Monde

29 avril 2019 11:02; Act: 29.04.2019 12:06 Print

La destruction de la nature menace l'homme

Le groupe d'experts de l'ONU sur la biodiversité tire la sonnette d'alarme: l'homme est menacé aussi bien par la destruction de la nature que par le changement climatique.

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La destruction de la biodiversité fait courir des risques à la survie de l'espèce humaine. (Photo: AFP)

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Le message lancé lundi à l'ouverture d'une réunion mondiale sur la biodiversité est clair: la destruction de nature menace l'Homme «au moins autant» que le changement climatique et mérite donc autant d'attention pour éviter des impacts dévastateurs.

Scientifiques et diplomates de plus de 130 pays sont réunis jusqu'à samedi pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans, un sombre inventaire de la nature vitale pour l'humanité.

«Les preuves sont incontestables: notre destruction de la biodiversité et des services écosystémiques a atteint des niveaux qui menacent notre bien-être au moins autant que les changements climatiques induits par l'Homme», a déclaré Robert Watson, président de Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

Le début d'un tournant?

Le groupe d'experts a travaillé pendant trois ans sur un rapport de 1800 pages qui devrait devenir la véritable référence scientifique en matière de biodiversité comme le sont ceux du Giec pour le climat.

Si le mot «biodiversité» semble parfois bien abstrait, il concerne toutes les espèces animales ou végétales vivant sur la planète, y compris celle qui se met elle-même en danger en détruisant la nature: l'Homme. Et l'Homme ne peut vivre sans cette nature qui lui rend des services inestimables, des insectes pollinisateurs aux forêts et océans absorbant le CO2, en passant par les médicaments ou l'eau potable.

Alors comme pour le climat, «ce mois d'avril 2019 peut marquer le début d'un tournant parisien similaire pour la biodiversité et les contributions de la nature aux populations», a estimé M. Watson.

Beaucoup espèrent que cette évaluation sera le prélude à l'adoption d'objectifs ambitieux lors de la réunion en 2020 en Chine des Etats membres de la Convention de l'ONU sur la diversité biologique (COP15).

Espèces condamnées

Quasiment aucun des 20 objectifs précédemment définis pour 2020, qui visent une vie «en harmonie avec la nature» d'ici 2050, ne seront atteints, selon le projet de synthèse du rapport obtenu par l'AFP, projet qui sera discuté, amendé et adopté ligne par ligne par les délégués avant sa publication le 6 mai.

«Le patrimoine environnemental mondial (...) est en train d'être altéré à un niveau sans précédent», met en garde ce texte.

Un quart des 100'000 espèces évaluées --une portion minime des 8 millions estimées sur Terre-- sont déjà menacées d'extinction, sous pression de l'agriculture, de la pêche, de la chasse, ou encore du changement climatique.

Mais «une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces» est attendue par les scientifiques, selon le projet de rapport. Et entre 500'000 et un million devraient devenir à leur tour menacées, dont «beaucoup dans les prochaines décennies».

«En train de mourir»

Des projections en accord avec ce que décrivent depuis des années certains scientifiques: le début de la 6e «extinction de masse», la première depuis l'arrivée des hommes sur la planète.

«Ce rapport fondamental rappellera à chacun d'entre nous ce constat criant de vérité: les générations actuelles ont la responsabilité de léguer aux générations futures une planète qui n'est pas irrémédiablement endommagée par les activités humaines», a déclaré Audrey Azoulay, directrice générale de l'Unesco qui accueille la réunion.

«La science nous dit ce que nos savoirs traditionnels signalaient depuis des décennies: la Terre est en train de mourir», a noté Jose Gregorio Mirabal, président de la COICA, organisation qui rassemble des organisations indigènes du bassin amazonien.

Fortes résistances

«Nous appelons de façon urgente à un accord international pour la nature, pour restaurer la moitié du monde naturel aussi vite que possible», a-t-il ajouté, alors que ce rapport mondial prend pour la première fois en compte les savoirs, les problèmes et les priorités des peuples autochtones.

Le texte fait clairement le lien entre les deux menaces majeures que sont le réchauffement et les atteintes à la nature, identifiant certaines causes similaires, en particulier les pratiques agricoles et la déforestation, responsables d'environ un quart des émissions de CO2 mais aussi de graves dommages directs aux écosystèmes.

Mais vu l'ampleur des réformes à mettre en place, qui impliquent une véritable transformation de nos modes de vie sur une planète de plus en plus peuplée, les résistances risquent d'être encore plus fortes que pour la lutte contre le changement climatique.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • albert le 29.04.2019 11:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Sonnette

    70 ans de sirènes, sonnettes et sornettes et n'ont et ne feront rien du tout

  • Ztibneimad le 29.04.2019 11:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    enfin

    La nature qui reprend ses droits sur l'espèce qui la détruit depuis tant d'années...

  • Rami le 29.04.2019 11:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mère planète sauve qui peut

    Les diplomates font beaucoup de réunion, mais ça ne bouge toujours pas il n'y'a que l'argent qui compte pour ces messieurs malheureusement.

Les derniers commentaires

  • Rahim Humbert le 30.04.2019 07:31 Report dénoncer ce commentaire

    C'est la fin

    ET cela ne servira a rien car l'humain est égoïste, ne pense qu'au fric et fera toujours passer son petit confort perso avant celui des autres. Au final ne faudrait il pas mieux arrêter de faire attention, polluer un max, tout foutre en l'air afin que nous disparaissions plus vite et que la terre puisse reprendre ses droits?? 2048 les océans seront vide.... Qu'allons nous faire quand 80 pour cent de notre oxygène n'existera plus?? Que le CO2 ne sera plus filtré par les océans ni les forêts? Pathétique!

  • Layla Duss le 30.04.2019 02:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Rien d'étonnant

    C'est les humains qui détruisent la nature, quoi de plus naturel que cela devienne une menace pour nous... C'est un juste retour des choses. Détruisez la nature et la nature vous détruira

  • Albert le 29.04.2019 18:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    nature mourante

    le menace depuis l'aube de la révolution industrielle 1750 ..car on n'arrête pas le progrès .. et le progrès engendre la destruction de l'environnement et la pollution .. il faudrait revivre comme les Indios d'Amérique latine .. les bush men les aborigènes mais qui voudrait .

  • Jules Topaz le 29.04.2019 13:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Destruction ou sauvetage de notre planète

    Dommage qu'au nom du fric, les multinationales et leurs influents lobbys aient déjà choisi leur camp depuis hélas trop longtemps !

  • Monuel le 29.04.2019 13:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'ONU

    Et il faut des experts pour énoncer une lapalissade ??? En tout cas, une chose est sûre, c'est que l'ONU détruit son fric. Enfin, celui qu'il reçoit.