Armement

02 février 2019 10:44; Act: 03.02.2019 07:22 Print

La Russie sort à son tour du traité nucléaire INF

Après les Etats-Unis qui ont suspendu leur participation au traité de désarmement nucléaire INF, Moscou a fait de même samedi.

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Vladimir Poutine a également annoncé la suspension russe au traité de désarmement nucléaire INF. (Photo: Keystone)

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Le président russe Vladimir Poutine a annoncé samedi que son pays suspendait sa participation au traité de désarmement nucléaire INF. Il répond ainsi à la suspension américaine entrée en vigueur le même jour.

«Nos partenaires américains ont annoncé qu'ils suspendaient leur participation à l'accord et nous la suspendons à notre tour», a déclaré M. Poutine, au cours d'une rencontre avec ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Sergueï Lavrov et Sergueï Choïgou.

La Russie ne prendra plus l'initiative de négociations sur le désarmement avec les Etats-Unis, a ajouté le chef de l'Etat, cité par les agences de presse russes.

«Nous attendrons que nos partenaires (américains) aient suffisamment mûri pour avoir un dialogue d'égal à égal et significatif avec nous sur cet important sujet», a-t-il dit.

Conclu en 1987

Les Etats-Unis ont annoncé vendredi leur retrait du traité INF conclu par l'URSS et Washington en 1987, pendant la Guerre froide, qui abolit l'usage des missiles terrestres d'une portée de 500 à 5500 km et qu'ils accusent la Russie de violer.

«Demain (samedi), les Etats-Unis vont suspendre leurs obligations dans le cadre du traité INF et enclencher le processus de retrait», qui «sera achevé dans six mois à moins que la Russie ne remplisse ses obligations en détruisant tous ses missiles, lanceurs et équipements qui violent le texte», a annoncé le président Donald Trump dans un communiqué.

Moscou rejette les accusations

La Russie avait pour sa part rejeté ces accusations «sans fondement», reprochant en retour à Washington de ne pas se conformer au traité INF et dénonçant la «stratégie des Etats-Unis» qui consiste selon elle à «s'affranchir de leurs obligations juridiques internationales».

Les premières accusations de violations russes avaient été portées sous la présidence de Barack Obama, en 2014, et Donald Trump avait dès octobre évoqué une sortie de cet accord qui avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales. Les nombreuses discussions des deux derniers mois n'ont permis aucun progrès et peu d'observateurs envisagent une percée d'ici au retrait définitif de Washington, début août.

Discussions possibles

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a de son côté assuré que Washington était néanmoins «prêt» à continuer de discuter avec la Russie «au sujet du désarmement».

Début décembre, de Bruxelles et avec le soutien de l'Otan, Mike Pompeo avait donné à la Russie 60 jours, jusqu'au 2 février, pour démanteler ses nouveaux missiles de longue portée violant le traité aux yeux des Américains et de l'Alliance atlantique. Faute de quoi, il avait menacé d'entamer la procédure de retrait, qui s'étend sur six mois.

(nxp/afp)