Crise en Tunisie

07 mars 2011 14:41; Act: 07.03.2011 17:18 Print

La composition du nouveau gouvernement

La composition du nouveau gouvernement tunisien a été annoncée lundi après un remaniement destiné essentiellement à pouvoir les postes laissés vacants par des démissions.

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Le premier ministre tunisien par intérim, Béji Caïd Essebsi, a annoncé lundi la liste de son gouvernement provisoire. Le nouveau cabinet est composé de 22 ministres dont cinq nouveaux.

Cette nouvelle équipe ne compte plus aucun ministre ayant servi dans le dernier gouvernement du président Zine El Abidine Ben Ali, jusqu'à sa fuite le 14 janvier dernier.

Depuis cette date, c'est le troisième gouvernement que connait la Tunisie. Les deux précédents ont fait l'objet d'une contestation permanente de la rue qui ont finalement abouti à la démission du premier ministre Mohammed Ghannouchi le 27 février. Ce dernier avait été le dernier chef de gouvernement de Ben Ali pendant onze ans d'affilée.

Le nouveau gouvernement annoncé lundi comprend 22 membres, y compris le premier ministre: dix sept sont reconduits aux postes qu'ils occupaient dans le gouvernement constitué le 27 janvier. Tous les membres sont des technocrates, aucun n'appartient à un quelconque parti politique.

Nommé premier ministre par intérim le 27 février, M. Essebsi, 84 ans, a dû remanier immédiatement le gouvernement dont il avait hérité de son prédécesseur Mohammed Ghannouchi, suite aux démissions en quelques jours de cinq ministres.

Parmi les démissionnaires figuraient deux ministres qui avaient fait partie du dernier gouvernement Ben Ali: Mohamed Nouri Jouini (Planification et la coopération internationale) et Mohamed Afif Chelbi (Industrie et technologie), ainsi que les deux représentants de l'opposition: Ahmed Ibrahim (Enseignement supérieur et recherche scientifique) et Ahmed Néjib Chebbi (Développement régional et local).


Pas de problème pour Ennahda

Le ministre auprès du premier ministre tunisien chargé des réformes économiques et sociales, Elyes Jouini, avait également remis sa démission.

Ali Larayedh, membre d'Ennahda (Renaissance) qui vient tout juste d'être autorisé après deux décennies d'interdiction sous l'ère Ben Ali, avait auparavant fait savoir que son mouvement islamiste modéré ne participerait pas à ce nouveau gouvernement.

«On ne nous a pas demandé de participer au gouvernement parce que le premier ministre a dit que ce serait un cabinet composé de techniciens, et non un gouvernement d'union nationale représentant les partis politiques», a-t-il expliqué. «Cela ne nous pose pas de problème», a-t-il dit. «Nous traiterons avec le nouveau gouvernement de manière positive, sur la base de ses réalisations».

(ats)