France

17 février 2020 20:28; Act: 18.02.2020 06:36 Print

La bataille des retraites est lancée à l'Assemblée

Les quinze jours de débats pour l'examen du projet français de réforme des retraites ont débuté lundi à l'Assemblée nationale dans une ambiance agitée.

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L'Assemblée a rejeté mardi soir les motions de censure de droite comme de gauche opposées à Edouard Philippe et son recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites. Cette dernière est de facto adoptée en première lecture. (Mardi 3 mars 2020) Édouard Philippe a dégaîné samedi le 49-3, engageant la responsabilité du gouvernement pour faire adopter le texte sur la réforme des retraites sans vote à l'Assemblée Nationale. (Dimanche 1er mars 2020) Les manifestations contre la réforme des retraites a attiré moins de 100'000 personnes, en France. (Jeudi 20 février 2020) C'est parti pour un long marathon à l'issue incertaine: la bataille des retraites a démarré lundi en France à l'Assemblée nationale dans une atmosphère déjà électrique. (Mardi 18 février 2020) A protester holds a placard reading 'retirement at the age of 55 for the building industry' as he takes part in a march during a demonstration against the French government's pplan to overhaul the country's retirement system in Lyon, on February 20, 2020. (Photo by JEFF PACHOUD / AFP) Les manifestants étaient de retour dans la rue, en France, pour protester contre la réforme des retraites. (Jeudi 6 février 2020) Les cortèges étaient nettement moins fournis mercredi pour la huitième journée nationale interprofessionnelle contre la réforme des retraites. De son côté, l'exécutif se montre déterminé, malgré la mise en garde sévère du Conseil d'Etat. (Mercredi 29 janvier 2020) De nouvelles manifestations sont prévues jeudi en France contre la réforme des retraites controversée du gouvernement Macron.(16 janvier 2020) Le gouvernement a transmis aux partenaires sociaux deux projets de loi contenant sa réforme des retraites, avec un âge pivot à la clé. (Vendredi 10 janvier 2020) Nouveau round de concertations pour le projet de réforme des retraites contesté depuis plus d'un mois. L'Assemblée nationale examinera le projet à partir du 17 février et durant deux semaines, en procédure accélérée. (7 janvier 2019) Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris pour demander le retrait de la réforme des retraites, à l'appel des syndicats. (Samedi 4 janvier 2019) Dans un entretien à paraître dimanche, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a accusé le gouvernement d'organiser «le bordel» pour «pourrir» le conflit. (Photo d'archives) Les manifestants contre la réforme des retraites se sont rassemblés jeudi devant la Gare de L'Est à Paris. (26 décembre 2019) La mobilisation contre la réforme des retraites continue au 22e jour des manifestations. (26 décembre 2019) La circulation des trains restait «très perturbée» ce 26 décembre. Une nouvelle manif avait lieu près de la Gare de l'Est à Paris. Les transports devraient être encore être très perturbés jeudi en France, après un Noël au ralenti. (25 décembre 2019) La grève ne connaît pas de trêve pour Noël: plusieurs actions contre la réforme des retraites contre prévues ce mardi. (24 décembre 2019) Les grévistes mobilisés contre la réforme controversée des retraites veulent «maintenir la flamme» pendant les fêtes. (Lundi 23 décembre 2019) La réunion jeudi entre le gouvernement et les partenaires sociaux n'a pas permis de parvenir à un compromis sur la réforme des retraites. Le premier ministre Édouard Philippe a toutefois souligné des «avancées». (Jeudi 19 décembre 2019) Le président français Emmanuel Macron et son premier ministre Édouard Philippe «se sont accordés jeudi sur les orientations prises» concernant le conflit des retraites, a indiqué l'Élysée. (Jeudi 19 décembre 2019) Le gouvernement français, qui croit encore à une trêve de la grève dans les transports, accueille les syndicats jeudi. (19 décembre 2019) Les syndicats à l'origine de la mobilisation contre la réforme des retraites ont décidé mardi la poursuite du mouvement par des «actions locales le 19 et jusque fin décembre». (17 décembre 2019) La mobilisation contre la réforme des retraites en France pourrait atteindre un sommet mardi dans la rue à l'appel, pour la première fois, de tous les syndicats. (17 décembre 2019) Blocage d'entrepôts, opérations escargot, barrages filtrants: une grève d'une journée des routiers, à l'appel de quatre syndicats de leur branche pour réclamer de meilleures conditions de travail et de salaires, complique encore la situation. (16 décembre 2019) Les transports parisiens restaient bloqués lundi matin, avec huit lignes de métro fermées et un trafic très perturbé des trains de banlieue. Sur les routes en région parisienne, plus de 620 kilomètres de bouchons étaient enregistrés (16 décembre 2019) L'artisan de la réforme des retraites en France a reconnu samedi avoir exercé 13 mandats d'administrateur dans diverses fondations et organismes en plus de ses fonctions gouvernementales. (14 décembre 2019) La grève dans les transports en commun perdurait vendredi en France. La mobilisation pourrait se prolonger jusqu'à Noël malgré l'invitation au