Haïti

11 février 2019 00:28; Act: 11.02.2019 00:28 Print

La communauté internationale appelle au calme

Alors que des manifestations violentes paralysent Haïti depuis jeudi, la communauté internationale prône le dialogue.

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Alors que des rumeurs circulent après l'arrestation d'étrangers lourdement armés, le gouvernement haïtien nie avoir embauché des mercenaires. (Lundi 18 février 2019) Le Premier ministre haïtien Jean-Henry Céant a annoncé samedi soir des mesures économiques d'urgence pour tenter de ramener le calme. (Dimanche 17 février 2019) Un manifestant est mort à Port-au-Prince mercredi, alors que le mouvement de protestation contre le président haïtien continue. (13 février 2019) La révolte contre le président Jovenel Moïse continue en Haïti, où manifestations, pillages et évasion de prison ont rythmé la journée de mardi. (12 février 2019) La communauté internationale a appelé dimanche les acteurs politiques haïtiens au dialogue, après 4 jours de manifestations violentes. (Lundi 11 février 2019) Les Haïtiens ont défilé pour le troisième jour de suite samedi pour dénoncer l'inflation et demander le départ du président Jovenel Moïse. (Dimanche 10 février 2019) Des milliers d'Haïtiens ont défilé jeudi contre l'inflation et la mauvaise gestion des dépenses publiques. Deux personnes ont été tuées. (7 février 2019) Jovenel Moïse a appelé au calme mercredi et réaffirmé sa légitimité. Une grève générale paralyse Haïti depuis trois jours. (21 novembre 2018) Dimanche, des milliers de personnes ont manifesté en Haïti pour dénoncer la corruption. Au moins trois d'entre elles ont été tuées par balles. (Lundi 19 novembre 2018) Les habitants de Port-au-Prince devaient gérer lundi la pénurie après trois jours de violences. (9 juillet 2018) La capitale haïtienne a oscillé entre des scènes d'anarchie et de timides signes de retour à la normalité, après deux jours d'intenses violences déclenchées par l'annonce - depuis suspendue -d'une hausse importante des prix des carburants. (8 juillet 2018) Divers carrefours et routes de Port-au-Prince sont sous le contrôle de groupes de jeunes hommes qui rançonnent les personnes qui voudraient circuler, à pied comme en véhicule. Plusieurs groupes d'individus armés habillés en civils ont aussi été remarqués circulant dans certains quartiers du centre-ville, rapportent des radios locales. (Dimanche 8 juillet 2018) Au coeur de la capitale haïtienne, dans la commune de Delmas, des commerces ont été attaqués et pillés et des protestataires exigeaient le départ du président Jovenel Moïse, ont rapporté des journalistes de l'AFP. Très agressifs, certains jeunes hommes étaient armés de couteaux. (Dimanche 8 juillet 2018) Au moins trois personnes sont mortes depuis vendredi dans les violences, selon un décompte de l'AFP. (Dimanche 8 juillet 2018) Des voitures brûlées à Pieton Ville à Port-au-Prince. (Dimanche 8 juillet 2018) L'épidémie meurtrière de choléra qui sévit en Haïti depuis l'automne 2010 pourrait s'achever en 2018, selon l'Unicef, au regard du faible nombre de malades recensés à travers le pays en ce début d'année. (Vendredi 19 janvier 2019) Des incidents violents ont émaillé une manifestation à Port-au-Prince organisée par plusieurs partis de l'opposition. Les protestataires ont défilé pour dénoncer une politique budgétaire jugée défavorable aux plus pauvres. (Samedi 30 septembre 2017) Une proposition de loi interdisant le mariage gay a été adoptée par le sénat. Sur cette image d'archive une manifestation à Haiti (Mercredi 2 août 2017) Le président du Sénat, Latortue Youri (à gauche) a confirmé que «tous les sénateurs sont opposés au mariage homosexuel donc ceci n'a fait que refléter les engagements pris par les sénateurs au moment de leurs campagnes». (Mercredi 2 août 2017) Le Conseil de sécurité de l'ONU a mis fin à la mission pour la stabilisation en Haïti et retire les Casques bleus. (Jeudi 13 avril 2017). Le président haïtien Jovenel Moïse a appelé son gouvernement, validé dans la matinée par le Parlement, à lutter contre la corruption face au contexte socio-économique difficile dans lequel est plongé le pays. (Mardi 21 mars 2017) Un médecin, inconnu de la classe politique haïtienne, Jack Guy Lafontant, a été nommé Premier ministre par le Président haïtien Jovenel Moïse (photo). (Mercredi 22 février 2017) Les organisations d'observation électorale ont salué la bonne tenue des élections locales et législatives qui se sont tenues dimanche en Haïti sans incidents majeurs. (Lundi 30 janvier 2017) Les Haïtiens se sont peu déplacés pour aller voter pour renouveler leurs élus locaux. (Dimanche 29 janvier 2017) Jovenel Moise, avec son épouse, approche du podium pour sa 1ère conférence de presse après avoir été confirmé en tant que président élu d'Haïti avec 55,60% des suffrages au premier tour de scrutin qui