Espagne

10 février 2019 13:47; Act: 11.02.2019 06:39 Print

La droite descend dans la rue contre Sanchez

Le gouvernement espagnol actuel était critiqué par rapport à sa prise de position envers les indépendantistes, dimanche.

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Les manifestants se sont rendus au centre de Madrid, en Espagne, pour protester contre le gouvernement en place, dimanche. (Photo: Keystone)

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Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche à Madrid à l'appel de la droite et de l'extrême droite contre le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez. Celui-ci est accusé d'avoir «trahi» l'Espagne en dialoguant avec les indépendantistes catalans.

Selon la police, environ 45'000 personnes ont participé à ce rassemblement. Le Parti Populaire (PP, droite) a évoqué le chiffre de «plus de 200'000». Brandissant des drapeaux espagnols et des pancartes clamant «Stop Sanchez», les manifestants se sont rassemblés sur la place Colon avec pour mot d'ordre «Pour une Espagne unie, des élections maintenant».

Convoquée par le PP et les libéraux de Ciudadanos, auxquels s'est joint le parti d'extrême droite Vox, cette mobilisation intervient deux jours avant l'ouverture mardi à Madrid du procès historique de douze anciens dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne d'octobre 2017.

«Non au séparatisme, oui à l'Espagne»

Le PP, Ciudadanos et Vox reprochent à Pedro Sanchez - arrivé au pouvoir en juin notamment grâce aux voix des indépendantistes catalans et dont il a absolument besoin pour faire passer son budget -, de «trahir» l'Espagne et d'aller à l'encontre de l'unité du pays en tentant de dialoguer avec les séparatistes.

Ces trois formations, qui se sont récemment alliées en Andalousie (sud) pour chasser du pouvoir le parti socialiste, seraient en mesure, selon plusieurs sondages, de former une majorité au niveau national si des élections avaient lieu actuellement.

«Le temps du gouvernement Sanchez est terminé», a lancé, avant le début de la manifestation, le numéro un du PP Pablo Casado. «Nous sommes ici pour dire non au séparatisme et oui à l'Espagne», a indiqué pour sa part celui de Ciudadanos, Albert Rivera, tandis que le leader de Vox, Santiago Abascal, a dénoncé la «trahison d'un gouvernement illégitime et menteur soutenu par les ennemis de l'Espagne», en référence aux indépendantistes catalans.

Pedro Sanchez «est un traître», a affirmé l'une des manifestantes, Elena Navarro, 45 ans. «Il s'allie avec nos ennemis (...), des gens qui veulent diviser les Espagnols». L'ancien Premier ministre socialiste français Manuel Valls, candidat à la mairie de Barcelone soutenu par Ciudadanos, a également participé à ce rassemblement au côté du Prix Nobel péruvien Mario Vargas Llosa. «Il ne faut pas laisser l'avenir du pays dans les mains des séparatistes, des nationalistes et des populistes», a-t-il dit au micro de l'AFPTV.

Interrogé sur la présence de l'extrême droite, M. Valls a assuré que ce n'est «pas elle qui a le monopole du patriotisme et de l'amour de la Constitution». «Je n'étais pas à côté de l'extrême droite. (...) Ici, ce sont les Espagnols qui ont envie de défendre la Constitution».

«Espagne en noir et blanc»

«Le gouvernement espagnol travaille pour l'unité de l'Espagne», a rétorqué dimanche Pedro Sanchez, qui avait accusé samedi la droite et l'extrême droite de représenter une «Espagne en noir et blanc». «Ce que je fais en tant que chef du gouvernement, en respectant toujours la Constitution, est corriger une crise d'Etat que le PP a contribué à aggraver quand il était au pouvoir pendant sept ans», de 2011 à 2018, a poursuivi M. Sanchez.

Le PP, Ciudadanos et Vox, qui ne cessent d'accuser M. Sanchez de céder au «chantage» des indépendantistes catalans depuis son arrivée au pouvoir, avaient appelé leurs sympathisants à descendre dans la rue après le tollé général suscité cette semaine par le feu vert du gouvernement à la présence d'un «rapporteur» indépendant pour faciliter un futur dialogue entre les partis politiques catalans.

Malgré cette concession, le dialogue a été rompu vendredi entre gouvernement et indépendantistes. Les deux parties se sont mutuellement accusées d'être à l'origine de cette rupture du dialogue.

Les indépendantistes ont refusé jusqu'ici d'approuver le budget de M. Sanchez. En cas de rejet du budget, le socialiste, qui est à la tête d'un gouvernement ultra-minoritaire, pourrait se voir contraint de convoquer des élections anticipées avant la fin de la législature en 2020.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Mendrisiotto le 10.02.2019 14:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ?????

