Promotion

24 décembre 2011 10:37; Act: 24.12.2011 12:14 Print

La femme «la plus puissante» d'Espagne

La jeune Soraya Saenz de Santamaria, 40 ans, a été propulsée numéro deux du gouvernement de Mariano Rajoy, nouveau chef du gouvernement espagnol. Elle dirigera aussi les services secrets.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Brillante et obstinée, Soraya Saenz de Santamaria, bras droit de Mariano Rajoy, a été propulsée numéro deux du nouveau gouvernement espagnol, cumulant à 40 ans les fonctions de porte-parole, vice-présidente et chef des renseignements.

Devant les photographes qui se bousculaient jeudi pour attraper les meilleures images de cette petite femme chargée d'un immense cartable de ministre, Soraya Saenz de Santamaria avait plaisanté, peinant à le soulever: «Cela pèse une tonne.»

La plus jeune ministre du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy doit pourtant assumer depuis cette semaine le poids d'une concentration de pouvoirs «inédite», s'accordent à analyser les médias espagnols, la définissant même comme «la femme la plus puissante de la démocratie».

Elle a accouché il y a un mois

Un mois seulement après avoir accouché de son premier enfant, Soraya Saenz de Santamaria occupera une fonction stratégique, en se chargeant notamment de la coordination du travail des ministres et des relations avec le Parlement.

Son mentor politique, Mariano Rajoy, 56 ans, a en outre décidé de lui attribuer la direction des services secrets et de ses 3500 espions. Du jamais vu depuis la naissance de la démocratie espagnole, en 1978.

«Soraya sera la femme la plus puissante de la démocratie», réagissait le journal «La Vanguardia» vendredi. Un «pouvoir inédit», renchérissait le quotidien «El Pais».

«J'ai en effet de nombreux devoirs», a concédé la porte-parole du gouvernement après le premier Conseil des ministres, vendredi.

«Je suis de ceux qui pensent qu'il vaut mieux parler de devoir que de pouvoir», a-t-elle ajouté.

Studieuse, dure à la tâche, Soraya Saenz de Santamaria est née en 1971 à Valladolid, en Castille-et-Léon (centre).

Avocate de formation, elle est entrée en politique presque par hasard il y a onze ans, en étant recrutée comme conseillère au sein de l'équipe de Mariano Rajoy, alors ministre de José Maria Aznar.

Sérieux et fiabilité

Son sérieux et sa fiabilité lui ont rapidement valu la confiance de M. Rajoy, qui a encouragé son ascension au sein du Parti populaire (PP) contre l'avis de l'aile dure du parti.

Après son second revers aux élections législatives, en 2008, Mariano Rajoy, alors chef du PP depuis quatre ans, la nomme porte-parole du groupe parlementaire au Congrès des députés.

«Avec efficacité, travail et discrétion, en maintenant un profil politique très discret, évitant les gros titres et surtout les polémiques, comme lui a enseigné son chef, elle a progressé», écrit le journal de centre gauche «El Pais».

L'image de Soraya Saenz de Santamaria, qui s'est mariée au Brésil sans passer par une cérémonie religieuse, contraste avec celle plus conservatrice du parti de Mariano Rajoy.

«Une combinaison explosive»

«Etre femme et jeune est une combinaison explosive», disait-elle en 2009 dans un entretien accordé au journal «El Mundo».

Accompagné de photos en noire et blanc, le reportage avait à l'époque fait beaucoup de bruit.

«Je ne veux absolument pas être chef du gouvernement, ni même de mon association de voisinage», poursuivait-elle dans l'interview.

«Plus que le pouvoir pour le pouvoir, je veux changer les choses. Idéaliste? Plutôt réaliste dans l'analyse mais idéaliste dans les objectifs», concluait-elle.

(afp)