Prêtre égorgé

19 février 2011 11:43; Act: 19.02.2011 15:23 Print

La Tunisie condamne le meurtre du prêtre

Le gouvernement tunisien a condamné l'assassinat d'un prêtre, retrouvé égorgé vendredi près de Tunis.

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Le meurtre d'un prêtre polonais vendredi près de Tunis a été vivement condamné samedi à la fois par le gouvernement tunisien et par le principal mouvement islamiste, Ennahda.

Le gouvernement tunisien, confronté à une vague de violences dans le pays après la chute du régime Ben Ali le 14 janvier, a condamné ce meurtre. Il a appelé tous les hommes de religion et les composantes de la société civile» à agir «avec détermination pour éviter que de tels actes ne se reproduisent».

Marek Rybinski, 34 ans, a été retrouvé mort «égorgé» vendredi dans le garage d'une école religieuse privée de la région de Manouba, près de Tunis, où il était chargé de la comptabilité. Il s'agit du premier meurtre d'un religieux et d'un étranger depuis la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali.

C'est «un groupe de terroristes fascistes ayant des orientations extrémistes qui est derrière ce crime, compte tenu de la façon dont il a été assassiné», avait affirmé vendredi le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, sans préciser s'il visait des islamistes ou des nervis de l'ancien régime.

«Manoeuvre»

Redoutant «des amalgames», le principal mouvement islamiste Ennahda a de son côté «vivement condamné» le meurtre du prêtre, y voyant «une manoeuvre pour détourner les Tunisiens des objectifs de la révolution».

«Nous dénonçons ce qui s'est passé et nous condamnons tous ceux qui sont derrière. Nous appelons les autorités tunisiennes concernées à découvrir les réelles circonstances de ce meurtre et à trouver les gens qui l'ont commis», a déclaré Ali El-Aryath, président de l'assemblée fondatrice d'Ennahda (Renaissance), redoutant que «tous les islamistes soient mis sur le même rang».

Ennadha a également dénoncé la manifestation d'islamistes vendredi dans le coeur de Tunis au cours de laquelle des manifestants ont tenté de mettre le feu dans une rue où travaillent des prostituées, avant d'être dispersés par la police et l'armée.

Sous le régime Ben Ali, la formation Ennahda était interdite et a été écrasée dans les années 90. Quelque 30'000 de ses membres ou sympathisants présumés ont été arrêtés tandis que des centaines d'autres étaient contraints à l'exil.

Le mouvement Ennahda a déposé une demande de légalisation au ministère de l'Intérieur. Il compte organiser un congrès dans quelque mois pour désigner un nouveau président, en remplacement de son chef historique Rached Ghannouchi, rentré en Tunisie fin janvier après plus de 20 ans d'exil.

(ats/afp)