    C'est le moment de réagir Ce socialiste n'a pas été élu par le peuple

  • Raúl le 10.02.2019 14:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Remettre l'église au milieu du village

    La droite en Espagne c'est le PS en Suisse. Il faut savoir que le PS en Espagne et l'égal des socialistes cubains et il y a peu les admirateurs de Maduro. En Espagne il n'éxiste pas d'extrême-droite comme l'UDC Suisse

  • un non indépendantiste le 10.02.2019 17:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la loi c'est la loi

    25 ans ferme et sans discussion

Les derniers commentaires

  • .... le 11.02.2019 15:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vive la Catalogue

    La Catalogne sera libre.

  • Maitre renard le 10.02.2019 23:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vive l europe de valls

    Manuel Valls ministre francais et candidat espagnol ...

  • un non indépendantiste le 10.02.2019 17:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la loi c'est la loi

    25 ans ferme et sans discussion

  • Catalan Non Independentise le 10.02.2019 15:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est bien triste

    Espagne unie, oui. Extrémistes, non. Sanchez il dialogue lui, au moins. Les autres ne veulent qu'imposer une dictature. Et il a au moins le courage de supprimer tous souvenirs à la gloire de Franco.

    • Soon le 10.02.2019 17:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Catalan Non Independentise

      En partie d'accord avec vous, malheureusement aucun parti au pouvoir en Espagne ne pourra dialoguer avec les indépendantistes obtus qui n'ont aucune envie de discuter si ce n'est du droit à l'autodétermination qu'ils n'obtiendront jamais, puisque l'ONU ne permet cette possibilité qu'aux pays colonisés ou brutalisés. Ce qui n'est pas le cas de la Catalogne même si RacisTorra veut nous faire croire qu'elle subit une tragédie humanitaire.

    • Cataluña Es España le 10.02.2019 18:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Catalan Non Independentise

      Je pense qu il faut t informer avant d avancer ces inepties. Il a seulement négocié pour pouvoir avoir la majorité et point. Il n a JAMAIS été élu ! De plus, ces partis n auraient dans la majorité des pays pas de représentation au niveau nationale si ce n était grâce à une Constitution qu il bafoue aujourd'hui !

    • Una Grande Libre le 10.02.2019 18:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Catalan Non Independentise

      Et pourquoi remuer le passé ? Simple : uniquement pour des objectifs politiques et rien d autre ! Rien à faire de cette mémoire historique. Sinon on va au bout, on le fait pour les deux camps...pas seulement sur Franco, mais aussi sur le massacre des prêtres, des personnes fusillées sans jugement par les « républicains », etc. Basta de ce mémoire sélective !!

    • Castelldefels Boy le 10.02.2019 18:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Catalan Non Independentise

      Une dictature ? Mais sanchez n'a pas été élu par le peuple, il est président après une motion de censure contre le PP et Rajoy. Le PP a effectivement très mal géré la crise catalane, ou plutôt, les indépendantistes ont très bien géré cette instabilité politique.

  • .... le 10.02.2019 15:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Démocratie bidon

    Les partis de droite poussent à la haine des Catalans, mais ils ne peuvent pas les laisser partir : trop besoin du fric de la Catalogne. Sans la Catalogne l'Espagne est en faillite. Lamentable. Sanchez est venu à Bruxelles expliquer qu'en Espagne, la séparation des pouvoirs existe. Démocratie de façade . Dans ce pays on peut insulter impunément du moment qu'on est droite.

    • Kronos le 10.02.2019 17:03 Report dénoncer ce commentaire

      Démocratie reel!

      C est drôle pendant toute les années ou les catalans on reçu l argent de tout le pays et mis en avant par le reste de l espagne pour être ce qu ils sont maintenant au dépend des autres communautés la il n y avais pas de problème! Maintenants que l on demande un retour des investissements l espagne nous vol!? Fait arrêter l esapgne est un pays démocratique comme la suisse et si on veux changer les loi faut passer par le vot et le parlement!

    • Castelldefels Boy le 10.02.2019 18:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @....

      Mais ou avez vous vu que la Catalogne est une région riche? 80 % de son PIB est fait avec les autres régions de l'Espagne, c'est aussi la plus endettée , c'était la région la plus corrompu, ou les pots de vins étaient légion, je vous invite a vous renseigner sur les 3%, un simple clic avec les mots Catalogne et 3% sur un moteur de recherche et vous n'aurez que l'embarras du chois. Ainsi qu'à la famille puyol mentor d'un certain mas, maitre a pensé de puigdemont. Arrêtez de vous faire manipuler par ces extrémistes nationalistes identitaires.