Elargissement de l'UE

08 décembre 2011 15:44; Act: 08.12.2011 18:32 Print

La Serbie retient son souffle

Belgrade retient son souffle avant la décision des Européens d'octroyer ou pas vendredi à la Serbie le statut de candidat à l'UE.

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Le gouvernement serbe multiplie les efforts pour tenter au tout dernier moment de venir à bout des réticences, en particulier allemandes.

L'accord obtenu le 2 décembre à Bruxelles sur les «points de passage» avec le Kosovo est considéré comme une avancée significative dans le dialogue engagé sous les auspices de l'Union européenne.

Depuis le début de la semaine, les négociations se poursuivent sans relâche pour progresser sur un autre point crucial, susceptible d'infléchir, pense Belgrade, tous les Européens sur l'octroi du statut: la représentation du Kosovo dans les conférences et réunions régionales.

La Serbie ne reconnaît pas l'indépendance du Kosovo et refuse par conséquent que Pristina soit représentée à ces forums comme un Etat à part entière. Pristina rétorque qu'il ne peut en être autrement et les négociations s'avèrent particulièrement ardues, puisqu'elles touchent au fond du problème entre la Serbie et le Kosovo: celui de la reconnaissance du Kosovo par la Serbie.

Mais les responsables serbes ont répété que Belgrade ne prendra pas une telle décision, qui serait contraire à la Constitution serbe et ses dispositions relatives à l'intégrité territoriale du pays. Belgrade considère le territoire du Kosovo comme celui de sa province méridionale.

Après les heurts de ces dernières semaines dans le nord du Kosovo entre la force internationale et des manifestants serbes, certains pays européens, en particulier l'Allemagne et l'Autriche, dont des soldats ont été blessés, ont exprimé leur vive réticence pour accorder à la Serbie le statut de candidat à l'UE.

La France, par contre, a fait savoir qu'elle y était favorable. Une telle décision nécessite l'unanimité des Vingt-Sept.

Encore une quinzaine de barricades

L'Union veut que la Serbie en fasse davantage pour convaincre les Serbes du nord du Kosovo, sur lesquels son influence est primordiale, pour démanteler leurs barricades érigées pour empêcher la présence des autorités de Pristina à la frontière entre le Kosovo et la Serbie.

Le président serbe, Boris Tadic, a appelé les Serbes du nord à démanteler ces barricades. Mais seules cinq d'entre elles, sur la vingtaine existantes ont été pour l'instant supprimées. Et les Serbes ne paraissent guère enclins d'aller plus loin.

Dans une contribution publiée jeudi dans le quotidien allemand «Frankfurter Allgemeine Zeitung», M. Tadic a lancé un vibrant plaidoyer en faveur de son pays, demandant aux Européens et tout particulièrement à Berlin de faire preuve de patience envers la Serbie.

Et M. Tadic d'évoquer «l'expérience de l'Allemagne de l'Ouest et celle de l'Est», dont les relations ont nécessité des «pourparlers longs et ardus».

(ats)