.

Barack Obama a assuré à Angela Merkel que les services de renseignement américains n'avaient pas surveillé ses communications, a indiqué de son côté la Maison blanche.

Le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney, a indiqué que M. Obama et Mme Merkel avaient parlé au téléphone mercredi. Lors de cette conversation, «le président a assuré à la chancelière que les Etats-Unis ne surveillent pas, et ne surveilleront pas les communications de la chancelière», a-t-il précisé.

Plus tôt à Berlin, la chancellerie avait révélé que «le gouvernement fédéral a obtenu des informations affirmant que le téléphone portable de la chancelière pourrait être surveillé par les services américains», et confirmé une conversation téléphonique entre M. Obama et Mme Merkel, à l'initiative de cette dernière.

«Elle a clairement affirmé que si de telles pratiques étaient confirmées, elle les désapprouverait catégoriquement et les considérerait comme totalement inacceptables», a ajouté la chancellerie.

M. Carney a assuré que «les Etats-Unis accordent une grande importance à notre coopération avec l'Allemagne sur un ensemble de questions de sécurité mutuelles».

Les mises en cause de Berlin sont intervenues au surlendemain de révélations du journal «Le Monde» sur la surveillance de données en France par l'agence de renseignement NSA, qui ont provoqué des protestations de Paris.

«Les Etats-Unis sont en train d'examiner la façon dont nous obtenons des données», a ajouté M. Carney, en affirmant que M. Obama et Mme Merkel s'étaient entendus sur la nécessité «d'intensifier la coopération entre nos services de renseignement, dans le but de protéger la sécurité des deux pays».

De son côté, le Mexique a annoncé mardi qu'il allait mener une enquête «exhaustive» sur les activités d'espionnage prêtées aux Etats-Unis.

Dimanche, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel révélait que la NSA avait espionné les courriels de l'ex-président mexicain Calderon à partir de mai 2010 et «systématiquement et pendant des années le gouvernement mexicain».

Le mois dernier, la présidente brésilienne Dilma Rousseff avait renoncé à une visite d'Etat aux Etats-Unis, à la suite de révélations sur la surveillance présumée de ses communications par la NSA.

«Les Etats-Unis sont en train d'examiner la façon dont nous obtenons des données», a ajouté M. Carney, en affirmant que M. Obama et Mme Merkel s'étaient entendus sur la nécessité «d'intensifier la coopération entre nos services de renseignement, dans le but de protéger la sécurité des deux pays».

(ats/afp)