Candidate rejetée par l'UE

11 octobre 2019 12:24; Act: 11.10.2019 20:08 Print

La colère de Macron après la «claque» de Bruxelles

Emmanuel Macron a dit jeudi «ne pas comprendre» les raisons du rejet de la candidature de la Française Sylvie Goulard à la Commission européenne.

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Après le rejet par les eurodéputés de Sylvie Goulard, sa candidate à la Commission européenne, le président français Emmanuel Macron veut avant tout sauver ses projets de réforme de l'Union européenne, dont il a fait un de ses arguments politiques sur la scène nationale.

«C'est objectivement dur, car on se bat depuis des mois pour remettre de l'influence française dans l'UE», commente une source française à Bruxelles, qui déplore «des jeux d'appareil» alors que Paris vise une alliance des centristes du groupe parlementaire «Renew», dont font partie les eurodéputés macronistes, avec les groupes socialiste, conservateur et écologiste.

Le président français constate aussi la faiblesse au niveau européen de «Renew», dont il voudrait faire une sorte de version européenne de son parti En Marche.

Le revers de jeudi fait écho à l'impuissance de Nathalie Loiseau, tête de liste d'En Marche aux européennes, qui n'a pas pu prendre la tête de Renew après des déclarations maladroites contre ses collègues.

Emmanuel Macron a perdu un pari risqué. Il avait pourtant reçu de nombreuses mises en garde de ses proches contre le risque d'un échec de Sylvie Goulard, notamment de son allié centriste François Bayrou, président du parti MoDem et forcé de quitter le gouvernement en 2017 dans le sillage de Mme Goulard.

«Claque»

Dès l'annonce du vote négatif du Parlement européen, toute l'opposition a reproché au chef de l'État d'avoir affaibli la position française à Bruxelles en voulant imposer Mme Goulard, qui avait démissionné du gouvernement pour la même affaire d'emplois fictifs au MoDem que M. Bayrou.

Un «désaveu cinglant» selon Marine le Pen (Rassemblement National, extrême droite), quand Manon Aubry (LFI, gauche radicale) a applaudi «une victoire de l'éthique sur le fric» et Nadine Morano (LR, droite), tout comme Raphaël Glücksmann (Place Publique, gauche) parlent d'une «claque» pour le chef de l'État.

«Comment le président Emmanuel Macron a-t-il pu faire le choix d'affaiblir à ce point la position de la France en Europe et d'ignorer avec autant d'arrogance l'indispensable éthique qui doit guider nos institutions ?» a taclé Yannick Jadot (EELV, écologistes).

Lors d'une conférence de presse à Lyon (centre-est de la France) du Fonds mondial pour le Sida, Emmanuel Macron est apparu particulièrement mécontent, exposant avec agacement les assurances qu'il avait reçues d'Ursula von der Leyen d'obtenir le feu vert des groupes parlementaires.

«J'ai besoin de comprendre ce qui s'est joué, de ressentiments, peut-être de petitesses. J'aime que quand les engagements sont pris, ils soient tenus», a-t-il accusé, révélant avoir soumis trois noms à la présidente de la Commission européenne, qui aurait insisté en faveur de Sylvie Goulard.

«On m'a dit votre nom est formidable, on le prend et à la fin on me dit finalement, on n'en veut plus . Les mêmes ! Il faut qu'on m'explique!» a-t-il explosé.

Ses autres choix à l'époque étaient, selon une source bruxelloise, sa ministre de la Défense Florence Parly et l'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal. Le nom du négociateur du Brexit Michel Barnier a aussi circulé.

Portefeuille

Et maintenant, que va-t-il faire? D'abord sans doute, «avoir une discussion assez franche avec la présidente de la Commission», rapporte la source française à Bruxelles.

Le président français, pour lequel l'Europe est une priorité, veut avant tout, comme il l'a précisé jeudi, sauver le mandat promis à Mme Goulard pour la France, un vaste portefeuille du Marché intérieur, comprenant la politique industrielle, le numérique, la défense et le spatial.

Il compte sur ce levier pour relancer une politique industrielle de grands projets européens, après deux années durant lesquelles ses tentatives de relance ont piétiné, dans une Europe divisée.

La réticence de l'Allemagne l'a empêché en particulier de mettre en place un important budget de la zone euro pour relancer l'économie.

L'idée de nouveaux programmes type Airbus devait être au menu de sa rencontre avec Angela Merkel dimanche soir à l'Élysée, puis mercredi 16 octobre à Toulouse (sud-ouest), où ils visiteront le siège de l'avionneur européen.

