Tuerie du Musée juif de Bruxelles

28 février 2019 04:13; Act: 28.02.2019 07:41 Print

La défense de Nemmouche abat ses cartes

La défense du djihadiste français donne jeudi sa version des faits, qualifiée de «complotiste» par l'accusation.

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La justice belge a rejeté mercredi le pourvoi en cassation formé par le Français Nacer Bendrer, condamné en mars au côté de Mehdi Nemmouche pour l'attentat du Musée juif à Bruxelles. (18 septembre 2019) Mehdi Nemmouche a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour la tuerie du Musée juif de Bruxelles, assortie d'«une mise à disposition» à la justice pour une durée de 15 ans. (Mardi 12 mars 2019) Lundi matin, la parole reviendra d'abord au parquet fédéral, qui rappellera que Mehdi Nemmouche et son co-accusé Nacer Bendrer encourent tous deux la prison à vie. (Lundi 11 mars 2019) Mehdi Nemmouche a été reconnu coupable du quadruple assassinat commis le 24 mai 2014 au musée juif de Bruxelles. L'homme a réaffirmé son innocence, assurant avoir été «piégé». (Jeudi 7 mars 2019) La défense du djihadiste français donne jeudi sa version des faits, qualifiée de «complotiste» par l'accusation. (28 février 2019) L'audience a été suspendue quelques heures ce lundi. Le temps que soit entendu par la police un juré ayant violé l'interdiction de communiquer avec des personnes extérieures. (18 février 2019) Les ex-otages qui accusent Mehdi Nemmouche d'avoir été leur geôlier se rendent à son procès à Bruxelles jeudi. (7 février 2019) L'accusation a pointé du doigt le comportement détaché et décontracté de Mehdi Nemmouche lors de son arrestation, six jours après la tuerie au Musée juif de Bruxelles en 2014. (Vendredi 1 février 2019) Mehdi Nemmouche a évoqué ce jeudi un «pseudo-attentat». (31 janvier 2019) Mehdi Nemmouche arrive ce jeudi 10 janvier 2019 à la cour d'assises de Bruxelles. «Nemmouche, Mehdi, 33 ans, sans profession»: le principal accusé, jugé avec un complice, a décliné son identité en se présentant dans le box en pull bleu marine lors de son procès à Bruxelles. (Lundi 7 janvier 2019) Mehdi Nemmouche s'est rendu à une audience préliminaire devant la cour d'assises de Bruxelles. (Jeudi 20 décembre 2018) Mehdi Nemmouche sera défendu à Bruxelles par l'avocat belge Sebastien Courtoy. (Jeudi 20 décembre 2018) Selon des médias belges, il portait sur son torse une caméra embarquée. (26 mai 2014) La police fédérale belge a publié des photos du tireur... (25 mai 2014) ... qui cache soigneusement son visage. (25 mai 2014) La police a diffusé une vidéo montrant le suspect. (25 mai 2014) Pour le moment, la police n'a aucun piste concernant le suspect. (24 mai 2014) La fusillade a fait quatre morts. (25 mai 2014) Police et experts scientifiques ont bouclé les rues proches du Musée Juif après la fusillade qui a fait quatre morts samedi après-midi à Bruxelles. (24 mai 2014) La fusillade a fait quatre morts. (25 mai 2014) Les témoignages de sympathies s'accumulent devant l'entrée du musée. (25 mai 2014) Les témoignages de sympathies s'accumulent devant l'entrée du musée. (25 mai 2014)

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Mehdi Nemmouche n'est pas le tueur du musée juif de Bruxelles, mais s'est retrouvé mêlé à un complot visant des agents du Mossad: la défense du djihadiste, français détaille jeudi sa version des faits, jugée «profondément stupide» par l'accusation.

Depuis bientôt sept semaines de procès, la stratégie pour le moins inattendue des trois avocats de celui que tout semble pourtant incriminer --éléments matériels, témoignages, silence depuis son arrestation-- a colonisé les débats.