s'est tenu le 20 novembre (Mardi 3 janvier 2017) Les partisans de Jovenel Moise fêtent l'annonce de sa victoire. (Mardi 3 janvier 2017) Plus de 2'000 personnes ont manifesté vendredi à Port-au-Prince pour dénoncer le résultat préliminaire de l'élection présidentielle donnant la victoire à Jovenel Moïse dès le premier tour du 20 novembre, ce que ses opposants ont qualifié de «coup d'état électoral». (Samedi 17 décembre 2016). Aucune majorité claire ne se dessine au Parlement en Haïti selon les résultats préliminaires des élections générales du 20 novembre, même si le PHTK (Parti haïtien Tet kale) confirme sa position de force. (Lundi 5 décembre 2016) Le perdant de l'élection Jude Celestin, a décidé de contester les résultats officiels de la présidentielle. Des manifestations ont éclaté à Port-au-Prince contre le président élu Jovenel Moïse le 29 novembre. (Mercredi 30 novembre 2016). Jovenel Moise, nouveau président de Haïti, a appelé à l'unité nationale. (Mardi 29 novembre 2016) Un supporteur de Jovenel Moïse célèbre la victoire de son candidat. (Mardi 29 novembre 2016) Jovenel Moïse, pendant le débat télévisé à Port-au-Prince, le 20 septembre 2016. Il a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle dès le 1er tour avec plus de 55% des voix le 28 novembre. (Mardi 29 novembre 2016). Jude Célestin, candidat à l'élection de dimanche, dénonce des irrégularités dans le dépouillement pouvant, selon lui, entacher l'intégrité des résultats. (Jeudi 24 novembre 2016) Une bénévole apporte le matériel de vote à un bureau de Port-au-Prince, le 19 novembre 2016. L'élection présidentielle et les législatives se tiennent en même temps. (Dimanche 20 novembre 2016). Vingt-sept candidats sont en lice pour le premier tour de l'élection présidentielle. Un partisan de Marysse Narcisse en campagne à Port-au-Prince. (Vendredi 18 novembre 2016) Une affiche électorale de Jovenel Moïse, 48 ans, qui a été choisi par l'ancien chef d'Etat Michel Martelly pour représenter son parti le PHTK (Parti haïtien Tèt kale). Jude Célestin avait déjà tenté d'accéder au poste présidentiel en 2010. Il est aujourd'hui candidat sous la bannière de la Ligue alternative pour le progrès et l'émancipation haïtienne (Lapeh). Maryse Narcisse, 57 ans, est l'une des deux femme encore en lice pour la présidence. Médecin de carrière, elle est devenue la porte-parole de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, après le départ de celui-ci en exil en 2004. Lundi 29 août, les sympathisants du parti Famni Lavalas ont pu apprécié une rare sortie publique de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide. Il s'est montré à Pétionville pour soutenir la candidate de son parti à l'élection présidentielle. (Image - 29 août 2016) Le président par interim Jocelerme Privert (à droite) avec le président du conseil électoral provisoire Leopold Berlanger. Le premier tour de la présidentielle haïtienne a été annulé et un nouveau scrutin se tiendra début octobre.(lundi 6 juin 2016) Le candidat de l'opposition Jude Célestin envisage de se retirer d'un scrutin qu'il décrit comme une «farce». (mardi 19 janvier 2016) Jovenel Moïse, candidat soutenu par le pouvoir en place, et Jude Célestin, du parti de l'ex-président René Préval, seront présents au second tour de l'élection présidentielle en Haïti (Jeudi 5 novembre 2015) L'annonce des résultats des élections générales d'Haïti, prévue mardi, est reportée à jeudi afin d'analyser les nombreuses plaintes pour fraudes déposées. Au total, 162 plaintes ont été enregistrées. (Mardi 3 novembre 2015) Les Haïtiens votent dans le cadre d'une triple élection : présidentielle, législative et locale. (Dimanche 25 octobre 2016) 54 candidats à l'élection présidentielle se présentent, mais cette situation inhabituelle n'est pas synonyme de bonne santé politique du pays. Ici, des partisans du candidat Jude Célestin du parti Lapeh (22 ocotbre 2015). Michel Joseph Martelly, l'actuel président d'Haiti, un chanteur populaire sans expérience en politique, a été élu en 2011. (photo d'illustration, Michel Joseph Martelly le 1er octobre 2015 à New York) Les élections législatives d'août 2015 ont été entachées d'irrégularités, de manifestations (comme ici, le 9 septembre 2015) et de violences. Un quart des résultats ont été invalidés. Ce dimanche, le scrutin est sous une surveillance accrue par rapport à celui du 9 août 2015 (photo du 9 août 2015). 10'000 policiers nationaux, 4971 agents de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), et 199 observateurs internationaux sont déployés. (photo du 9 août 2015) Haïti est un des pays les plus pauvres du monde et le plus pauvre des Amériques. Il a été durement frappé par l'instabilité politique et par un séisme dévastateur en 2010. Un fort taux d'abstention est attendu à l'élection de dimanche. (photo d'illustration, Port-au-Prince, Haiti, 22 octobre 2015)