(20 minutes/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Circo Loco le 11.10.2019 12:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Poudre de perlimpinpin

    Ce serait scandaleux que Mme Goulard soit Commissaire Européen. Elle a été exfiltrée du gouvernement Macron pour cause d'emplois fictisf à Bruxelles ; elle a remboursé 45 000 représentant les salaires des emplois fictifs, donc elle plaide coupable ; elle a reçu 10 000 par mois entre 2013 et 2016 d'un cabinet américain alors qu'elle était députée européen. Il y a trop de scandales dans le monde de "politiciens". Et visiblement, ce n'est pas le nouveau monde qui met fin à cela. Ah ! les délices et les poisons de l'ancien monde !

  • Bidon le 11.10.2019 12:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stop UE

    L'UE n'est qu'une grande partie de Monopoly entre quelques nantis assoiffés de pouvoir, qui piquent des crises quand ça va pas comme ils veulent. Et dire que certains chez nous veulent encore baisser leur froc et adhérer à cette mascarade.

  • Don Pablo le 11.10.2019 12:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    MDR.... bon débarras....

    C'est tout à fait mérité.... Elle est mise en cause dans 2 affaires... Elle a dû quitter le gouvernement et on devrait la laisser aller à la commission européenne.... Encore une triste blague....

Les derniers commentaires

  • hehehehehe le 12.10.2019 23:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    se payer sa tête

    après la claque reçue de la part de Bolsonaro le roitelet c'était un peu calmé il lui en faut encore une je crois

  • Màt Cron le 12.10.2019 17:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Melon dégonflé

    Ça lui rabat les cornes.

  • LFM le 12.10.2019 14:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tenir, le maître mot

    Tenez bon Mr Macron. Rien à foutre de ce qu'on pense ici, surtout par des tartuffes qui ne font que répéter ce qu'ils entendent sans avoir l'intelligence f'aller vérifier par eux-mêmes, d'où le succès de ces soit disants journalistes. Des réformes en profondeurs ? Vos concitoyens le savent et approuvent dans la grande majorité. Mais du moment que cela ne touche que les autres, ici, c'est exactement la même mentalité. Quand à l'Europe, elle aussi a besoin d'un grand coup de balai, pour qu'elle trouve une certaine crédibilité.

  • Paul Hiss le 12.10.2019 00:17 Report dénoncer ce commentaire

    Juste retour de balancier

    M. Macron a simplement oublié que le Parlement européen, à la différence du Parlement français, n'est pas à sa botte. Il ne suffit pas d'"arranger" une élection avec les chefs de groupes pour que les députés suivent comme des moutons. Quant à la droite allemande, elle n'a pas oublié que son candidat au poste de Président de la Commission, Manfred Weber, n'a pas été élu parce que Macron s'y opposait. Juste retour de balancier et excellente leçon de politique pour le "gamin" de l'Elysée.

    • LFM le 12.10.2019 10:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Paul Hiss

      Écrit de guignol, Avoir le parlement a sa botte veut dire avoir la majorité et ceci dans tous pays démocratiques. Tu oublies peut-être ou tu es d'une stupidité stupéfiante que c'est encore le peuple qui vote pour leurs représentants à l'Assemblée Nationale. C'est à se demander si une partie de la population ici est arrivée au ras du caniveau, incapable d'être objectif. Est-on en course pour obtenir la palme du pays le plus débile, en tout cas on a largement nos chances. Et si certains se sentent viser, allez- y sans autre, je me réjouis de vous lire. Petit peuple, pas seulement par la taille.

    • Paul Hiss le 12.10.2019 16:11 Report dénoncer ce commentaire

      @LFM

      Cher LFM, merci de ta contribution. Tu défendrais mieux la cause du Président de la République si tu réfléchissais avant d'écrire et si tu maîtrisais notre langue ("...tous pays démocratiques."; "... le peuple qui vote pour leurs représentants ..." ; " ... certains se sentent viser" ).

    • Lyfym le 12.10.2019 18:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Paul Hiss

      Revoie ta copie. Je crois que l'analphabétisme est de ton côté. Sur ce.,..

    • c'est ça le 12.10.2019 22:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @LFM

      puet puet cot cot cocorico mon president

  • GuydeToulon le 11.10.2019 23:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Monsieur nous fait...

    ... La morale ! Ben pas à moi, Monsieur ne me semble pas tout blanc, déjà quelques magouilles, il se fait remettre à sa place. Et le devoir comportemental, ou est il ? Je ne recevrais aucune leçon d un frelouquet, qu il aille jouer aux billes !