Chine

17 juin 2011 11:41; Act: 17.06.2011 12:01 Print

La corruption coûte des dizaines milliards

L'équivalent de 104 milliards de francs suisses ont été détournés, en vingt ans, dans l'empire du milieu. Une étude sur le sujet a été rendue publique cette semaine.

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Des responsables chinois corrompus ont détourné plus de 87 milliards d'euros (un peu plus de 104 milliards de francs suisses) en moins de vingt ans, selon une étude de la banque centrale chinoise rendue publique cette semaine. Ils ont notamment fui vers les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

De 16 000 à 18 000 cadres gouvernementaux ou de sociétés étatiques ont fui à l'étranger ou tout simplement disparu après avoir reçu des pots-de-vin pour un montant total estimé à 800 milliards de yuans (environ 104,59 milliards de francs), selon cette étude.

Les plus hauts responsables ayant détourné les sommes les plus importantes ont fui vers des pays développés tels que les Etats- Unis, le Canada ou l'Australie, tandis que ceux d'un rang moindre ont eu tendance à jeter leur dévolu sur des pays moins éloignés, tels que la Russie ou la Thaïlande.

Hong Kong, région administrative spéciale, a souvent été utilisée par les responsables corrompus comme une porte d'entrée vers les pays du Commonwealth. D'autres sont passés par des pays africains ou latino-américains, le temps d'obtenir des documents pour s'installer dans un des pays occidentaux.

Suggestion

Quelques-uns se sont enfuis en emportant les sommes détournées sous forme d'argent liquide, dans leurs bagages, a relevé l'étude.

Parmi les formes les plus élaborées de détournement figurent l'élaboration de faux contrats, le vol à l'étranger de biens faisant partie des sociétés publiques chinoises ou la création, toujours à l'étranger, par l'intermédiaire de tiers, d'entreprises fictives recevant des fonds venant de pots-de-vin.

Les prix de l'immobilier dans des quartiers résidentiels de New York ou Los Angeles ont par exemple fortement progressé sous l'effet d'un afflux important de familles chinoises aux financements d'origine douteuse, selon l'étude.

Plusieurs mesures

Les transferts hors de Chine de sommes issues de la corruption sont susceptibles de «saper les fondations de l'autorité du Parti», estime l'étude réalisée à partir de données compilées en 2008.

Le pouvoir chinois n'a cessé de prendre des mesures anticorruption depuis le lancement des réformes économiques il y a plus de 30 ans, sans guère réussir toutefois à endiguer ce fléau qui mine la légitimité du Parti communiste et nourrit le mécontentement de la population.

Le président chinois Hu Jintao a dit à de nombreuses reprises qu'il était vital pour le Parti d'éliminer la corruption endémique parmi ses cadres.

Affaire récente

La Chine a ratifié en octobre 2005 la Convention des Nations unies contre la corruption.

Le ministre des Chemins de fer chinois, Liu Zhijun, qui supervisait le très ambitieux programme de développement du réseau ferroviaire chinois, a été officiellement démis de ses fonctions fin février, accusé d'avoir touché des dizaines de millions d'euros.

Une autre affaire retentissante avait concerné en 2006 le chef du Parti communiste de Shanghai, Chen Liangyu, qui avait été condamné pour corruption.

(ats)