dialogue du gouvernement. (Vendredi 13 décembre 2019) La mobilisation en France contre la réforme contestée des retraites, qui paralyse les grandes villes du pays, entre jeudi dans sa deuxième semaine et pourrait s'amplifier. (12 décembre 2019) Edouard Philippe a détaillé «l'architecture» de la réforme des retraites. Une présentation vivement critiquée par l'ensemble des syndicats. (Mercredi 11 décembre 2019) La compagnie aérienne britannique à bas coûts est contrainte de biffer seize liaisons entre l'Hexagone et la Suisse, à cause de la grève en France. (10 décembre 2019) Dix lignes de métro sur seize seront closes mardi à Paris, et seuls 20% des TGV et trains de banlieue circuleront. (10 décembre 2019) C'est le chaos total sur les routes parisiennes. Les usagers jouaient des coudes pour tenter de monter dans les rares transports en service. (Lundi 9 décembre 2019) Les Français devraient connaître un lundi noir dans les transports alors que l'intégralité du projet de réforme des retraites doit être présenté mercredi. (9 décembre 2019) Vehicles run on the Paris' ring road, the 'Peripherique', on December 9, 2019 in Porte de Vincennes in Paris, during a strike of Paris public transports over French government's plan to overhaul the country's retirement system, as part of a national strike. (Photo by JACQUES DEMARTHON / AFP) Edouard Philippe a assuré au «JDD» qu'un gouvernement qui renoncerait à réformer les retraites aujourd'hui exposerait la France à une réforme «très brutale» plus tard. (Dimanche 8 novembre 2019) Une nouvelle épreuve de force contre la réforme des retraites est attendue ce week-end en France où les transports devraient encore être perturbés. (7 décembre 2019) Le premier ministre français Edouard Philippe a réexpliqué aux salariés bénéficiant de régimes dits «spéciaux», en particulier ceux des transports publics, sa volonté d'harmoniser «progressivement» les retraites. (vendredi 6 décembre 2019) Les syndicats français opposés à la réforme des retraites ont vendredi appelé à une nouvelle journée d'actions interprofessionnelle mardi. (6 décembre 2019) La police anti-émeute intervient contre les manifestants à Paris. (5 décembre 2019) Des manifestants jouent les prolongations à Paris. (5 décembre 2019) Affrontement entre police et manifestants en fin de soirée à Paris. (5 décembre 2019) Les pompiers aussi ont défilé à Paris. (5 décembre 2019) Affrontement entre police et manifestants en fin de soirée à Paris. (5 décembre 2019) Plusieurs centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue jeudi, en France, pour protester contre la réforme des retraites. (Jeudi 5 décembre 2019) Des secteurs entiers d'activité ont tourné au ralenti dans le cadre d'une mobilisation massive contre la réforme des retraites, promesse-phare du quinquennat d'Emmanuel Macron. (Jeudi 5 décembre 2019) Dans une atmosphère tendue, des militants radicaux des «Black blocks» ont avancé sur le boulevard Magenta derrière une banderole «Marx ou crève» avant d'être repoussés vers la place de la République par l'arrivée de brigades de la police nationale. (Paris, 5 décembre 2019) (Jeudi 5 décembre 2019) En fin d'après-midi, on comptait plus de 510'000 manifestants dans environ 70 villes, selon un décompte de l'AFP à partir de sources policières et préfectorales, qui ne prenait pas encore en compte l'importante manifestation parisienne. (Jeudi 5 décembre 2019) (Jeudi 5 décembre 2019) On comptait au moins 33'000 personnes à Toulouse, 25'000 à Marseille, 20'000 à Lyon. (Jeudi 5 décembre 2019) (Jeudi 5 décembre 2019) Manifestation à Nantes. (Jeudi 5 décembre 2019) La manifestation dégénère à Nantes. (Jeudi 5 décembre 2019) De premiers incidents ont éclaté jeudi peu avant 16 heures à Paris en tête de la manifestation contre la réforme des retraites qui rassemblait des milliers de personnes dans la capitale. (Jeudi 5 décembre 2019) Des dizaines de milliers de personnes étaient dans la rue partout en France. (Jeudi 5 décembre 2019) Des dizaines de milliers de personnes étaient dans la rue jeudi partout en France. (Jeudi 5 décembre 2019) Des manifestants à Rennes. (Jeudi 5 décembre 2019) Selon certains syndicalistes, une telle mobilisation n'a jamais été vue depuis 2010. Ici, Marseille. (Jeudi 5 décembre 2019) Les transports parisiens ont annoncé que la grève était reconduite jusqu'à lundi (Jeudi 5 décembre 2019). On dénombre quelque 180'000 manifestants dans une trentaine de villes. (Jeudi 5 décembre 2019) (Jeudi 5 décembre 2019) Des grévistes près de la place d'Italie, à Paris. (Jeudi 5 décembre 2019) La tour Eiffel fermée pour cause de grève. (Jeudi 5 décembre) La tour Eiffel fermée pour cause de grève. (Jeudi 5 décembre 2019) Une station de métro fermée, à Paris. (Jeudi 5 décembre 2019) Bords de Seine désertés, à Paris. (Jeudi 5 décembre 2019) RATP en grève. (Jeudi 5 décembre 2019) Gare St-Charles, Marseille. (Jeudi 5 décembre 2019) Gare St-Charles, Marseille. (Jeudi 5 décembre 2019) Gare St-Charles à Marseille désertique. (Jeudi 5 décembre 2019) Gare Saint Lazare, à Paris. Les touristes annulent leurs plans de voyage et Paris déploie des milliers de policiers. (Jeudi 5 décembre 2019) Le tableau à l'aéroport d'Orly photographié par une voyageuse. (Jeudi 5 décembre 2019)

Une faute?

