Affaire Bettencourt

08 juin 2011 14:47; Act: 08.06.2011 14:52 Print

La fille ressort la hache de guerre

Malgré une réconciliation en grande pompe fin 2010, Françoise Bettencourt-Meyers s'attaque aujourd'hui à l'avocat et homme de confiance de sa mère.

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Liliane Bettencourt et sa fille Francoise Bettencourt-Meyers en 2007. (Photo: AFP)

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Mardi, la fille unique de la milliardaire Liliane Bettencourt a adressé une requête à la juge des tutelles de Courbevoie (Hauts-de-Seine), mettant en cause plus particulièrement Me Pascal Wilhelm, a indiqué une source judiciaire, confirmant une information du «Monde». L'avocat a été désigné par Liliane Bettencourt pour gérer sa fortune en cas de mise sous protection.

Elle demande à la juge de se pencher sur les conditions d'exécution de ce mandat, contracté fin janvier. La juge a rendu le 25 mars une ordonnance constatant la nette altération «des facultés cognitives» de Liliane Bettencourt, souffrant d'une «maladie cérébrale et d'une grande surdité». Elle souligne son incapacité à gérer seule son patrimoine.

Cette ordonnance avait été rédigée après le désistement de Françoise Bettencourt-Meyers de sa demande de mise sous tutelle, pour demander à la Cour de cassation si elle devait poursuivre ses investigations à la lumière de l'état de santé de Mme Bettencourt.

Un autre avis est également demandé sur la validité du mandat de protecteur accordé à Me Wilhelm, qui prévaut sur toutes décisions de justice.

Mélange des genres

Les avocats de la fille unique de la milliardaire anticipent cet avis en lançant cette procédure, motivée par son entrée au capital dans une société appartenant à l'ex-patron d'Endemol, Stéphane Courbit, pour 170 millions d'euros, rendue publique fin mai.

Curieux mélange des genres, selon les avocats de Françoise Bettencourt-Meyers, puisque Pascal Wilhelm est également le conseil de Stéphane Courbit.

L'entourage de Me Wilhelm se déclare «très surpris d'apprendre par voie de presse une pareille procédure». «Cette opération financière était envisagée» avant que Me Wilhem devienne le conseil de Mme Bettencourt. Stéphane Courbit était représenté lors de la signature de l'accord par un autre avocat et Françoise Bettencourt- Meyers ainsi que son mari avaient donné leur feu vert à cet investissement», affirme son entourage.

Françoise Bettencourt-Meyers avait lancé des procédures pour abus de faiblesse visant l'écrivain-photographe François-Marie Banier en juillet 2009 et le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre en novembre 2010. Elle les avait retirées en décembre.

(ats)