Pas une journée, ou presque, sans une question, une remarque du parquet ou des parties civiles pour «démonter» cette défense, tour à tour qualifiée de «complotiste», «stupide», «choquante», «scandaleuse», «hallucinante» ou encore «déloyale».

Des explications «en temps voulu»

Celle-ci reste cependant encore assez vague et la plaidoirie jeudi des avocats Sébastien Courtoy, Henri Laquay et Virginie Taelman doit permettre de comprendre les circonstances, pour l'instant mystérieuses, dans lesquelles Mehdi Nemmouche a, comme ils le prétendent, été «piégé» pour se retrouver aujourd'hui dans le box des accusés.

Interrogé à maintes reprises par la cour d'assises, l'intéressé, un délinquant multirécidiviste de 33 ans radicalisé en prison et passé par la Syrie, s'est lui limité à promettre des explications «en temps voulu».

En début de procès, le jury, les parties civiles et l'accusation ont dû se contenter d'une brève présentation de ses avocats. Selon eux, l'attaque au revolver et à la kalachnikov le 24 mai 2014 au musée juif n'était pas un attentat du groupe djihadiste, Etat islamique (EI), mais «une exécution ciblée d'agents du Mossad» (les services secrets israéliens), visant un couple d'Israéliens, les époux Riva, les deux premières des quatre victimes abattues ce jour-là.

Pour innocenter leur client, ils avancent notamment que son ADN n'a pas été retrouvé sur la poignée de la porte d'entrée du musée, pourtant manipulée par le tueur, selon les images de vidéosurveillance diffusées à l'audience. «L'ADN, c'est la reine des preuves», insistent-ils crânement. Tant pis si un expert est depuis venu rappeler à l'audience qu'il était «tout à fait possible de toucher un objet sans laisser d'empreintes» ADN.

Bidouillage

Ils prétendent aussi que cette même vidéosurveillance a été «truquée» par les enquêteurs pour confondre leur client. «Les lunettes de soleil ont été effacées (...) et à la place on y a ajouté des yeux, un regard, la forme d'un nez», affirment-ils.

Sur ces images en noir et blanc de qualité médiocre, on aperçoit le tueur, casquette sur la tête, pénétrer dans l'entrée, des taches sombres au niveau des yeux, ce qui peut laisser penser qu'il porte des lunettes. Il sort alors furtivement du champ de la caméra. Quand il réapparaît, l'ombre sur son visage s'est légèrement dissipée, ce qui peut aussi laisser supposer qu'il ne portait pas de lunettes.

«On bidouille les images», a cependant insisté Me Courtoy, l'avocat vedette de Nemmouche, qui affirme s'attaquer à «un système: celui des policiers et du parquet fédéral».

Comme un air de complot

Conseil de plusieurs djihadistes , mais aussi de complotistes ou d'un négationniste, Me Courtoy est une figure controversée des prétoires belges, immortalisé aux côtés du polémiste Dieudonné, qu'il a défendu en Belgique, en train de mimer le geste polémique de la «quenelle».

«Du côté de la défense de Mehdi Nemmouche, je n'attends rien», a déjà prévenu Me Adrien Masset, l'avocat du musée juif. «Je ne m'intéresse absolument pas à sa défense», a renchéri Me Michèle Hirsch, qui représente une autre partie civile. «En réalité, Mehdi Nemmouche s'est tu pendant toutes ces années et sa défense contribue à ce qu'il se taise encore aujourd'hui.»

Le parquet a requis mardi «un verdict de culpabilité» contre le Français pour ces quatre «assassinats terroristes», ainsi que contre son co-accusé, Nacer Bendrer, un délinquant marseillais de 30 ans, considéré comme «complice» pour lui avoir fourni les armes. Le verdict est attendu le 7 mars.

(nxp/afp)