Etats-Unis

18 mai 2012 20:10; Act: 18.05.2012 22:50 Print

La force autorisée en cas de menace iranienne

La Chambre des représentants américaine s'est prononcée vendredi pour une éventuelle utilisation de la force contre le régime de Téhéran dans le cas où celui-ci menacerait les Etats-Unis et ses alliés avec une arme nucléaire.

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«Cela devrait être la politique américaine de prendre toutes les mesures nécessaires, y compris une action militaire si nécessaire, pour empêcher l'Iran de menacer les Etats-Unis et leurs alliés, ou ses voisins avec une arme nucléaire», lit-on dans le vaste projet de loi de finance du Pentagone adopté vendredi à la Chambre des représentants à majorité républicaine.

Le vote de cette mesure intervient au lendemain de celui d'une résolution accroissant la pression sur Barack Obama pour empêcher l'Iran de poursuivre son programme nucléaire en rejetant toute politique d'endiguement à l'égard de Téhéran.

Si la résolution adoptée jeudi n'autorise pas l'usage de la force, elle laisse peu de choix au président Obama, appelé à «réaffirmer le caractère inacceptable d'un Iran possédant une capacité nucléaire et l'opposition à toute politique qui reposerait sur l'endiguement comme une réponse possible à la menace nucléaire iranienne».

La mesure contenue dans la loi de finance adoptée vendredi doit encore être approuvée par le Sénat à majorité démocrate avant de devenir loi. Les alliés du président devraient s'opposer à la version mise en avant par les républicains.

Ces votes interviennent alors que l'Iran et les pays du groupe 5 1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne) doivent se retrouver le 23 mai à Bagdad pour poursuivre des discussions rouvertes en avril à Istanbul après quinze mois d'interruption.

643 milliards pour le pentagone

La Chambre des représentants américaine a adopté vendredi un vaste projet de loi de finances du Pentagone autorisant près de 643 milliards de dollars de dépenses pour l'exercice 2013. Le texte a été adopté par 299 voix pour et 120 contre.

Avec 643 milliards de dollars de dépenses prévues, ce projet de budget dépasse de près de quatre milliards de dollars ce que demandait le président Barack Obama. Il est aussi supérieur de huit milliards au niveau de dépense fixé l'été dernier par un accord budgétaire entre les deux partis. Ainsi, les républicains majoritaires à la Chambre ont ignoré la menace de veto du président Obama, qui souhaitait un respect de l'accord budgétaire.

Le projet de loi accorde une enveloppe de 554 milliards de dollars de dépenses pour le fonctionnement du département de la Défense et une de 88,5 milliards pour les opérations militaires américaines en Afghanistan.

L'un d'entre eux repousse les coupes automatiques qui doivent être appliquées au budget de la Défense américaine en vertu de l'accord budgétaire passé l'été dernier.

Corée du Nord

Outre celle sur l'Iran, le texte adopte aussi des positions controversées vis-à-vis de la Corée du Nord. Ainsi, une mesure approuvée par la Chambre soutient un déploiement d'armes nucléaires tactiques sur la péninsule coréenne, un geste jugé «dangereux et imprudent» par le démocrate Adam Smith, le plus haut responsable du parti du président à la commission de la Défense.

Les élus «encouragent» un tel déploiement et réclament un rapport au président américain dans les 90 jours entre autres sur les coûts d'un possible «déploiement de forces conventionnelles et nucléaires dans la région occidentale du Pacifique (...) en réponse aux développements de missiles balistiques et d'armes nucléaires en Corée du Nord». Selon M. Smith le texte est également «provocateur» vis-à-vis de la Chine et la Russie. M. Smith se dit toutefois satisfait «globalement» du texte adopté.

De son côté, le président républicain de la commission de la Défense Howard «Buck» McKeon a indiqué que le texte correspondait à ses «priorités», dont «restaurer notre armée après une décennie de guerre».

Un autre amendement adopté jeudi soir autorise la vente par les Etats-Unis à Taïwan de 66 avions de combat, les élus affirmant que cette opération pourrait combler le retard militaire de l'île face à la Chine.

(afp)