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La communauté internationale a appelé dimanche les acteurs politiques haïtiens au dialogue alors que depuis jeudi des manifestations parfois violentes paralysent la capitale et les principales villes de province.

Le Core Group (composé de représentants des Nations unies, de l'Union européenne et de l'Organisation des Etats américains ainsi que des ambassades d'Allemagne, du Brésil, du Canada, de la France, des Etats-Unis et de l'Espagne) a également déploré «les pertes de vies humaines et les dégâts matériels occasionnés par les inacceptables actes de violences qui ont eu lieu en marge des rassemblements», dans un communiqué.

Dimanche, plusieurs centaines de manifestants ont pour la quatrième journée consécutive défilé à Port-au-Prince pour exiger le départ du président Jovenel Moïse. «Cela fait quatre jours que le peuple est dans la rue et le président ne dit rien. Ça prouve bien qu'il n'est pas compétent», commentait Louis-Paul Vlanel, participant à la manifestation dans la capitale.

«Si Jovenel (Moïse) ne démissionne pas dans les heures qui viennent, demain (lundi) à partir de midi, ça va être la casse totale pour les bourgeois qui le soutiennent», menaçait le jeune homme tout en pointant du doigt une barricade de pneus enflammés à proximité.

Au moins deux décès

Au passage du petit cortège, plusieurs véhicules ont été incendiés et les vitrines de commerces brisées en toute impunité. Non déclarée, la manifestation de dimanche n'était pas encadrée par des forces de police, dont la présence aura été très rare sur le parcours, ont pu constater les journalistes de l'AFP.

Jeudi, des milliers de personnes à travers le pays avaient manifesté, répondant à l'appel lancé par les principaux groupes d'opposition. Au moins deux personnes ont perdu la vie lors de ces mobilisations, selon le bilan partiel dressé par la PNH jeudi soir. Samedi, en marge d'une manifestation spontanée dans le centre-ville de Port-au-Prince, un adolescent de 14 ans a été tué et un autre jeune homme blessé par balle.

Signe de l'ampleur de la crise dans laquelle Haïti est plongée, plusieurs mairies ont décidé d'annuler les activités pré-carnavalesques ce week-end. Les plus grands défilés du pays, organisés à Port-au-Prince et Pétionville, n'auront donc pas lieu comme chaque dimanche précédant le carnaval, organisé cette année du 3 au 5 mars.

Face à la pauvreté extrême et l'inflation dépassant les 15% depuis deux ans, la colère populaire a été attisée par la publication, la semaine dernière, d'un rapport édifiant de la Cour supérieure des comptes sur la gestion calamiteuse et les possibles détournements des fonds prêtés depuis 2008 par le Venezuela à Haïti pour financer son développement économique et social.

Une quinzaine d'anciens ministres et hauts fonctionnaires sont épinglés. De même qu'une entreprise dirigée à l'époque par l'actuel président Jovenel Moïse, identifiée comme bénéficiaire de fonds pour un projet de construction d'une route sans signature de contrat.

(nxp/afp)