Soudan

03 juillet 2019 17:28; Act: 03.07.2019 21:12 Print

La contestation accepte de reprendre les négociations

Quelques jours après de nouvelles manifestations, les leaders de la contestation au Soudan ont consenti à la reprise de «négociations directes» avec les militaires mercredi.

Une faute?

Les chefs de la contestation au Soudan ont accepté mercredi de reprendre sous conditions des «négociations directes» avec les généraux au pouvoir, au lendemain d'une invitation des médiateurs à discuter de la formation d'une instance de transition. Depuis la destitution par l'armée du président Omar el-Béchir en avril, le Conseil militaire de transition est engagé dans un bras de fer avec l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation.

Un «cadre temporel

L'ALC «a tenu une réunion et a décidé d'accepter l'invitation à des négociations directes», a indiqué en conférence de presse un meneur de la contestation, Madani Abbas.

De son côté, le conseil militaire ne s'est pas encore prononcé sur l'invitation lancée mardi par les médiateurs d'Ethiopie et de l'Union africaine, qui ont convié les deux camps à reprendre les négociations dès mercredi.

Parmi les «conditions» posées par la contestation figure la mise en place d'un «cadre temporel pour ces négociations», a souligné M. Madani. «Nous avons proposé 72 heures. Ni nous, ni le peuple soudanais ne sommes disposés à entreprendre des négociations sans fin.»

La contestation réclame également une copie du texte du plan de médiation comprenant «les amendements» qu'elle a proposés, en premier lieu celui portant sur la nécessité de discuter principalement de l'instance de transition.

Répression sanglante

Mardi, les médiateurs avaient assuré que les négociations allaient porter sur cette instance de transition, un «Conseil souverain» constitué de huit civils et sept militaires. Sur les huit civils, sept seraient issus de l'ALC tandis que le dernier serait choisi par les deux camps.

Les négociations avaient été suspendues le 20 mai et la tension était montée d'un cran avec la dispersion meurtrière le 3 juin d'un sit-in de manifestants installé devant le QG de l'armée à Khartoum.

L'annonce intervient quelques jours seulement après des manifestations de masse qui ont vu des dizaines de milliers de personnes défiler dimanche dans plusieurs villes du Soudan pour réclamer aux généraux de céder le pouvoir aux civils.

(nxp/afp)