Protection des frontières

12 octobre 2018 12:40; Act: 12.10.2018 13:03 Print

Plus de pouvoir à Frontex? La Suisse est sceptique

L'UE souhaite étendre les compétences de l'agence de protection des frontières Frontex. La Suisse se montre très sceptique concernant cette proposition.

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L'UE souhaite étendre les compétences de l'agence de protection des frontières Frontex, la Suisse est plus réticente. (Photo: Keystone/Petros Giannakouris)

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Les ministres de l'Intérieur de l'UE abordent vendredi à Luxembourg la question de l'extension du mandat de l'agence de protection des frontières Frontex, qui doit lui donner plus de compétences. La Suisse est «très sceptique», a déclaré la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga peu avant la réunion.

La Commission européenne propose une expansion massive de Frontex en termes de personnel, de finances et de compétences, rappelle Simonetta Sommaruga. «Mais une telle expansion ne peut pas remplacer ce que chaque Etat doit faire dans le cadre de la politique d'asile».

Par conséquent, les tâches nationales devraient également être discutées, «car elles ne sont toujours pas résolues dans certains pays». Enfin, poursuit la conseillère fédérale, «nous savons que plus n'est pas forcément mieux».

La Commission européenne avait proposé d'élargir l'effectif de Frontex à 10'000 gardes-frontières déployables d'ici 2020. Aujourd'hui, l'agence compte environ 350 employés. Ce corps permanent a pour mission d'aider membres et non-membres de l'UE dans diverses tâches, notamment le rapatriement des migrants.

La Suisse n'est pas la seule à être sceptique. Plusieurs pays de l'UE craignent que la future Frontex assume des responsabilité dévolues aux Etats, ce qui entraînerait une perte de souveraineté. «Cette discussion doit être menée», selon Simonetta Sommaruga.

Plus de prisons

En ce qui concerne les directives sur le retour, dont les ministres de l'Intérieur s'entretiennent également vendredi, la ministre de la justice estime que les propositions de la CE «visent principalement à créer de nouvelles conditions de détention, donc plus de lieux à cette fin».

Ces 20 dernières années, la Suisse est cependant parvenue à la conclusion selon laquelle le retour volontaire «est non seulement moins cher, mais qu'il fonctionne, et qu'il est de surcroît plus humain», a-t-elle poursuivi. «Il faut bien sûr avoir parfois recours au retour forcé, mais il doit être utilisé comme ultime mesure».

Et dans ce domaine aussi, il est de notoriété publique que si les Etats n'ont pas rempli leur devoir de répression, «on peut construire autant de prisons que l'on veut, cela ne fonctionne quand même pas».

Coopération nécessaire

Simonetta Sommaruga critique les pays qui, depuis quelques temps, ont une approche unilatérale de la politique d'asile et des mesures restrictives, comme c'est le cas maintenant avec Frontex et le rapatriement.

«Il est bon qu'avec la présidence autrichienne de l'UE la protection des frontières extérieures ait gagné en importance, mais il faut une coopération et une solidarité entre les Etats membres», souligne Mme Sommaruga.

(nxp/ats)