Soudan

26 juin 2014 19:42; Act: 26.06.2014 23:03 Print

La chrétienne réfugiée à l'ambassade US

Meriem Yahia Ibrahim Ishag, 26 ans, devrait recouvrer la liberté, après avoir été interpellée à l'aéroport, alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre les Etats-Unis.

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Meriam Yahia Ibrahim Ishag avait été emprisonnée en raison de son appartenance à la chrétienté. (Photo: AFP/-)

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La chrétienne soudanaise dont la condamnation à mort avait été annulée a trouvé refuge à l'ambassade à Khartoum, a déclaré son avocat jeudi. Elle avait été arrêtée mardi en tentant de quitter le pays.

«Elle est à l'ambassade américaine en ce moment», selon Me. Mohanad Mustafa, sans plus de précisions. Interrogé, un porte-parole de la mission diplomatique n'a pas fait de commentaires. «Elle et son mari pensent qu'il s'agit d'un endroit sur pour eux», a ajouté l'avocat.

Meriem Yahia Ibrahim Ishag, 26 ans, avait été arrêtée mardi à l'aéroport alors qu'elle tentait de quitter le Soudan avec son mari et leur deux enfants, puis inculpée d'usage de faux, Khartoum l'accusant d'avoir présenté un faux document et fourni de fausses informations pour partir.

Le procureur avait décidé de la laisser rentrer chez elle sous le contrôle d'un garant, avait déclaré plus tôt dans la journée Me Mohanad Mustafa, ajoutant qu'elle ne pourrait pas quitter le pays.

Meriem Yahia Ibrahim Ishag a pu quitter le commissariat après que ses avocats et les autorités sont tombés d'accord sur un garant qui a donné des gages qu'elle se présenterait à la justice en cas de convocation. Le nom de cette personne n'a pas été dévoilé.

Partir «le plus vite possible»

Le cas de cette jeune femme, qui met au jour la question de la liberté de culte au Soudan, et sa condamnation à la peine de mort le 15 mai ont suscité l'indignation de gouvernements occidentaux et de groupes de défense des droits de l'homme.

Une cour d'appel a décidé lundi de sa libération de prison, où elle était détenue avec ses enfants, mais menacée de mort, elle a dû se cacher dès sa sortie. Elle s'est ensuite rendue à l'aéroport de Khartoum avec son mari et leurs enfants, pour quitter le Soudan.

C'est là, selon son époux, Daniel Wani, qui a la double nationalité américaine et sud-soudanaise, qu'elle a été retenue par des agents de la sécurité nationale alors qu'elle était escortée par des diplomates de l'ambassade américaine. La famille voulait se rendre aux Etats-Unis.

«Nous sommes inquiets. C'est pour cela que nous voulons partir d'ici aussi vite que possible», a expliqué M. Wani, assurant que tous les documents étaient en règle.

Père musulman, mère chrétienne

Le ministre soudanais de l'Information, Ahmed Bilal Osmane, a expliqué que la jeune femme aurait dû utiliser un passeport soudanais, mais son avocat a expliqué qu'elle n'en avait pas.

«C'est là tout le problème. Elle a pris un document étranger pour voyager. Ce qu'elle a fait est illégal», a insisté M. Osmane, tout en assurant que la situation pouvait être résolue. «Je suis sûr qu'elle va s'expliquer, obtenir le passeport et qu'elle pourra voyager. Pas de problème», a-t-il déclaré.

Meriam Yahia Ibrahim Ishag est née d'un père musulman et d'une mère chrétienne orthodoxe, qui l'a élevée dans sa confession après le départ du père quand l'enfant avait cinq ans.

Selon l'archevêché catholique de Khartoum, elle s'est convertie à la confession catholique juste avant d'épouser M. Wani fin 2011. Ce sont des hommes «qui disaient être» de sa famille paternelle qui ont engagé les poursuites pour apostasie.

(ats/afp)