C'est parti pour un long marathon à l'issue incertaine: la bataille des retraites a démarré lundi en France à l'Assemblée nationale dans une atmosphère déjà électrique. Le gouvernement vantant une «ambition immense» face à une opposition qui dénonce une réforme «injuste».

Les députés ont achevé cette première journée sur les retraites vers 23h20, sans commencer à examiner les 41'000 amendements que compte le volet ordinaire de la réforme. En ouverture des débats dans l'après-midi, le tout nouveau ministre de la Santé Olivier Véran a défendu un projet annoncé «de longue date» qui «a la légitimité d'un programme présidentiel», à l'ouverture des débats sur cette réforme hautement sensible. Voulue par le président français Emmanuel Macron, elle vise à créer un «système universel» de retraite par points.

Jusqu'ici rapporteur du volet organique de la réforme, le «marcheur» vient de succéder à Agnès Buzyn. Celle-ci a pris le relais, dans la course pour La République en marche (LREM) à la mairie de Paris, de Benjamin Griveaux emporté vendredi par une affaire de vidéos à caractère sexuel.

Le discours du nouveau ministre a vite été interrompu par des cris de l'opposition. «S'il vous plaît, ne commencez pas, vous aurez des heures, des jours et des nuits pour vous ébrouer dans la démocratie», a lancé Richard Ferrand (LREM) depuis le perchoir.

«Journée morte» peu suivie

Après des semaines de contestation de la réforme dans la rue, l'appel à une «journée morte» dans les transports était peu suivi lundi. Plusieurs centaines de personnes ont aussi pris part à une manifestation «symbolique» en direction de l'Assemblée, en attendant une nouvelle journée interprofessionnelle jeudi.

Les opposants n'ont pas dit leur dernier mot, alors que 41'000 amendements ont été déposés. L'examen inachevé la semaine passée en commission pour cause d'avalanche d'amendements des députés LFI, un fait inédit après 75 heures de dialogue de sourds, n'était qu'un préambule.

Pour l'heure, quinze jours de débats sont prévus, soit 84 heures. Face à un calendrier jugé «intenable», Richard Ferrand a proposé juste avant le début des débats un «temps programmé» de 100 heures de débat sur trois semaines. Il s'est vu opposer une fin de non-recevoir des députés LFI et PCF.

En force... ou pas

Face à l'obstruction de la gauche de la gauche, avec ses amendements, les responsables de la majorité martèlent qu'un recours au 49-3 - l'arme de la Constitution qui permet l'adoption sans vote - «n'est pas l'objectif». Certains «marcheurs» ne l'excluent toutefois pas si le débat est «clairement impossible».

Le gouvernement table toujours sur une adoption en première lecture avant les municipales dans un mois et espère un feu vert définitif «d'ici l'été». Mais avec autant d'amendements, «le président (de l'Assemblée Richard) Ferrand a calculé que ça ferait 365 jours à raison de dix heures par jour. Ce n'est pas très réaliste, même si nous enjambions ou mordions sur la trêve des municipales, nous n'y arriverions pas», a souri lundi soir Gilles Le Gendre, le chef de file des députés LREM.

«Une très grande bataille parlementaire»

Droite comme gauche dénoncent un «mépris» du Parlement et un projet «nébuleux» et «à trous», avec notamment la trentaine d'ordonnances programmées. Les trois groupes de gauche - PS, PCF et LFI - tablent en plus des amendements (près de 37'000 à eux trois) sur une motion de censure à une date qui reste à déterminer.

Ils ont aussi tenté en vain lundi une «motion référendaire», qui sert à demander au président de la République un référendum. Elle a été rejetée par 160 voix contre 70. Autant de «manoeuvres dilatoires» pour le gouvernement. Le patron des insoumis Jean-Luc Mélenchon a promis de tenir «la tranchée» jusqu'à «la victoire» contre «la plus terrible régression sociale de toute la Ve République».

Les députés communistes, qui arboraient des t-shirts «Référendum» dans les couloirs de l'Assemblée, ont aussi défendu une motion de rejet (repoussée par 145 voix contre 68). Leur porte-parole Pierre Dharréville a fustigé un projet «monstrueux» et invité le gouvernement à mettre fin au «supplice». Le vote de la réforme est programmé avant les conclusions de la conférence de financement. Celle-ci est censée trouver d'ici avril des mesures permettant d'atteindre l'équilibre en 2027.

(nxp/ats)